Critiques

Primal Scream

Chaosmosis

  • Ignition Records Ltd.
  • 2016
  • 41 minutes
6

Primal ScreamEn juin 2013, la respectée formation britannique Primal Scream proposait l’excellent More Light; disque qui a failli se hisser dans ma liste des meilleurs albums parus cette année-là. La bande menée par Bobby Gillespie n’a jamais eu peur d’innover, et surtout, ne soumet jamais le même album à son public. Primal Scream est un groupe franchement imprévisible. Et la plus récente offrande de la formation, révélée la semaine dernière et titrée Chaosmosis, ne fait pas exception à la règle.

Si More Light amalgamait rock psychédélique bleusy, acid rock et big beat, ce Choasmosis est résolument pop, flirtant parfois avec le rock, l’électro et la techno. J’avais adoré la cohérence musicale qui se dégageait du précédent effort. Cette fois-ci, Primal Scream tire dans tous les sens, tant et si bien qu’il est difficile d’être complètement captivé par cette création. Mais ça demeure une signature typiquement Bobby Gillespie. Ce n’est donc jamais indigeste.

De toute manière, les Britanniques ont toujours alterné entre des disques étonnants, qui font décrocher la mâchoire à bon nombre de mélomanes, et d’autres, plus élémentaires. Chaosmosis se classe dans la deuxième catégorie. Et un bon indice pour déceler si Primal Scream sera dans le coup, c’est de toujours jeter un coup d’œil à la liste des invités qui participe à la gestation de leurs disques.

Par exemple, sur Riot City Blues (2006), c’est l’excellent guitariste Will Sargeant (Echo & The Bunnymen) qui officiait et sur XTRMNTR (2000), c’est Kevin Shields (My Bloody Valentine) qui apportait sa contribution. Pas des pieds de céleris, on s’entend? Sur ce Chaosmosis, c’est HAIM et Sky Ferreira qui viennent prêter main-forte à Gillespie. Pas nécessairement de grosses pointures, on s’entend? Alors, ça donne ce que ça donne. Pas un mauvais disque, mais ce n’est certainement pas un grand cru.

Ça démarre avec Trippin’ On Your Love qui nous ramène tout droit à la période Madchester. Une façon bien bancale de donner le ton à un album. Ça sonne comme si les Happy Mondays effectuaient un retour sur disque… En contrepartie, Primal Scream s’en sort assez bien sur l’électro-pop ténébreux (Feeling LIke A) Demon Again, sur le rock un peu gothique au refrain imparable intitulé 100% Or Nothing ( les sœurs Haim accompagnent Gillespie), sur la menaçante When The Blackout Meets The Fallout, sur l’électro-rock Golden Rope ainsi que sur la conclusive et fédératrice Autumn In Paradise. Dans la section «inutilité», j’ajouterais l’extrait Where The Light Gets In; pièce interprétée avec Sky Ferreira. Interminable.

Comme vous pouvez le constater, le meilleur et le pire se côtoient de près sur Chaosmosis. Néanmoins, Primal Scream obtient la note de passage. Pourquoi? Parce que Gillespie est un mélodiste hors pair et je suis toujours impressionné par l’éclectisme des propositions de ce vétéran créateur qui refuse obstinément le surplace. C’est objectivement convenable.

Ma note: 6/10

Primal Scream
Chaosmosis
Ignition Records Ltd.
41 minutes

http://www.primalscream.net/

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