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Résultats de recherche pour : Neurosis

Les 75 meilleurs albums de 2016 selon LCA (de 50 à 26)

50. Les Goules – Coma

«Disons que le retour des Goules est totalement réussi et bien plaisant pour l’amateur de rock. Plusieurs fans vont triper de pouvoir se plonger dans des nouvelles compositions du quintette alors que ceux qui ont découvert Kouna dans les dernières années vont voir le côté plus subversif de sa personnalité.» (LPL)

http://lecanalauditif.ca/les-goules-coma/
 

49. Marissa Nadler – Strangers

«L’amplitude, la clarté du son d’ensemble et tout ce qui gravite autour des chansons en tant que telles font de ce disque une totale réussite. Ceux qui l’aimaient vont l’aduler et ceux qui ont envie de parfaire leur relation avec l’artiste verront celle-ci se solidifier pour un bon bout de temps. Adeptes de folk singulier, ne passez pas à côté de cet album. Beau et triste à la fois.» (SD)

http://lecanalauditif.ca/marissa-nadler-strangers/
 

48. Black Mountain – IV

«La mixture et l’alternance des voix de McBean et Webber, les claviers narcotiques/hypnotiques, les rythmes électros subtilement introduits à l’ensemble ainsi que les crescendos cathartiques dans les longues pièces, font de ce IV un album qui détient une personnalité forte. Même si parfois, Black Mountain pousse ses chansons à la limite d’un rock théâtral un peu pompeux, le groupe demeure pertinent en tout temps.» (SD)

http://lecanalauditif.ca/black-mountain-iv/
 

47. Loscil – Monument Builders

https://loscil.bandcamp.com/album/monument-builders
 
 
 
 
 
 
 

46. Angel Olsen – My Woman

«À 29 ans bien sonnés, la principale intéressée ne fait pas son jeune âge. Elle n’est ni jeune ni vieille, en fait, de par l’intemporalité de son timbre de voix et de son propos. La mélancolie sera toujours l’élément le plus facilement «associable» à Angel Olsen. Reste que la fille est capable de ratisser très large dans le domaine des émotions. Au niveau de la qualité de l’écriture, j’ai une préférence marquée pour la deuxième moitié de l’album où les pièces gagnent en longueur et en contenu.» (CL)

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45. The Brian Jonestown Massacre – Third World Pyramid

«Certaines fines bouches diront que c’est du «pareil au même» et ils n’auront pas tout à fait tort. Mais on parle ici de «pareil au même» d’exception, car ce Third World Pyramid, c’est du Brian Jonestown Massacre à son summum. Newcombe est en pleine maîtrise de son art, misant sur la qualité des chansons plutôt que sur de nouveaux arrangements ou encore sur un virage stylistique faussement original.» (SD)

http://lecanalauditif.ca/the-brian-jonestown-massacre-third-world-pyramid/
 

44. Dead Obies – Gesamtkunstwerk

«Toutes les chansons sur Gesamtkunstwerk sont accrocheuses, intelligentes, intéressantes et touche la cible en son centre. C’est parfois un peu moins développé dans les paroles que Montréal $ud. Le groupe a mis plus d’effort sur les refrains et ça paraît.» (LPL)

http://lecanalauditif.ca/dead-obies-gesamtkunstwerk/
 

43. Thee Oh Sees – A Weird Exits

«J’hésite à affirmer que ce nouvel opus est la consécration du groupe ou encore que Thee Oh Sees atteint sa pleine «maturité», mais il est clair pour moi que la bande à Dwyer parvient à un nouveau standard. Une cohésion chirurgicale, une concision des chansons, une totale efficacité des moments narcotiques, mélodiquement à point, je crois humblement que ce A Weird Exits est du Thee Oh Sees à son summum.» (SD)

http://lecanalauditif.ca/thee-oh-sees-a-weird-exits/
 

42. Leonard Cohen – You Want It Darker

«Sachant que Leonard Cohen se sent tout prêt du bout de sa vie, You Want It Darker peut s’avérer une écoute émotive. Les fans de Leonard Cohen pourraient éprouver un mélange de joie et de tristesse. De la joie, car You Want It Darker est une œuvre belle. De la tristesse, car son aspect testamentaire nous rappelle que le temps passe, que les années fanent les corps et que l’immense poète semble prêt à rejoindre Marianne Ihlen, son grand amour qui lui a inspiré la chanson So Long, Marianne.» (AGB)

