Moon Hooch - Red Sky - Le Canal Auditif

Moon Hooch – Red Sky

Moon HoochOK, ça, c’est complètement inusité: Moon Hooch. Un trio, deux saxophones et une batterie. Oubliez Kenny G! Les gars de Brooklyn ont des «skills» de druides et ils jouent comme des sorciers.

Et tu sais qu’t’aimes ça comme dirait l’autre.

Red Sky est le troisième album de la bande en quatre ans. Découvert en écoute gratuite sur le site de l’auguste NPR, je suis tombé sur la proverbiale région infracoccygienne en écoutant, d’abord les premières mesures de la pièce titre, puis les suivantes.

La formule? Une batterie omniprésente, un saxophone branché dans un puissant «octaver» – quand on ne lui emboute pas un cône orange dans la zone de sortie -, qui sonne comme une grosse basse et un second, plus aiguë qui crée la mélodie sans pour autant tomber dans les clichés à la Baker St.

Bref, c’est du fusion avec une attitude et une approche rock. Les titres sont courts, punchés et construits avec la formule classique couplet, refrain, couplet, pont, refrain. Une approche simple, pour une exécution complexe donc, qui fait de Red Sky un super album d’été!

Les titres chantés ajoutent une belle profondeur à la recette de Moon Hooch. Parce que Mike Wilbur a une belle voix, mais certainement aussi, parce qu’avec un sax en moins, les gars sortent les claviers pour créer des ambiances qui évoquent Hot Chip; pour le mélange de groove sale et des instrumentations synthétiques. C’est notamment le cas sur Sunken Ship, titre qui est d’ailleurs le plus proche du son de la bande d’Over And Over.

Il y a certes des moments où Wilbur et Wenzl McGowen s’éclatent en mode «pas game de faire un solo plus gol que celui-ci». Ça donne des pièces comme Low 5, plus démonstratives. Je trouve ces passes moins intéressantes puisqu’elles délaissent le groove brut pour la dextérité fine.

Psychotubes qui suit est aussi dans l’abondance et dans la démence. Mais suivra la Pink Floyd-esque On The Sun. Puis se déploiera la deuxième moitié de l’album avec beaucoup de promesses. Davantage de chant et de synthés pour des pièces dansantes irrésistibles.

Il faut écouter Shot pour s’en convaincre. Sur cette deuxième moitié d’album, l’accent est moins mis sur la performance «in your face» du trio, mais plutôt sur le travail en studio des textures et des ambiances. C’est aussi là que Wilbur et McGowen pigent le plus dans l’armoire à instrument, alignant, clarinette basse, sax baryton et autres instruments à anche.

Red Sky a beau être un peu long, tout le monde y trouve son compte et avouons-le, c’est tellement un combo improbable qu’on n’a pas le choix de baisser les armes et de se laisser groover.

Ma note: 7,5/10

Moon Hooch
Red Sky
Hornblow Records
51 minutes

http://www.moonhooch.com/

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