Critiques

Miracles

Motels

  • Music Mansion Records
  • 2014
  • 42 minutes
6

MiraclesHugo Mudie et Fred Jacques ont fait les beaux et les moins beaux jours du groupe punk The Sainte-Catherines jusqu’à leurs derniers concerts donnés en 2012. Le duo avait aussi collaboré à Yesterday’s Ring, projet folk/punk qui a vécu le temps d’un album. Le duo émerge de nouveau avec Miracles, projet folk-country qui adapte en français des pièces classiques du répertoire américain. La formation est complétée par Cléo Beauchamp-Paquette, Julien Blais et Raphaël Buissières.

Pour Motels, le groupe est rejoint par une panoplie d’artistes québécois dont les Vulgaires Machins, Karl Tremblay (Les Cowboys fringants), Mara Tremblay, Simon Proulx (Les Trois Accords), Felicity Hamer (United Steel Workers Of Montreal), Fred Fortin, Clément Jacques, Dumas et Xavier Caféïne.

On voit sur Motels une version franchement réussie de Dirty Old Town, chanson traditionnelle popularisée par le groupe The Pogues qui met de l’avant un texte qui se distancie un peu plus de l’originale et qui en garde éloquemment l’esprit. De plus, le choix de Simon Proulx est parfait. Le duo Mudie et Proulx fait honneur à la pièce, tout comme les musiciens qui magnifient la mélodie d’origine.

La formation y va aussi d’une «protest song» titrée Carré rouge; chanson qui renferme le texte le plus intéressant de ce Motels, alors que Mudie chante sur un manifestant désabusé qui cherche sa blonde dans une manifestation. Karl Tremblay (on va se le dire) est taillé sur mesure pour cette pièce, intervient et chante ceci: «Je veux pas vraiment changé le monde, mais je suis content que d’autres y songent, je veux juste me trouver une blonde».

Parmi les autres pièces réussies, citons Quand je tombe, alors que Mara Tremblay accompagne Miracles; une chanson entraînante et accrocheuse qui donne envie de taper du pied. Si certains morceaux se distancient de leur version d’origine, certaines peinent à se réinventer. On peut penser entre autres à Pensais à elle avec Xavier Caféïne, une adaptation de You Were Always On My Mind de Willie Nelson. Bien que le travail de Miracles est honnête, on est loin de la richesse mélodique de l’originale.

Dans l’ensemble, Motels (nommé ainsi, car tout a été enregistré dans des chambres de motels) est un effort honnête pour adapter dans la langue de Molière des chansons mythiques. D’un autre côté, se frotter à ces classiques demande des couilles. Miracles réussit parfois à surprendre, mais ce n’est pas toujours facile de rivaliser avec ces pièces/monuments. Ceci dit, bière à la main, ces chansons s’écouteront très bien en spectacle.

Ma note: 6/10

Miracles
Motels
Music Mansions
42 minutes

miraclesband.com/

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