http://lecanalauditif.ca/leonard-cohen-you-want-it-darker/
 

41. Roly Porter – Third Law

«L’album dans son ensemble est merveilleusement dosé et séquencé, mais certains passages sont si difformes et abstraits qu’on se laisse facilement distraire. C’est un peu inévitable avec une musique de cette envergure, et ça ne fait que souligner la puissance et la majesté de l’œuvre: on ne peut pas l’observer en entier d’un seul coup d’œil. Enfilez votre combinaison spatiale et embarquez.» (MR)

http://lecanalauditif.ca/roly-porter-third-law/
 

40. La Femme – Mystère

«Les attentes étaient grandes à l’endroit de La Femme étant donné le succès du dernier album. Ils réussissent et ne déçoivent pas du tout. On retrouve ce mélange très efficace de cold wave, de surf rock et de psychédélisme.» (LPL) 

http://lecanalauditif.ca/la-femme-mystere/
 

39. Mark Pritchard – Under The Sun

https://warp.net/artists/mark-pritchard/
 
 
 
 
 
 
 

38. Huerco S. – For Those Of You Who Have Never (And Also Those Who Have)

https://soundcloud.com/huerco_s
 
 
 
 
 
 
 

37. Aidan Knight – Each Other

«Les pièces sur Each Other s’enchaînent sans redondance. De la courte rengaine d’une minute trente à la pièce à long développement sur presque huit minutes, Aidan Knight se réinvente, sans nécessairement innover. Ça reste très réconfortant, familier.» (PB)

http://lecanalauditif.ca/aidan-knight-each-other/
 

36. Koriass – Love Suprême

«Love Suprême est une belle réussite. Les autres «hip-hopeux» québécois vont avoir une dure tâche pour réussir à surpasser cet album cette année. Ce qui est génial dans l’approche de Koriass c’est qu’en plus d’être extrêmement contemporain, il est à l’affût des derniers courants américains. Il est très accessible. Il va plaire autant aux fans de rap qu’aux mélomanes à l’affût des dernières tendances.» (LPL)

http://lecanalauditif.ca/koriass-love-supreme/
 

35. Preoccupations – Preoccupations

«Comme auparavant, la section rythmique, souple et vigoureuse, ne flanche jamais pendant que les deux guitaristes/claviéristes s’échangent des mélodies complémentaires. Il y a quelque chose de légèrement plus modeste dans les compositions, rien ne tente de bulldozer l’auditeur comme le faisait la chanson Death par exemple, mais on reconnaît le doigté et l’instinct de la formation, du moins dans les pièces les plus réussies.» (MR)

http://lecanalauditif.ca/proccupations-preoccupations/
 

34. Deerhoof – The Magic

«Sur The Magic, on privilégie l’attaque de front sans négliger un certain sens mélodique pop. Un sens mélodique un brin contre-intuitif, mais rien de déstabilisant pour tout mélomane qui aurait suivi, ne serait-ce que distraitement, les explorations du groupe. Ce qui marche à plein ici: les guitares punk-ish, mais saccadées, à la tonalité somme toute assez propre, les syncopes, la voix de Matsuzaki et tout ce qui fait de Deerhoof un groupe unique.» (JSF) 

http://lecanalauditif.ca/deerhoof-the-magic/
 

33. Kevin Morby – Singing Saw

https://kevinmorby.bandcamp.com/album/singing-saw
 
 
 
 
 
 
 

32. Neurosis – Fires Within Fires

«Le mieux qu’il reste à faire, c’est de l’écouter puisque les émotions ressenties à l’écoute de la musique de la bande de joyeux lurons sont plutôt difficiles à décrire à l’écrit. Un excellent cru qui peut très bien faire l’affaire en guise d’introduction à la discographie du groupe, si on n’a pas Through Silver In Blood sous la main!» (CL)

http://lecanalauditif.ca/neurosis-fires-within-fires/
 

31. Deftones – Gore

«Rapidement, j’ai eu plusieurs coups de foudre sur ce disque-là. Doomed User et son refrain addictif, la violence de la chanson titre, la guitare solo de Jerry Cantrell (Alice In Chains) sur Phantom Bride et la ballade Hearts/Wires. Comme c’est le cas avec tous les albums suivants Around The Fur, une écoute répétée accroît grandement le plaisir et leur musique est pleine de subtilités qui se laissent découvrir avec le temps.» (CL)

