Critiques

Myriam Gendron

Not So Deep As Well

  • Mama Bird Recordings
  • 2015
  • 40 minutes
7,5

Myriam GendronL’histoire de Not So Deep As Well commence la journée où Myriam Gendron tombe sur l’anthologie de la poétesse américaine Dorothy Parker. Les mots de Parker sont acérés, aiguisés par ses échecs amoureux et sa vision politique de l’Amérique. Cette femme forte fût l’une des premières à écrire pour le journal The New Yorker après avoir été larguée par Vanity Fair pour ses opinions qui choquaient les grands sitedemo.caucteurs américains. Ceci ne l’empêcha pas de poursuivre une lucrative carrière en tant qu’écrivaine pour Paramount Pictures. Celle-ci fût accusée d’être une communiste et elle laissa tout tomber après la mort de Martin Luther King.

Ces mots, trop souvent oubliés, sont mis en musique et portés par la voix de Myriam Gendron. La jeune femme a opté pour la simplicité sur Not So Deep As Well, n’encombrant pas les mots d’un poids musical inutile. Armée d’une guitare, avec une certaine mélancolie dans la voix, Gendron chante Parker avec une justesse bien appréciée. Paru initialement en version digitale il y a un an, voici que ce disque a droit à une sortie physique et c’est bien tant mieux.

On reconnaît l’influence des grands du folk dans la musique de Gendron, que ce soit Dylan, Young ou encore Cash qui sont toujours près, autant dans le jeu de sa guitare acoustique que dans les mélodies vocales de la jeune femme. Recurrence, qui porte bien son nom, est un excellent exemple de ces influences qui se mélangent dans les compositions de Gendron.

Le détachement et la mélancolie présente dans la voix de la jeune femme jettent une nouvelle lumière sur les poèmes de Parker. Sur Threnody, elle chante avec douceur des paroles qui auraient pu être approchées avec une certaine amertume: «If there’s one that rode away/What would I be missing?/Lips that taste of tears, they say/Are the best for kissing.». The Last Question, dans la même veine, offre de beaux moments de douceur au goût amer.

La simplicité était de mise pour mettre en musique les mots de Parker et leur donner toute la place, mais à l’écoute de Not So Deep As Well, on se met à rêvasser à un petit ajout ici et là. Un peu d’habillage n’aurait-il pas permis de faire mieux respirer les poèmes de l’Américaine? Sans doute, mais ça reste tout de même bien efficace tel quel.

Une belle interprétation de l’oeuvre de Parker de la part de Myriam Gendron. Tout en simplicité, celle-ci nous fait redécouvrir des mots oubliés, des poèmes qui n’ont que trop peu de tribunes. Les amateurs de folk et de poésie trouveront leur compte sur Not So Deep As Well.

Ma note: 7,5/10

Myriam Gendron
Not So Deep As Well
Mama Bird Recordings
40 minutes

http://myriamgendron.tumblr.com/

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