Critiques

The Loodies

Edgy Ground

  • Indica Records
  • 2012
  • 36 minutes
6

Au mois de septembre dernier, le quintette montréalais The Loodies mettait sur le marché son premier album intitulé Edgy Ground. Mené par le principal compositeur de la formation Ludovic Alarie, The Loodies crée une folk-pop orchestrale fortement teintée de l’univers musical appartenant à Arcade Fire et Patrick Watson… et les deux hommes derrière ce Edgy Ground, les réalisateurs Howard Bilerman (Arcade Fire) et Jace Lasek (The Besnard Lakes, Patrick Watson), ne sont pas étrangers à cet état de fait.

Au menu, un quatuor à cordes, des structures chansonnières opérantes, des mélodies inventives, d’assez bonnes idées au niveau des arrangements et une exécution irréprochable; car ces jeunes musiciens détiennent une excellente maîtrise de leurs instruments respectifs. Donc, The Loodies offre une pop léchée, duveteuse et intelligible… presque trop raffinée pour mes oreilles en quête de sensations fortes.

Malgré le talent indéniable qui habite ces créateurs, je me suis senti en mode «expectative» tout au long de l’écoute de ce disque. En attente de quoi au juste? En attente du grand frisson, de l’explosion sonore qui procure de grandes secousses et sur Edgy Ground cette poussée d’adrénaline musicale est à toute fin pratique absente. À mon humble avis, lorsque un jeune groupe aspire à évoluer dans une sphère musicale occupée par d’aussi grandes pointures (Watson, Arcade Fire etc…), il faut injecter une grande dose d’émotivité et d’interprétation bien sentie à la musique conçue. Malheureusement, sur cette première création, l’émotion est défaillante.

Une prise de risque plus accrue au niveau de la réalisation, des excès sonores dissonants, moins de douceur et de gentillesse dans la livraison de ces chansons auraient permis aux Loodies de passer à un échelon supérieur. Qu’à cela ne tienne, quelques pièces ont retenu suavement mon attention; je pense à la piste d’ouverture de l’album titrée Hidden Youth, l’excellente progression d’accord dans Hour Wolf, les guitares électriques enfiévrant Coline, la folk-pop Night Walk et les agissantes guitares dans la finale de Black Waves.

Honnêtement, ce Edgy Ground constitue une bonne première offrande pour la formation montréalaise dans la force de l’âge. Même si la musique ne frappe pas la cible à tout coup, The Loodies détient un potentiel certain qui en est à ses premiers balbutiements; mais ce groupe devra apprendre à s’éclater, à se laisser aller, à se dégourdir un peu plus afin de secouer l’appareil auditif des mélomanes avisés. Ces artistes en sont assurément capables! Ça demeure quand même du bon travail savamment accompli.

Ma note : 6/10

The Loodies
Edgy Ground
Indica Records
36 minutes

www.theloodies.com/

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