http://lecanalauditif.ca/deftones-gore/
 

30. Jenny Hval – Blood Bitch

«Le nouveau disque de Jenny Hval est aussi virulent que magnifique, tout aussi brillant qu’impétueux. Tout au long de l’écoute, j’ai ressenti toute la détermination de l’artiste d’en découdre avec le paternalisme machiste et le conservatisme ambiant tout en proposant un emballage sonore ingénieux aux antipodes du monde marketisé dans lequel on vit. Pas de doute, c’est le meilleur disque Jenny Hval.» (SD)

http://lecanalauditif.ca/jenny-hval-blood-bitch/
 

29. Bon Iver – 22, A Million

«Justin Vernon a attendu 5 ans avant de se relancer dans l’aventure Bon Iver et lorsqu’on écoute les résultats, on lui donne entièrement raison. Le temps lui a permis de se lancer dans une nouvelle direction et l’empêche de créer pour créer. 22, A Million est un album conséquent qui possède une forte personnalité. On aime ou on n’aime pas, mais on ne peut certainement pas lui reprocher un manque de rigueur et de créativité.» (LPL)

http://lecanalauditif.ca/iver-22-a-million/
 

28. Anohni – Hopelessness

«Le discours d’Anohni, tout au long de Hopelessness, se veut peut-être pessimiste, mais sa force et sa façon de nous le livrer inspirent plutôt le courage de dénoncer une situation qui, de plus en plus, approche le seuil critique. Un disque de chanson protestataire aussi efficace que les meilleurs parut dans les années 60-70, mais avec une facture totalement contemporaine. C’est sublime du début à la fin. Anohni offre ici un disque magistral qui ne comporte aucune faiblesse.» (LPL)
 
http://lecanalauditif.ca/anohni-hopelessness/
 

27. Alaclair Ensemble – Les frères cueilleurs

«Si vous trouviez les babouins trop éparpillés sur les deux derniers, vous trouverez un réconfort total avec Les frères cueilleurs qui est beaucoup plus «focusé» sur une esthétique classique du hip-hop. Cependant, la troupe ne devient jamais plate ou conventionnelle pour autant.» (LPL)

http://lecanalauditif.ca/alaclair-ensemble-freres-cueilleurs/
 

26. Big Ups – Before A Million Universes

«La formation bâtit sur ce qui la rendait bien sympathique sur 18 Hours Of Static et bonifie le tout avec de meilleures compositions, un enregistrement de qualité supérieure et une suite de tounes bien efficaces. Un des meilleurs albums punk sortis depuis le début de l’année.» (LPL)

http://lecanalauditif.ca/big-ups-before-a-million-universes/
 

Korn – The Serenity Of Suffering

KornAh Korn! Quand j’avais 14 ans, ce band-là était le centre de mon univers. Mon pote Alex et moi, on en a brisé des cassettes enregistrées de l’album éponyme et de Life Is Peachy dans nos walkmans jaunes. Quand on allait dans des partys et que le monde nous disait de changer de musique, on arrêtait de faire jouer le premier album…uniquement pour mettre le 2e. Y avait rien qui sonnait comme ça. C’était le mix parfait de tous les éléments nécessaires au défoulement. Pis c’était encore meilleur après avoir fumé du weed. Je t’en passe un papier!

Je comprends totalement les gens qui crachent là-dessus. Fallait vivre dans une parfaite conjoncture pour triper autant là-dessus en 1996. 14 ans, pas tant d’amis, une mère malade du cancer et hop! Jonathan Davis, Head, Munky et Fieldy sont tes nouveaux meilleurs amis et en moins de deux, tu portes un «tracksuit» adidas et t’as des tresses/dreads su’a tête.

Le temps a passé, Korn a lancé l’insupportable Follow The Leader qui a été copié 100 000 fois par des bands qui se maquillaient en clowns et le mouvement appelé Nü-Metal est mort de sa belle mort. De mon côté, j’ai découvert les Deftones. Alex, lui, est viré plus peace avec Jane’s Addiction et on a finalement changé de trip totalement. Reste que j’ai toujours continué à prêter une oreille curieuse à chaque album de Korn. Ç’a toujours été le running gag avec mes potes. Je suis un peu comme c’te gars qui a tripé en malade sur les Rolling Stones dans les années 1970 et qui a hâte d’entendre le nouvel album en 2017. Un brin pathétique, nul doute.

