Critiques

Sumac

What One Becomes

  • Thrill Jockey Records
  • 2016
  • 59 minutes
8
Le meilleur de lca

Sumac*Le contenu discuté dans cette chronique n’est pas recommandé par Docteure Maman. Nous préférons vous en avertir.

SUMAC, ce n’est pas ton «average» band de métal. En fait, c’est tellement méchant, déconstruit et déconcertant qu’on pourrait sans doute parler de fuck-toute métal pour en décrire le son. Garde ça en tête, va au bas de l’article, clique sur l’extrait et on va jaser un peu de ce groupe de mathématiciens fous.

C’est bon, c’est parti?

Contexte. En février 2015, paraissait le premier effort de SUMAC, trio métal-noise-expérimental mené par Aaron Turner, leader de la défunte formation ISIS, groupe phare du post-métal au tournant des années 2000.

J’avais pour l’occasion critiqué – durement – ce premier effort. 4,5/10 pour une projet de Turner, je ne pensais pas donner ça un jour. The Deal était un disque brutal certes, mais insaisissable.

OK et puis? Voilà que What One Becomes atterrit dans les bacs et, bien franchement, après une première écoute, je me suis sérieusement demandé ce que je ferais d’un tel objet.

Pourquoi on en parle d’abord? Parce que j’ai accumulé les écoutes au compteur iTunes, puis je me suis rendu compte que je ne parviendrais pas à écrire une ligne qui soit pertinente sur SUMAC si je tentais de placer le groupe dans la discographie de Turner. Car justement, le guitariste et ses comparses (respectivement membres de Baptists et de Russian Circles) s’affairent rigoureusement à déconstruire non pas «l’héritage» de Turner, mais bien les attentes de ceux qui souhaitent un retour d’ISIS.

C’était moins clair sur The Deal. Ça l’est davantage sur What One Becomes: SUMAC est un projet différent, issu d’une démarche nouvelle qui même par sa complexité ne peut être comparé ou relié à Old Man Gloom, pourtant plus proche parent noise trash de Turner.

Comme sur The Deal, l’accent est mis sur les rythmes saccadés qui vous cassent le crâne et sur les agressions gutturales vomies par Turner. Mais étrangement, What One Becomes instaure des moments d’ambiances, des «build-ups» et même un certain groove entre les agressions. En fait, je me corrige, ce n’est pas tant une nouveauté que ces moments sont intégrés dans les compositions de manière à créer cette montée en intensité. Mais bon, au final ça finit toujours pas déchirer toutes nos conceptions de ce qu’est de la musique méchante.

Mais c’tu bon? Mettons que c’est «challengeant»! Je pense avoir été clair là dessus. Après une introduction complètement décoiffante, sur Image Of Control, la destructrice Rigid Man enchaîne à la manière de The Deal. Mais les moments de pure sauvagerie se font plus espacés sur Clutch Of Oblivion, Blackout et Will To Reach. C’est là que What One Becomes innove.

Et plus on écoute, plus on se rend compte que c’est là la force de ce nouvel album. On nous assomme d’entrée de jeu, mais les segments s’alternent ensuite de manière plus harmonieuse, si une telle chose peut être dite dans ce cas-ci.

Bref, les gars sont des experts en démolition de conventions et leur éthique du bruit, autant hargneuse que dévouée, devrait confondre les sceptiques. Avec un deuxième album en quinze mois, de cette qualité de surcroît, et nonobstant l’aridité de l’expérience d’écoute, on doit comprendre que SUMAC n’est pas qu’un «side-project».

MA NOTE: 8/10

SUMAC
What One Becomes
Thrill Jockey
59 minutes

https://www.facebook.com/SUMACBAND

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