Critiques

Tango With Lions

The Light

  • Inner Ear Records
  • 2018
  • 33 minutes
7

Katarina Papachristou est la charismatique chanteuse de la formation « indie-folk-pop-rock-alterno » Tango With Lions. Compte tenu du foisonnement des productions sonores et du nombre de musiciens en circulation dans le monde entier, de catégoriser un artiste dans un genre musical exige d’un mélomane une perspicacité et une précision hors du commun… Cela dit, la formation grecque roule sa bosse depuis 2007. J’avais également donné mon avis sur l’excellent A Long Walk paru en 2013.

Sur cette création, les influences manifestes, mais bien maîtrisées, d’un groupe comme Mazzy Star s’entendaient clairement. Particulièrement en ce qui concerne la voix envoûtante de Papachristou. Si le psychédélisme auréolait la parution précédente, cette fois-ci la formation grecque nous propose un patchwork de tout ce qu’elle peut créer : folk, rock psychédélique, pop radiophonique, country domestiqué, etc. Aux premières écoutes, l’impression d’entendre une œuvre décousue domine, mais cette perception s’estompe au fil des auditions.

Sans être aussi prenant et « habité » que A Long Walk, ce The Light – paru en janvier dernier – est un disque familier et serein qui s’écoute bien un dimanche matin, un peu lendemain de veille, à siroter un bon café et en lisant votre quotidien préféré. Un disque peu dérangeant qui constituera un excellent fond sonore.

J’en entends déjà quelques-uns parmi vous tiquer en lisant mon humble avis. Normalement, un album que je qualifie de « fond sonore » se mérite rarement une approbation de ma part. Mais Tango With Lions – particulièrement la meneuse du groupe – possède un charisme indicible. Toutes ces simples chansons disparates les unes par rapport aux autres, n’ont rien d’inventives et contiennent peu de moments qui débordent de la marge, mais ça fonctionne. Ces neuf historiettes introspectives sont efficaces, malgré la diversité des genres exploités.

Parmi les bons moments, j’octroie un sceau d’approbation à la magnifique Proof of Desire; pièce qui renferme de nouveau l’influence de Hope Sandoval et qui se conclut surtout avec une belle explosivité. Back to Me évoque un sage alliage de Cocteau Twins et Slowdive. Les orchestrations somptueuses qui caractérisent Phoenicia remémore les grands espaces nord-américains, comme Calexico sait si bien le faire. Et je soupçonne Tango With Lions d’avoir une affection particulière pour l’une des formations pop parmi les plus mésestimés de l’histoire du rock : The Go-Betweens. L’approche mélodique de Papachristou sur The Go-Betweens (justement !) ressemble à s’y méprendre à celle de feu Grant McLennan; l’un des deux principaux compositeurs – avec Robert Forster – de la défunte formation australienne. Et ce paisible périple se termine avec une pièce minimaliste, marquée par l‘utilisation de l’accordéon, sur laquelle Papachristou déclame un texte en français : L’ombre. Belle conclusion.

Ceux qui affectionnent le rock alterno « tranquilos », un peu « tisane à la camomille », évoquant une mixture subtile et hétéroclite d’Emily Haines & the Soft Skeletons, Mazzy Star et Agnes Obel apprécieront grandement The Light. Bon disque.

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