Mais bon. Pour la première fois depuis Issues en 1999, j’ose avancer que le nouvel album de Korn est pas si pire que ça. Après avoir tout essayé en matière de mauvais goût (du dubstep à la grosse pop), le groupe revient avec des gros riffs qui tiennent la route et délaisse les beats à la Skrillex pour donner plus de liberté à Ray Luzier (le batteur qui a remplacé David Silveria). Excellente décision, puisque son jeu est l’élément le plus divertissant de leur son moderne. On se rappellera que Silveria était devenu un empoté paresseux avec le temps et que les subtilités des deux premiers albums ont été éradiquées de son jeu dès l’infâme 3e album. Aussi, la rage patentée de Davis est un brin plus crédible que d’habitude. Mais bon assez de «geek talk». Je me contenterai de dire que je me suis surpris à passer un bon moment (quelque fois) et que j’ai même trouvé correct le duo avec Corey Taylor de Slipknot.

Cela dit, je suis conscient que l’existence de Korn en 2016 relève de l’anachronisme et qu’il fallait être là en 1996 pour trouver ça bon. Je vous rassure en vous disant que je ne les écoute plus assidûment depuis belle lurette. Sauf que des fois, j’ai des rechutes nostalgiques. Comme la fois où, un peu éméché, j’ai quitté un show de Neurosis pour aller voir les gars de Bakersfield, Californie, jouer leur premier album sur l’autre scène à Heavy Montreal. J’étais pas trop fier de moi le lendemain.

Mais quand même. Merci de m’avoir aidé à passer à travers l’adolescence gang. Cheers!

Ma note: 6/10

Korn
The Serenity Of Suffering
40 minutes
Roadrunner

www.korn.com

Breach – Kollapse

BreachD’entrée de jeu, je me dois d’admettre que je connais la formation suédoise Breach que depuis quelques mois. C’est ici même, sur Le Canal Auditif, que j’ai fait la découverte de ce groupe lorsque, mon vieil ami et collègue Mathieu Robitaille, a interviewé l’important groupe Cult Of Luna au mois d’août dernier dans le cadre du festival Heavy MTL. C’est durant cette intéressante entrevue que Johannes Persson, chanteur et guitariste de la formation, a fait mention de l’album It’s Me God du groupe Breach comme étant aussi important pour lui que peut l’être OK Computer de Radiohead pour toute une génération de mélomanes.

En lisant ça j’ai fait ni une ni deux, puis je me suis mis It’s Me God dans les oreilles avec, bien sûr, le volume frôlant l’illégalité. Ç’a été une vraie gifle en plein visage. Un solide coup de pied au cul. Un coup de foudre instantané.

Ça m’a alors convaincu d’écouter tous leurs disques, du premier au dernier, pour finalement faire connaissance avec Kollapse, leur dernier album en carrière, paru en décembre 2001, peu de temps avant qu’ils ne se séparent durant l’année 2003. Cette fois-ci, j’ai eu l’impression de recevoir un violent coup de la corde à linge par Hulk Hogan. Cet homme qui n’a bien sûr jamais consommé de stéroïdes anabolisants ni bu de milk-shakes ou autres trucmuches beaucoup trop protéinés. Ça semble si naturel. Bref, tout ça pour dire que ç’a été un autre coup de foudre immédiat.

Kollapse est un disque sur lequel les musiciens sont nettement au-dessus de la mêlée et qui démontre que le sextuor scandinave est d’une cohésion à faire peur. Sur l’offrande de quarante-huit minutes qui frisent la perfection, on y retrouve quelques chansons instrumentales ou bien qui comportent que peu de paroles. Lorsqu’il y en a, le chanteur Tomas Hallbom régurgite celles-ci avec une virulente rage qui ne fait aucun doute sur son état d’esprit. Presque à chaque fois qu’il pousse la note, il pourrait faire lever un nuage de poussière dont vous ne suspectiez même pas l’existence dans votre salon, votre voiture ou même vos écouteurs.

