Critiques

Migos

Culture II

  • Capitol Records
  • 2018
  • 101 minutes
5

L’an dernier, Culture était attendu et a ravi les auditeurs : des succès puissants et un album bon du début à la fin. Vu cette réussite, Culture II était d’autant plus attendu et a pourtant négativement surpris, semblant être un amas de chansons maladroitement assemblées, rendant le tout inconstant et inégalement appréciable.

Malgré la rumeur positive créée autour de la sortie de cet album, après 5 morceaux, j’avais seulement l’impression d’avoir écouté une très très longue chanson. Les rythmes sont tous semblables, c’en est presque relaxant et non entraînant, il y a peu ou pas de mélodies qui accrochent l’oreille, les flows sont signés du classique rythme saccadé, mais agréable de Migos qui, cette fois-ci, semblait toutefois se répéter à l’infini.

Le trio originaire d’Atlanta reste fidèle aux thèmes qu’il aime aborder : la vie luxueuse, l’argent, les femmes, bref, la luxure et l’opulence. « 200K, count it before I do shows and fuck your opinion », nous répète Takeoff dans Too Much Jewelry, n’étant qu’une des nombreuses exultations de leur mode de vie.

La première chanson qui sort réellement du lot dans l’album reste Walk it Talk it, avec un rythme soutenu et un refrain qui, malgré sa répétitivité, reste accrocheur. Ensuite, un autre morceau à oublier, puis CC en compagnie de Gucci Mane qui change finalement la donne, avec un tout petit peu de mélodies et un filtre sur la voix qui modifie l’ambiance, avec même un peu de chant pour agrémenter la chose.

La chanson Gang Gang peut presque passer pour une chanson sentimentale, même si l’intégralité littéraire du morceau est basée sur le mot « gang » se répétant à l’infini.

La deuxième moitié de l’album devient plus diversifiée avec des morceaux hautement appréciables comme White Sand, avec Big Sean, Travis Scott et Ty Dolla $ign. Le couplet de Big Sean se démarque particulièrement avec sa voix plus claire qui est loin d’être aussi rocailleuse que celle des autres rappeurs présents sur le morceau.

Mention à Open It Up qui est beaucoup trop similaire à Deadz, un des morceaux phares de Culture. Sur une note plus unique, les échantillonnages de saxophone sur le morceau Too Playa font ressortir ce morceau du lot avec une couleur à laquelle Migos est rarement associée.

Le fait d’avoir présenté Culture II comme un album en bonne et due forme, alors qu’il devrait plutôt être pris comme une mixtape, fait peu honneur au premier volume, qui contenait plusieurs, sinon une totalité de titres accrocheurs bien choisis. L’album aurait aisément pu être raccourci de moitié.

Une chose est sûre, aucun morceau n’arrivera à surpasser les pièces du premier volume.

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