Critiques

Silver Dapple

Moody Boots

  • Indépendant
  • 2018
  • 32 minutes
7,5

Le duo de chanteuse de Silver Dapple est de retour. Melissa Di Menna et Emily Deimert avaient été plutôt discrètes dans les quatre dernières années. Elles avaient tout de même lancé un duo de chansons en mai 2017 et un autre titre en 2016, Valley, qui se retrouve sur l’album. Il faut retourner à l’EP I Hate My Birthday pour avoir une collection plus substantielle. On avait très hâte d’en entendre davantage.

Ce « davantage » arrive sous les traits de Moody Boots une collection de chansons qui ont été écrites en 2016 dans le même élan que ce qui semble avoir été un grand vent de changement. Silver Dapple n’est pas exactement tel que l’avons laissés en 2014. C’est maintenant Dominic Berthiaume (Corridor) qui se fait aller les doigts sur la basse. Par contre, musicalement, le groupe a fait un pas en avant très intéressant. Plus mélodieuses, les chansons se concentrent sur des mélodies à mi-chemin entre le punk et le rock emo qui sont franchement efficaces.

January est un bon exemple avec ses guitares plutôt bruyantes, sa première partie, où les voix sont un peu perdues dans le son avant de changer complètement de sens. Un virage appuyé dans la lenteur fait office de passerelle avant qu’on atteigne une progression d’accord tout simplement addictive. Les harmonies entre les deux voix sont tout à fait convaincantes. Au niveau des bonnes mélodies, Silver Dapple nous gâte avec New York qui malgré son propos un peu triste nous parachute des mélodies de guitare auxquelles il est difficile de résister. Même son de cloche du côté de Vibration et ses guitares plus nerveuses qui sont soutenues par une basse très présente.

Le groupe s’aventure dans de nouveaux terrains sonores. Des excursions post-punk qui parfois fonctionnent et parfois tombent un peu à plat. En fait, ce n’est pas tant que ça tombe à plat, mais plutôt qu’Intuable qui ouvre l’album est pratiquement un pastiche de Suuns d’Images du Futur. Tout dans les guitares qui frappent comme des poignards et de la grosse basse qui prend le dessus après le changement de rythme donne l’impression d’écouter une reprise. Outre cela, c’est un album tout à fait réussi.

Silver Dapple effectue un retour sur album tout à fait réussi avec Moody Boots. Les amateurs de punk marginal et de post-punk vont trouver leur compte avec le quatuor. Jean-Michel Coutu (IDALG) est encore une fois le réalisateur. Si vous avez aimé son travail sur Télégraphe Jungle, vous serez une fois de plus charmé. Silver Dapple vaut le détour pour leurs mélodies intoxicantes et les harmonies vocales efficaces.

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