Critiques

Pete Yorn

Arranging Time

  • Boyletown Music
  • 2016
  • 44 minutes
4

Pete YornEn 2001, le songwriter américain (et beau bonhomme), Pete Yorn, faisait paraître musicforthemorningafter. Un disque résolument pop-rock, dynamique, de grande qualité, qui misait principalement sur le talent de mélodiste du multi-instrumentiste. En effet, Yorn joue habituellement la plupart des instruments qu’il a sous la main lors d’une session d’enregistrement. Le musicien est de retour 6 ans après son précédent effort homonyme. Ça s’intitule Arranging Time et c’est réalisé par R. Walt Vincent (Liz Phair, Tommy Keene).

Pour être honnête avec vous, je ne m’étais pas replongé dans l’univers de Pete Yorn depuis l’album Day I Forgot paru en 2003. À vrai dire, je suis assez indifférent et inepte face à ce que propose Yorn. Et ce n’est pas ce Arranging Time qui va «arranger» quoi que ce soit! Cette fois-ci, le bellâtre emprunte des sentiers balisés à satiété et incorpore à son folk-pop-rock déjà convenu des boucles rythmiques électros. On pense parfois à Coldplay en écoutant certaines chansons… et c’est loin d’être un compliment.

En plus d’être prisonnier de son écriture chansonnière un peu fade et de proposer une musique pépère/gériatrique faisant office d’efficace somnifère, du moins pour votre modeste scribe, Yorn est mélodiquement déficient, ce qui constitue habituellement sa principale force. En écoutant attentivement cette sitedemo.cauction bien jouée, bien réalisée, bien arrangée, je me suis demandé où était le problème principal de ce Arranging Time.

La réponse? Ce disque amenuise grandement mon appréciation (qui frisait déjà le néant!) de ce genre musical qu’est le pop-rock. Je m’explique. Pour concevoir du bon rock, accessible ou pas, il faut lui insuffler une bonne dose d’urgence, d’intensité et sur Arranging Time, on a l’impression d’être dans un salon de thé du Mile-End en train de déguster une mythique tisane à la camomille. Ça ne lève tout simplement pas. Si sur sa première offrande, Yorn était en mesure de fédérer tout en dynamisant sa musique, le compositeur est, pour cette fois, franchement sur le pilote automatique.

Des exemples? She Was Weird sonne comme du Econoline Crush (groupe canadien pop-rock alterno) aseptisé. Une pièce emmerdante à tout point de vue. Tomorrow fait penser à du sous Coldplay; de l’électro-rock bancal et sans saveur. Très peu de chansons parviennent à garder la tête hors de l’eau. Il y a peut-être Roses. Et encore. La progression d’accord élémentaire et la fausse vulnérabilité exprimée dans la voix de grand-papa Yorn sont navrantes.

Arranging Time n’a rien de rock, mais vraiment rien. C’est de la pop mature. Ce n’est pas bien grave bien entendu, si ce n’est du fait que Yorn est faiblard mélodiquement parlant et que les arrangements vieillots préconisés diminuent grandement l’impact rassembleur qu’auraient pu obtenir ces chansons. Je serais très surpris que le nouvel album de Yorn trouve son public. Terne, drabe et insignifiant.

Ma note: 4/10

Pete Yorn
Arranging Time
Boyletown Music
44 minutes

http://www.peteyorn.com/

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