Critiques

Martin Gore

MG

  • Mute Records
  • 2015
  • 55 minutes
7,5

Martin GoreMartin Gore fait partie de ces compositeurs électros qui n’ont pas besoin de présentation. Après le départ de Vince Clarke, Gore a pris les commandes du groupe britannique Depeche Mode pour nous offrir simples après simples d’hymnes électroniques. Après Delta Machine publié en 2013 avec ses amis, Gore nous revient en solo avec MG; seize courtes pièces dont les sonorités couvrent trente ans de synthèse analogue et numérique. C’est un petit festin qui n’a rien à voir avec Counterfeit2, paru il y a douze ans.

Pinking rebondit sur des impulsions de synthèse soustractive au-dessus d’une basse encore plus soustractive. Le «synth chorus» nous rappelle DM au début des années 90. Swanning est montée sur une boucle à la réverbération métallique, et propose une ambiance extra-terrestre. Exalt s’ouvre sur une itération numérique qui fait penser au début de Speed Of Life. La pièce se développe rythmiquement, ponctuée par un «pad» ambiant presque nouvel âge. Elk prend la forme d’interlude instrumental typique de Gore; une petite retrouvaille du ton mélancolique habituel et une impression de déjà-entendu.

Brink tombe dans le techno industriel, à mi-chemin entre deadmau5 et Nine Inch Nails, ça a beaucoup de gueule. Europa Hymn marque une pause légère, comme Elk, sans prétention, un peu anonyme en fait. Creeper réanime l’ambiance avec une sonorité «sci-fi» sortie d’un vaisseau spatial. Spiral reste dans l’espace, entre l’ambiance un peu froide et la boucle électro bien ancrée dans le plancher de danse.

Stealth groove sur une boucle funky, mais ce qui retient davantage l’attention est cette mélodie un demi-ton au-dessus d’un «synth» de Never Let Me Down Again. Une fois le lien complété, c’est foutu, ça résonne comme une déclinaison du classique. Hum reprend l’ambiance spatiale avec ses fréquences oscillant comme des comètes au-dessus la mélodie arpégée. Islet continue dans la synthèse épurée, ça sonne bien, mais l’idée stagne un peu. Crowly donne suite à Brink avec sa forme techno, mais la ligne mélodique triomphante de synthétiseurs 80s annule l’effet d’entraînement, passons.

Trysting apporte un contraste agréable avec sa palette de synthèse vocodée, additive et soustractive. Southerly part sur un rythme saccadé intéressant, enveloppé par plusieurs strates de synthés vintage. Featherlight passe pour une déconstruction de Music Non Stop, c’est très bon, spécialement lorsque jouées en même temps. Blade termine l’œuvre comme une balade empreinte de dramatisme.

MG confirme la facette synthétique de l’univers musical de Martin Gore. Pas de guitare blues ou de chant gospel cette fois-ci, plutôt des circuits électroniques qui se manifestent selon le programme exécuté. Sans paroles et sans la voix de Dave Gahan, MG rappelle tous ces interludes éparpillés sur les albums de DM depuis Ultra. Ça n’a forcément pas le même impact, c’est définitivement plus expérimental, mais MG reste tout de même un incontournable.

Ma note: 7,5/10

Martin Gore
MG
55 minutes
Mute Records

http://www.martingore.com

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