Critiques

Marie-Flore

By The Dozen

  • Naïve Records
  • 2014
  • 33 minutes
7,5

by-the-dozen-marie-floreUne petite pop-rock parfois folk à l’accent français chanté en anglais, voici ce qu’offre Marie-Flore. L’auteure-compositrice-interprète parisienne a lancé au début de l’automne son premier album complet, intitulé By The Dozen.

Marie-Flore, c’est son vrai prénom, hérité de deux parents tripeux de musique et amoureux de Joan Baez et sa pièce Marie-Flore. Le vieux rock un peu psyché influence donc la musicienne depuis l’enfance. Elle cite souvent les Velvet Underground comme groupe marquant en entrevue, et la rythmique des guitares sur Feathered With Daggers leur rend hommage.

Produit par Robin Leduc (homme aux mille talents qui serait un équivalent à Philippe Brault, mais en France), By The Dozen fait partie des albums les plus attendus en France pour 2014. C’est que Marie-Flore s’est fait connaître depuis 2009 en assurant les premières parties d’Émilie Simon et de Pete Doherty, retenant les éloges des Inrockuptibles.

L’album s’ouvre sur Number Them, une hymne pop qui évoque le même enthousiasme que 1,2,3,4 de Feist. La suite se fait plus rock, parfois presque psyché. Un coup de cœur pour le refrain de Fancy me? où le dédoublement de la voix de Marie-Flore se répond avec charme. À d’autres moments, By The Dozen se fait country, comme avec la pièce-titre. Vraiment, Marie-Flore joue et compose avec polyvalence. Sa voix d’alto rauque sans être rocailleuse, rappelle celle de Chan Marshall alias Cat Power ou encore à celle de Soko.

SAUF QUE… Est-ce par manque d’originalité ou par désir de satisfaire ses admirateurs des premières heures que Marie-Flore reprend quatre pièces de ses maxis sur son long projet de dix pièces (on s’entend, 4/10, ça fait quand même pas mal)? Empty Walls, paru en 2008, est repris, cette fois avec une voix pas mal plus grave, pour notre bon plaisir, et en formule solo plutôt que duo féminin-masculin. Sybillin King et By The Dozen, pièce-titre du présent album, figurait sur le EP Feathered With Daggers paru en 2012, en version moins pop. Et la pièce Feathered With Daggers, en duo avec Gregg Foreman, n’a pas vraiment évolué entre les deux palettes.

L’ensemble s’écoute bien en bruit de fond, mais manque d’originalité. Même si nous sommes loin d’une musique intellectualisée ou complexe, le tout se révèle efficace. La variété des styles peut être reçue comme une rupture d’une monotonie ou comme un manque de cohésion, tout dépendamment de notre humeur. Pour les fans de Cat Power, de Soko et de nostalgie parisienne.

Ma note: 7,5/10

Marie Flore
By The Dozen
Naïve
33 minutes

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