Critiques

Neil Young & Crazy Horse

Americana

  • Reprise Records
  • 2012
  • 57 minutes
5,5

Après l’opéra rock Greendale paru en 2003, voilà que Neil Young raccroche à nouveau les bons vieux salopards de Crazy Horse, afin de lancer dans les bacs des disquaires, le bien nommé Americana; disque qui collige des standards populaires du répertoire folk américain. Donc, le vétéran Young, accompagné de Billy Talbot (basse), Billy Molina (batterie) et de Frank «Poncho» Sampedro (guitare, orgue) revisite sous une forme de country rock bric-à-brac, typiquement Crazy Horse, des classiques du terroir américain. Fait à noter, Neil Young, qui s’est joint à Crazy Horse en 1968, nous sert sa 34e galette. Productif vous dites?

Ce Americana débute robustement, comme il se doit, avec Oh Susannah et je discerne d’emblée le son unique de Neil Young & Crazy Horse; rythme irrésistiblement binaire, guitares salopées, parfois dissonantes, un country rock au bord de l’écroulement, tant l’exécution peut être défaillante, et cette voix si singulière et nasillarde de Young. La réalisation (y’a-t-il une réalisation?) est rêche et laisse une constante impression d’inachevée, de spontanéité, d’imperfection dans la performance musicale. Tout y est, comme dans le bon vieux temps…

Americana possède à son actif quelques bonnes ritournelles graisseuses. Je fais référence à cette entrée en matière incertaine de Molina à la batterie et ces chœurs masculins douteux de Tom Dula, qui confère à ce morceau, un charme indéfinissable. La version ludique et vitaminée de Get A Job et son air de doo-wop issu des années 50 constitue un must, le tempo quasi paresseux et les solos de guitares portant la marque de Neil Young de High Flyin’ Bird, le rock classique de Jesus’ Chariot et la version country rock de This Land Is Your Land de Woody Guthrie font office de reprises de haut niveau. En contrepartie, les adaptations de Gallows Pole (rien n’arrivera à la cheville de la version zeppelinienne), et de Wayfarin’ Stranger, (moins sentie que l’interprétation offerte par Johnny Cash dans son American Recordings III), ne sont pas à la hauteur de attentes.

Pour être franc avec vous, j’aurais préféré de nouvelles pièces de la part de Young et son Crazy Horse, ce qui met en lumière une certain accablement créatif chez ces musiciens. Même si Americana est une disque rudimentaire et imparfait, j’ai quand même ressenti un irréfutable plaisir à poser mes oreilles sur cette création. Réentendre ces vieux briscards formant Crazy Horse, et ce monument de Neil Young, tenter d’interpréter, parfois maladroitement ces classiques de la musique américaine, m’a fait plus souvent qu’autrement sourire. Un disque qui s’écoute avec une petite froide en main, sur le balcon d’un chalet en pleine canicule… et qui ne passera assurément pas à l’histoire!

Ma note : 5,5/10

Neil Young & Crazy Horse
Americana
Reprise Records
57 minutes

www.neilyoung.com/

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