Mew - + - Le Canal Auditif

Mew – + –

MewC’est par hasard que j’ai découvert Mew, au détour d’une entrevue où J Mascis parlait de sa collaboration avec le groupe danois. À cette époque, le leader de Dinosaur Jr prêtait sa voix particulière à deux chansons de l’album And The Glass Handed Kites, et moi, je suivais avec attention ses moindres déplacements en essayant de ne jamais manquer ne serait-ce qu’une seule des chansons auxquelles il participait. Si j’étais d’abord un peu perplexe face au rock parfois lourd et souvent pop clairsemé d’orchestrations du quatuor, je suis vite devenu accro à la voix inimitable de Jonas Bjerre. Assez pour aller revisiter la discographie antérieure du groupe et ajouter Frengers à mon top personnel des meilleurs albums indie de la première décennie du 21e siècle.

Six ans se sont écoulés depuis la parution de (prenez votre souffle) No More Stories Are Told Today, I’m Sorry They Washed Away//No More Stories, The World Is Grey, I’m Tired, Let’s Wash Away, un album au titre aussi pompeux que sa réalisation qui contenait toutefois sa part de bons moments tout en indiquant clairement que le quatuor (alors trio en raison du départ du bassiste Johan Wolhert, revenu depuis) était désormais affligé du syndrome de Muse. Le syndrome de Muse, pour les non-initiés, c’est ce qui arrive à tout groupe qui a déjà été très bon, mais qui compromet l’ensemble de son oeuvre pour devenir le plus générique possible afin de jouer dans des stades. Oui, on aurait pu appeler ça le syndrome Foo Fighters aussi.

Mais bref, j’avais raison de craindre le retour de Mew après cette absence prolongée. Avec + –, on a franchement l’impression que le groupe a tout fait pour éviter de sonner comme une tonne de brique comme il le faisait si bien avant. Les compositions sont beaucoup plus mièvres que dans le temps, mais aussi beaucoup plus faibles, nappées de production bien fromageuse. Il y a certains bons moments, cela va de soi, mais en général le groupe se «Coldplay-ise» assez pour qu’on y perde intérêt. Cela dit, les passages à la radio répétés que je prédis aux pièces Water Slides et Satellites auront tôt fait d’attirer des légions de nouveaux fans, les mêmes qui remplissent probablement les stades de Muse et Foo Fighters. Pas le choix donc, pour votre humble scribe, de passer pour un snob élitiste pour la millionième fois.

Ça commence à faire un bon moment que l’indie rock n’a plus grand-chose de rock ou d’indépendant à offrir. Je commence à croire ma mère quand elle disait que l’attrait de l’argent et de la richesse est à l’origine de tous les maux. C’est en tout cas la seule raison qui explique que des groupes talentueux finissent par devenir des versions diètes de ce qu’ils ont déjà été. Un naufragé de plus dans la gigantesque mer du rock générique. Bien dommage! Faudra aller réécouter Frengers histoire de se laver les oreilles!

Ma Note: 5,5/10

Mew
+ –
Play it Again Sam
58 minutes

http://mewsite.com

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