Critiques

PyPy

Pagan Day

  • Slovenly
  • 2014
  • 32 minutes
7,5

a2847608859_10Ça fait quatre fois que j’essaie de commencer cette critique. J’y arrive pas.

D’ordinaire, j’aurais commencé comme ça: «PyPy c’est ce groupe improbable qui a failli ne jamais devenir plus qu’un jam entre trois membres de Duchess Says et Choyce, savant fou derrière les projets Red Mass et le cultissime CPC Gangbangs»

Mais c’est plate comme entrée en matière.

J’aurais pu aussi dire: «PyPy est votre prochain groupe préféré» comme je le fais souvent… Mais avec ce drôle d’objet musical, il faudrait que je sois «in one of my drunken stupors» pour affirmer qu’un tel album fera consensus.

Bref. Mes formules toutes faites sont épuisées. Bonne nouvelle peut-être?

D’emblée, je vous rassure, Pagan Day n’a rien du paganisme si cher aux groupes post-grunge des 90’s (on se rappelle que trop bien Edwin, alors chez I Mother Earth qui vocifère «Making love to the Earth ‘cause it just feels better»). Bref, PyPy c’est terreux, mais quand même pas tant que ça !

Je suis rendu à la troisième pièce de l’album. Voyons voir ce que nous avons ici.

Molly est un titre contenu quand on pense que la bande est constituée des éléments les plus bouillants de la scène locale, Anne-Marie C. en tête. Contenu, parce qu’il ne part pas dans d’énormes jams et aussi parce qu’il évoque en quelque sorte ce que fait Ladytron.

La suivante, Daffodils, est lente et ambiante, mais conserve cette esthétique mi-psych-punk, mi-electro-groove.

Puis plus tard, il y a She’s Gone, entendu il y a quelques années en Party de cuisine «sous la tente» chez les amis de Bande à Part (<3). Une mélodie et une rythmique qui rappelle certains moments du Non-stop je te plis en deux des We Are Wolves, mais qui partent vite en couille dans un bordel de notes distorsionnées.

Bref PyPy, c’est du rock-givré-et-protéiné casse-de-bain, mais bon enfant aussi. Il y a de quoi de léger dans l’esthétique qui rend le chaos franchement joyeux. On y entend du Jon Spencer et sûrement plein d’autres trucs qui ne me viennent pas à l’esprit tellement je suis transporté par l’outro de la dernière pièce, Psychedelic Overlords.

Une chose est sûre, Pagan Day n’est pas la somme d’un paquet d’influences des membres du groupe. Et même si ceux-ci ont eu peu de temps pour accoucher de ce premier opus – il a été enregistré en automne 2012 – le sitedemo.cauit fini est saisissant.

Pour finir, je pourrais vous dire que PyPy est d’une urgence qui rappelle Wire pis toute, mais pour dire vrai, j’ai la conviction que c’est sur scène que Pagan Day va vivre ses heures de gloire, et ce, même si sur disque, c’est déjà pas mal réjouissant dans le genre.

Est-ce que j’vous ai déjà dit de consommer la musique d’ici (et même si c’est comme Edwin)? Ce sera le sujet de la prochaine rubrique (mettons)!

On s’voit au bar pis on en parlera.

Ma note : 7,5/10

PyPy
Pagan Day
Slovenly
32 minutes

slovenly.bandcamp.com/album/pypy-pagan-day-lp

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