Du début à la fin, les nombreux riffs s’imbriquent les uns dans les autres, à peu près jamais de la même façon, mais toujours de la meilleure manière possible. Les humeurs et ambiances proposées tout au long de Kollapse sont très variées. Par exemple, les pièces les plus hardcore et brutales du lot, je pense ici à Old Ass Player et Breathing Dust, nous font sentir comme si nous étions dans une sécheuse tant elles nous brassent solidement du début à la fin. Seven, la chanson la plus calme et mélodieuse, voire même mélancolique, est aussi douce qu’une caresse céleste sur le visage. Mettons.

Pour ce qui est de Lost Crew, qui se trouve en plein milieu de la galette, elle peut faire penser à un autre excellent groupe de Suède, Refused. On y retrouve aussi quelques chansons plus en progression, qui se rapprochent du post-rock, avec une logique de crescendo. Parmi celles-ci, il y a Big Strong Boss qui ouvre le bal ainsi que la chanson titre, Kollapse, qui clôt l’œuvre de bien belle façon.

La musique de Breach n’est certes pas toujours reposante, mais elle est grandiose et toujours livrée sans faille. Une musique qui nous est crachée en pleine face sublimement et qui devrait assurément plaire aux amateurs de Cult Of Luna, Isis, Russian Circles et Neurosis. Pas de doute, Breach est un groupe qui est juché bien haut dans le firmament des bands post-métal, post-hardcore, post-rock ou post-ce-que-vous-voudrez.

Breach
Kollapse
Burning Heart Records
48 minutes
Paru en 2001

1. Big Strong Boss
2. Old Ass Player
3. Sphincter Ani
4. Alarma
5. Lost Crew
6. Teeth Out
7. Breathing Dust
8. Mr. Marshall
9. Seven
10. Murder Kings And Killer Queens
11. Kollapse

https://www.facebook.com/breachofficial

Inter Arma – Paradise Gallows

Inter ArmaInter Arma est un des groupes parmi les plus créatifs du métal contemporain. Ils nous l’ont prouvé avec Sky Burial (2013) et The Cavern (2014) en manifestant clairement leur désir de ne pas prendre l’auditeur pour acquis en livrant des disques denses et exigeants. Arrive maintenant Paradise Gallows qui poursuit l’évolution et renouvelle la pertinence du quintette de Richmond.

Car oui, ce nouvel effort est sa plus ambitieuse réalisation à ce jour.

La raison principale de l’inventivité d’Inter Arma tient dans son habile mélange des genres métal pour créer un tout puissant, écrasant, mais surtout, cohérent. D’ordinaire rigides, les frontières entre black, death, post, prog, doom et sludge sont abattues ici par un vigoureux «libre échange». Le groupe navigant d’un style, ou d’une technique, à l’autre avec aisance et fluidité. Dans le fond ces sons deviennent autant d’interfaces pour qu’Inter Arma y module ses décors, ses atmosphères et son propos. Brillant.

Donc Paradise Gallows ça sonne comment? Tsé le monolithe dans 2001: A Space Odyssey, la stèle? Ça sonne comme ça: lourd, immuable, inquiétant, mais intrigant et noir comme les abysses de l’univers. Et comme c’est le cas avec les autres albums du groupe, on voyage d’un tableau à l’autre sans jamais être radicalement surpris, mais en ne baissant jamais notre garde pour autant.

Cette grande qualité d’Inter Arma se manifeste ici pour deux raisons principales: a) le grand talent des cinq membres pour travailler les structures et les transitions. Il faut dire que The Cavern – une seule pièce-fleuve de 45 minutes – a permis au groupe, déjà capable, de prendre du galon à ce niveau, et b) le colossal travail de production, juste assez brumeux, qui permet aux différents éléments stylistiques de se fondre les uns dans les autres.

Après une douce introduction qui n’aurait pas été surprenant d’entendre sur un album de Pallbearer, on entre directement dans l’antre de la bête avec les tonitruantes An Archer In The Emptiness et Transfiguration. Les assauts de batterie, la voix gutturale, les guitares tranchantes assomment pendant plus de 16 minutes, passant d’éléments black à goth et death. Les deux pièces conservent toutefois l’éthique «neurosisienne» d’Inter Arma.

