Critiques

Oneida

Romance

  • Joyful Noise Recordings
  • 2018
  • 72 minutes
7,5

S’il y a un mot qu’on n’associerait pas spontanément à Oneida, c’est bien « Romance ». « Psychédélique », « exigeant », « tenace », « pince-sans-rire », oui. Mais Romance ? Ça arriverait loin dans une théorique liste d’association d’idées.

Oneida est un groupe à géométrie variable actif à Brooklyn depuis 1997, officiellement un quintette, mais parfois réduit jusqu’à un trio, spécialisé dans l’exploration du rock psychédélique décliné de façon personnelle. Très prolifique pendant la première décennie du millénaire, le groupe s’est éparpillé depuis, pour diverses raisons. Il y a notamment eu la fermeture et la démolition de leur studio et espace de création, l’Ocropolis, et il y a eu toutes sortes de distractions et de collaborations (celles du batteur Kid Millions à elles seules pourraient remplir cette page, mais notons sa participation aux groupes Man Forever et People of the North et sa collaboration au dernier album de Marnie Stern).

Le plus récent album d’Oneida était A List of the Burning Mountains, lancé en 2012 et constitué de deux longues pièces issues d’improvisations. En comparaison, Romance ressemble à ce qu’Oneida avait fait pendant ses premières années et n’avait pas fait depuis l’album Rated O en 2009 : les compositions sont plus concises et leur construction, plus délibérée.

C’est donc un album du retour à une vieille méthode, confortable comme de vieilles pantoufles. Les cinq musiciens réguliers du groupe sont présents, fidèles au poste malgré le temps et les changements, pour faire un rock bruyant qui divertit le groupe d’abord et le public ensuite. Et c’est là qu’on trouve le sens du titre de l’album. Un groupe n’arrive pas à rester inchangé après si longtemps et après avoir tenté autant de choses s’il n’y a pas un fort lien affectif entre ses membres. Le titre décrit la réalité de l’album avec juste assez de sincérité et au moins autant d’autodérision.

La musique de l’album est à l’image du titre. Oneida est ouvert à toutes les formes de psychédélisme, qu’elles soient minimalistes ou bruyantes, qu’elles soient synthétiques et programmées ou dépouillées et improvisées, et il les aborde toutes avec ce mélange de sincérité et de dérision. Certains trouveront ça obtus et se sentiront exclus de la blague, les autres se réjouiront que ces « dudes » aient décidé de ne jamais se quitter.

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