Critiques

Melt Yourself Down

Melt Yourself Down

  • The Leaf Label
  • 2013
  • 40 minutes
8,5
Le meilleur de lca

MeltYourselfDownSur papier, peu de genres musicaux devraient faire aussi bon ménage que le punk et l’afrobeat. Tous deux sont en théorie animés d’une grande énergie; Fela Kuti incarne la rébellion aussi bien que n’importe quelle icone du punk; et certains groupes de la première vague du punk se sont tournés vers des influences africaines (et autres musiques du monde) quand ils ont senti que le mouvement s’essoufflait à la fin des années 1970.

Une idée sur papier ne se traduit cependant pas forcément par des résultats probants. Plus de trente ans après l’âge d’or de ces deux styles, la référence en terme de fusion reste Bow Wow Wow, groupe qui occupe les pensées d’à peu près personne ces temps-ci. Ce n’était qu’une question de temps avant qu’un groupe «reparcoure» ces styles et trouve le moyen de les réénergiser et de leur donner quelque chose de vital, dans une forme simple et entraînante. C’est arrivé à l’automne 2012, quand des musiciens de divers groupes jazz, punk et fusion worldbeat londoniens (dont Polar Bear et Zun Zun Egui) se sont réunis au sein du groupe Melt Yourself Down.

Composé d’un batteur, d’un percussionniste, de deux saxophonistes, d’un bassiste et d’un chanteur, Melt Yourself Down combine souplesse et force de frappe, tel un jeune Roy Jones Jr. Le groupe a lancé trois chansons depuis octobre dernier, We Are Enough, Fix My Life et Release!, qui sont un peu comme des exercices de renforcement positif, conçus pour faire danser, remonter le moral et rager contre la machine.

Arrive donc enfin ce mois-ci le premier long-jeu. J’ai d’abord remarqué que les trois simples étaient placés dans la première moitié de l’album, ce qui m’a fait craindre du remplissage dans la deuxième moitié. C’était une crainte injustifiée. Même si rien ne vient surclasser l’attrait des premiers simples, rien ne vient non plus ternir le hype qui s’est établi autour du groupe. Sur tout l’album, les rythmes d’influence nigérienne et les mélodies nord-africaines sont combinés à l’énergie débridée du punk. Le tout est agrémenté des incantations mystiques du chanteur Kushal Gaya et de quelques textures électroniques, courtoisie du réalisateur Leafcutter John.

Le rythme frénétique n’est pas maintenu pendant tout l’album, mais ce n’est pas une mauvaise chose. Il faut bien que l’album respire un peu, et c’est ce qui arrive avec Free Walk, qui apporte un peu de sensualité sans s’étirer en longueur. L’album se termine par Mouth To Mouth et Camel, deux pièces un brin plus ténébreuses que ce qui a précédé, et qui sonneraient comme quelque chose de plutôt rock si les saxophones étaient remplacés par des guitares.

Bref, un album entraînant et intense, qui ne se prend pas trop au sérieux et qui accroche un sourire sur le visage. Je sais maintenant ce qui sera ma trame sonore estivale cette année.

Ma note : 8,5/10

Melt Yourself Down
Melt Yourself Down
The Leaf Label
40 minutes

meltyourselfdown.com/

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