Critiques

Olafur Arnalds + Nils Frahm

Collaborative Works

  • Erased Tapes
  • 2015
  • 100 minutes
8
Le meilleur de lca

Olafur Arnalds & Nils FrahmCollaborative Works, c’est le titre sans fioriture du double album qu’ont fait paraître l’Allemand Nils Frahm et l’Islandais Ólafur Arnalds cette semaine sous l’excellente étiquette Erased Tapes. Les deux disques réunissent les pièces communes des musiciens depuis leur rencontre professionnelle en 2011. Si on connaît Nils Frahm pour son piano néoclassique et ses nouvelles expérimentations électroniques, Ólafur Arnalds est plutôt connu pour sa musique de film, ses arrangements au violon et son duo de musique électronique Kiasmos. Piano, synthétiseurs et autres effets se réunissent sous les quatre mains des deux hommes, pour un voyage de cent minutes.

Si de prime abord il manque une certaine unité aux deux disques alors que les autres projets des deux talentueux musiciens se démarquent par leur cohérence, une écoute attentive permet de comprendre l’éclectisme de la chose. C’est que Collaborative Works est un collage de EP déjà paru, d’enregistrements d’improvisation sans remixage et de «one-take» enregistré le temps d’une nuit, le tout pour démontrer l’évolution du son commun des hommes depuis 2011.

Donc, sur le premier disque, les EP Loon (2015), Stare (2012) et Life Story And Live And Glory (2015) se côtoient. Le deuxième disque reçoit les sept pièces inédites, regroupées sous le projet Trance Frendz, enregistrées cette année.

L’album commence avec Loon, un album enregistré en cinq jours en 2014. Il réunit cinq pièces pour synthétiseurs (Oberheim 4 Voice et un Korg PS3100) et un «base drum». Du lot se démarque Wide Open, plus rythmique, qui n’est pas sans rappeler les derniers efforts de Radiohead.

Les trois pièces suivantes étaient parues en 2012 sur Stare, leur premier album collaboratif, enregistré entre Berlin, ville de Frahm, et Reykjavík, ville d’Arnalds, en 2011. Ce début du duo annonçait l’approche ambiante de Kiasmos (Arnalds et Janus Rasmussen), avec la touche mélodique de Frahm. Encore une fois, du lot se démarque une pièce: B1, un trio avec la violoncelliste Anne Müller, une collaboratrice fréquente de Frahm. La pièce de treize minutes trente-neuf secondes se base sur des boucles mélodiques méditatives et plonge dans la mélancolie.

Les deux dernières pièces du premier disque sont tirées d’un EP paru plus tôt dans l’année: Life Story And Live And Glory. Ces deux pièces, enregistrées en 2012, sont plus près du piano épuré et des mélodies à la Yann Tiersen.

Les sept autres pièces sont issues d’une nuit d’expérimentation qui a été filmée et sitedemo.cauite sous le nom de Trance Frendz au Durton Studio de Berlin le 28 juillet 2015. Le titre de chaque pièce est l’heure du début d’enregistrement. On y entend les musiciens respirer, quelques bruits de fond captés dans les micros. Les pièces mettent en valeur tant les quatre mains sur un piano que les tribulations électroniques du duo. Bref, on s’éclate avec l’imaginaire des musiciens, dans leur intimité.

Dans 23:17, on sent le désespoir se poindre le bout du nez. 00:26 rappelle dans sa forme et sa tonalité Wide-Open. À 01:41 on entend des déplacements, des changements dans l’installation avant que la musique enfle. La fatigue arrive et repart. Le rythme s’accélère. 03 :06, on retourne au piano simple, Frahm fredonne la mélodie.

Collaborative Works conclue donc une année faste pour les deux pianistes de formation: cinquième parution pour Nils Frahm cette année et troisième pour Ólafur Arnalds, si on inclut Loon là-dedans. Le résultat comblera les amateurs des premières heures (et rend accessible les premiers EP pas mal tous écoulés) et permettra une magnifique incursion dans l’univers des deux musiciens pour tout néophyte.

Ma note: 8/10

Ólafur Arnalds & Nils Frahm
Collaborative Works
Erased Tapes
100 minutes

http://arnaldsfrahm.com

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