Critiques

Superchunk

I Hate Music

  • Merge Records
  • 2013
  • 38 minutes
7

ihm-albumcover-400Les bons vieux rockers seront ravis d’apprendre que l’influente formation Superchunk, originaire de Chapel Hill en Caroline du Nord, lançait dans les bacs son dixième album studio intitulé sarcastiquement I Hate Music. Mené par Mac McCaughan (chant, guitare) et Laura Ballance (basse), Superchunk a fait la pluie et le beau temps dans le petit univers rock alternatif américain (aux côtés de Pavement entre autres) qui prévalait dans les nineties. Énergiquement power-pop, détenant quelques soupçons punkisants, le quatuor avait fait paraître Cup Of Sand en 2003 et après un hiatus de sept années, le groupe revenait à la charge en 2010 avec Majesty Shredding. Fait à noter, Ballance et McCaughan sont les deux fondateurs et piliers de la réputée maison de disques Merge Records.

Et ce I Hate Music? Voilà un album (contrairement à son titre) qui respire le plaisir d’être en vie et l’amour du rock’n roll. Ces spécialistes du refrain qui tue et des mélodies imparables sont en parfaite maîtrise de leur écriture chansonnière simple et efficace. Moins décapant et rapide que leurs brûlots originels, cette offrande met en lumière l’exactitude mélodique des ritournelles élaborées par Superchunk.

Certains admirateurs de la première heure pourraient être navrés par le ralentissement de tempo ressenti sur I Hate Music, mais ce qui est perdu en vitesse et en dévernissage sonore est largement compensé par la qualité de ces chansons écrites et composées majoritairement par Mac McCaughan. Un disque où l’on ressent énormément le plaisir qu’a eu Superchunk, à enregistrer en studio, ces chansons rock sans prétention.

Superchunk livre la marchandise sans ornements et fioritures; un véritable album rock authentique et noble. C’est direct, opérant, sans complaisance vaniteuse, et ce, malgré la réalisation lustrée et les guitares moins abrasives qu’à la belle époque. Superchunk ne sonne pas comme un groupe anachronique et déphasé même si la pédale n’est pas toujours enfoncée au plancher.

Ces fieffés mélodistes nous offrent un assemblage de morceaux infrangibles: la power-pop remémorant Redd Kross titrée Me & You & Jackie Mittoo, la Superchunk millésimée nommée Void, la punk-hardcore vieille école Staying Home, les immanquables refrains animant Out Of The Sun, Breaking Down et FOH de même que la captivante Trees Of Barcelona.

Si vous aviez apprécié l’époque glorieuse dans laquelle Superchunk sévissait, vous serez enchantés de les retrouver, certes vieillissants, mais toujours aussi souverains mélodiquement parlant. De son côté, le jeune mélomane friand d’un groupe tel que Speedy Ortiz devrait tendre l’oreille vers les vétérans de Superchunk; un quatuor américain que tout mélomane aficionado de rock américain se doit de bien connaître. Fiable et énergique.

Ma note : 7/10

Superchunk
I Hate Music
Merge Records
38 minutes

www.superchunk.com/ihm/index.html

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