Puis, on entre dans le coeur conceptuel de Paradise Gallows avec Primordial Wound et The Summer Drones sur lesquelles le groupe dérive vers un son plus post, non loin de ce que fait les compatriotes de Minsk, YOB et même OM (la basse et les percussions de The Summer Drones, particulièrement, évoquent le son d’Al Cisneros).

Puis, sur Potomac, on est plongé dans une épopée pink floydesque avec les guitares qui convergent vers le ciel céleste avant de reprendre des chemins caverneux sur la pièce titre et Violent Constellations. Sur ces deux morceaux, Inter Arma accélère la cadence, mais complexifie aussi les attaques et les mélodies. Par moment, on en vient à souhaiter une tournée avec les druides d’Intronaut tant leurs assauts, précis, sont percutants.

Et cette noire exploration se conclut de sublime manière avec la dépouillée, mais tout de même cathartique When The Earth Meets The Sky, qui scelle un album trouble et absorbant sur une note de paix.

Et on termine l’album et on se dit que le quintette, malgré la ridicule superposition de couches d’atmosphère, ne dilue en aucun cas son intensité et son identité, et ce, peu importe le répertoire dans lequel il pige.

Ces gars-là sont brillants. Géniaux. Et ils ne nous prennent pas pour acquis que je disais einh?

Ma note: 8,5/10

Inter Arma
Paradise Gallows
Relapse Records
71 minutes

https://interarma.bandcamp.com/album/paradise-gallows-2

Bloodiest – Bloodiest

BloodiestBloodiest a fait paraître en janvier un furieux album homonyme. Furieux comme dans pas mal bon. Mais voilà, j’essaie depuis sa parution de vous en parler dans les bons mots sans trop de succès. Car il s’agit d’un album dense qu’on n’assimile pas dès les premières écoutes. Une des raisons de cet état de fait tient dans le caractère cérébral de la musique du groupe, un aspect qui n’empêche pas pour autant les musiciens de relâcher rage sauvage et brutalité crue. La musique de Bloodiest est donc comme un jeu constant de rééquilibrage entre ses deux pôles: entre raison et bestialité.

Les deux pôles de ce spectre se ressentent aussi dans les influences manifestes de Bloodiest: ils pataugent dans les univers de Swans et de Neurosis en jonglant avec les lents déploiements narratifs et mélodiques, les structures atypiques, la maîtrise d’un vaste répertoire de genres et de techniques, et une globale noirceur dans le propos et la réalisation.

Prenez les pièces qui servent d’interludes ou les chansons de folk cassé comme Condition. On retrouve le flair de Micheal Gira (Swans) dans le chant de Bruce Lamont tout comme on reconnaît certains éléments de la bande à Scott Kelly sur les morceaux plus gras: notamment pour la présence d’électronique et autres bidouillages noisy qui ont fait la renommée de Noah Landis au sein de Neurosis.

Mais ce serait réducteur que de parler de Bloodiest qu’à travers ce canal. Car voyez-vous, Bloodiest vient de Chicago, et il y a vraiment quelque chose de différent avec les groupes de post-métal de la Ville des Vents. Le lourd est plus lourd (Pelican), le noir est plus noir (Minsk) et l’expérimental est encore plus fucké (Locrian) qu’ailleurs.

Bongripper, The Atlas Moth, Russian Circles, pour ne nommer que quelques autres groupes locaux, sont la preuve que le travail du son en Illinois se fait en ne négligeant aucun élément. Et si un point pouvait rassembler tous ses artistes, il faudrait que ce soit pour leur éthique de la totalité.

Et au-delà du son de Chicago, si une telle chose peut être dite, Bloodiest embrasse cette approche acoustique du post-métal, pigée dans différents courants païens européens et, plus près d’eux, chez Earth et Yob.

Bref.

À 44 minutes pour 8 morceaux Bloodiest est un album exigeant, mais qui n’en demande pas trop finalement (si on pense aux récents efforts de Swans par exemple). Ça respire autant que ça mord (Mesmerize, Broken Teeth, Separation, He Is Disease). On y communie comme un y pèche également (The Widow, Suffer).

À écouter les yeux fermés avec un bon casque d’écoute et on y découvrira chaque fois de nouveaux éléments.

Ma note: 8/10

Bloodiest
Bloodiest
Relapse
44 minutes

https://www.facebook.com/BloodiestBand/?fref=ts

https://bloodiestband.bandcamp.com/track/broken-teeth