Lydia Loveless - Real - Le Canal Auditif

Lydia Loveless – Real

Lydia LovelessOriginaire de Columbus, Ohio, l’auteure-compositrice-interprète Lydia Loveless roule sa bosse depuis 2008. La songwriter est une amie très proche du bon vieux bougre d’Eddie Spaghetti, chanteur des Supersuckers affligé par un virulent cancer du pharynx… mais qui, aux dires de La Brute du Rock, serait en rémission. Cette nouvelle est quand même à prendre avec des pincettes puisque lorsque Le Brute m’a fait cette confidence, nous avions déjà accumulé quelques drinks derrière la cravate!

Cela dit, Loveless conçoit en plein le genre de pop-rock qui me plaît. Juste assez abrasif, mélodiquement irréprochable, des accents country-folk-rock, une voix évoquant autant Neko Case que Chrissie Hynde des Pretenders, Loveless a gagné mon respect lorsque je l’ai vue en première partie des Supersuckers, il y a déjà quelques années.

Elle était de retour la semaine dernière avec un nouvel album intitulé Real, disque qui fait suite au fort agréable Somewhere Else (2014). Ce dernier ratissait dans le bon vieux rock indépendant états-unien à la R.E.M/Replacements. Cette fois-ci, on a droit à une Loveless moins rock, plus pop et plus accessible. Soyez sans crainte, la jeune compositrice âgée seulement de 25 ans réussit à garder le cap, même si parfois on frôle le racolage. Je pense ici à l’inutile et synthétique Heaven, le seul véritable faux pas de l’album.

Sur Real, on entend une artiste qui a envie de séduire un public plus large. Rien de bien mal à ça. Loveless joue parfois avec certaines limites, flirtant avec une certaine forme de pop-rock radiophonique éculée (European), mais elle parvient à nous garder captifs parce qu’on ressent l’authenticité de la démarche. Bref, Loveless demeure pertinente… mais je suis un peu plus inquiet pour la prochaine aventure. Une chansonnière qui s’aventure dans un univers plus fédérateur se retrouve souvent, au fil des parutions, à ne plus séduire personne. Donc, chère Lydia, prudence ici!

Néanmoins, ce Real passe la rampe. Et c’est grâce aux petits brûlots rock bien éparpillés tout au long du disque que ça fonctionne. L’entrée en matière (Same To You et ses guitares décapantes en fin de parcours) est du Loveless pur jus. La ballade folk Clumps nous prend aux tripes. La très Replacements titrée Longer est efficace. Out On Love fait penser à Sharon Van Etten. Et on tape du pied sur la country rock Midwestern Guys et la conclusive Real.

Pour cette fois, j’accepte pleinement la direction prise par Lydia Loveless. Toutefois, avec un peu plus de patience, répartie sur quelques disques de plus, elle serait arrivée au même résultat sans avoir à édulcorer son pop-rock abrasif. Qu’à cela ne tienne, si vous cherchez une bonne production dans un genre musical qui fait sérieusement du surplace, ce Real dépasse d’une bonne tête la plupart de ses compétiteurs.

Ma note: 7/10

Lydia Loveless
Real
Bloodshot Records
39 minutes

http://www.lydialoveless.com/

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