Critiques

Marie Davidson

Perte d’identité

  • Weyrd Son Records
  • 2014
  • 40 minutes
7,5

a1003091985_10Perte d’identité, premier album solo de Marie Davidson, paru au début avril, se lance dans des atmosphères synthétiques et électroniques variées, avec six pièces plus un remix de Cristobal U & The Mole. Loin de l’électro formaté, Marie Davidson travaille exclusivement avec des claviers et des boîtes à rythmes, pas d’ordi, et propose une dark-synth. Ça promet pour les spectacles!

Prélude. «Je suis/Marie/Davidson/Je vous raconte/Des histoires». Un battement de cœur répétitif, des distorsions qui rappellent les «ohms» des moines tibétains. «Concentrez-vous/sur le son/de ma voix/Détendez-vous».

Si l’entrée en matière est plutôt douce, la deuxième pièce, Abduction, seule pièce en anglais, attaque l’audition, déstabilise. Impossible de ne pas visualiser des stroboscopes qui fusillent une salle de concert remplie de corps extasiés. Marie Davidson a vraiment tout pour inspirer les artistes visuels. Sa musique appelle le mariage avec l’art contemporain. C’est comme si chaque piste devenait une couche de lumière à superposer les unes aux autres pour donner toute la dimension à l’œuvre.

Shaky Leg fait effectivement branler de la patte. Ce n’est pas un rythme pour danser, un peu trop lent, mais n’empêche qu’il y a dans la répétition rythmique, la ligne de claviers, quelque chose de frénétique qui donne envie de se lubrifier les articulations.

Point fort de l’album, Je ne t’aime pas, pièce à la progression extraordinaire, aux couches complexes et hypnotiques. La voix douce et réverbérée de Davidson envoie des paroles qui nous tutoie, qui s’insinue dans les oreilles, entre la sensualité et le grotesque, entre le burlesque et le cauchemardesque. Pour la citer, je n’aime pas, j’adore !

Entre paroles anglaises et françaises, pop et synth-wave, Marie Davidson offre une aventure aux limites de la psychanalyse et du trip de LSD. Paru sous l’étiquette belge Weyrd Son Records, Perte d’identité balance des pièces entre cinq et huit minutes, pour un opus cohérent. Avec l’aide de Pierre Guerineau pour le mixage et la réalisation (aussi l’autre moitié du groupe Essaie pas), Marie Davidson parvient à faire ressentir des émotions, à faire voir des images et des couleurs, bref, à faire vivre.

Saluons au passage Alice Thiel, artiste visuel belge qui signe la pochette de l’album, présentant une Marie Davidson nue dans son bain, les yeux anxieux. L’image colle au sentiment qui émane de l’écoute: une angoisse artificielle, sensuelle.

Le prochain album devrait paraître à l’automne sous l’étiquette Holodeck Records (Texas).

Ma note: 7,5/10

Marie Davidson
Perte d’identité
Weyrd Son Records
40 minutes

weyrdsonrecords.bandcamp.com/album/perte-didentit

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