Critiques

White Fence

Cyclops Reap

  • Castle Face Records
  • 2013
  • 37 minutes
7

white-fence-april-2013Voilà une autre parution d’un membre de cette bande de givrés oeuvrant sur le label Castle Face. En effet, au début du mois d’avril, le prolifique Tim Presley, alias White Fence, membre de Darker My Face et The Strange Boys, faisait paraître un ixième album titré Cyclops Reap. Presley donne dans un rock psychédélique que n’aurait absolument pas renié le légendaire Syd Barrett, ou encore un Lou Reed période Velvet, avec un quelque chose d’indéfinissable se rapprochant de Julian Cope. Vous avez là l’exact portrait d’un modernisateur d’un style passablement éculé au cours des dernières années.

À la carte, un mixage débordant de guitares sixties chancelantes et approximatives, une basse prenant de l’ampleur subitement au gré des humeurs changeantes de Presley, une batterie simplement amplifiée à l’aide un seul microphone « overhead » et cette voix d’asthmatique blasé, bourrée d’effets sonores. Tim Presley doit rêver couramment à Syd Barrett tant l’univers musical préconisé par l’habile musicien porte la signature du premier meneur de Pink Floyd.

Cyclops Reap est une offrande fermement lo-fi, comme si cette musique avait été consignée sur un enregistreur quatre pistes… et cette approche n’est pas dénuée de charme. De plus, le créateur maîtrise à la perfection l’écriture chansonnière nécessaire à une excellente rénovation de cet acid-folk astucieusement amalgamé à des exhalaisons de garage punk.

Bien entendu, ce n’est rien de bien original, mais lorsqu’un instrumentiste s’engage à pasticher un genre musical, il doit le faire d’une manière rigoureuse et intelligente et Tim Presley, sur ce Cyclops Reap, obtient des résultats persuasifs. Parmi les réalisations fort valables, nous avons relevé les harmonies vocales à la The Byrds dans Chairs In The Dark, la nonchalante Beat, la très The Who nommée Pink Gorilla, l’excellente To The Boy I Jumped In The Hemlock Alley, la beatlesque période Revolver intitulée New Edinbrugh, la déséquilibrée White Cat, les très folk hallucinogènes Only Man Alive et Run By The Same.

Cette conception sonore pourrait plaire autant aux vieux connaisseurs qu’aux jeunes mélomanes voulant s’initier aux balbutiements du rock psychédélique issus des sixties. Une sitedemo.cauction qui donne envie de poser nos oreilles une nouvelle fois sur les précurseurs de ce rock cannabisant. Voilà une bonne raison d’écouter quelques fois ce Cyclops Reap car Tim Presley est sans aucun doute un rénovateur de premier ordre.

Ma note : 7/10

White Fence
Cyclops Reap
Castle Face
37 minutes

whitefenceartcollective.blogspot.ca

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