Critiques

Kristeen Young

The Knife Shift

  • Indépendant
  • 2014
  • 40 minutes
9
Le meilleur de lca

small_RGB-KY-cover-4.6-CMYK_400_400_s_c1C’est une amie d’université qui était fan finie de Bowie qui m’avait sommé en 2003 (chu’ vieux de même, tsé) de me garocher sur l’album Breasticles de Kristeen Young, qui contenait un duo avec le Thin White Duke en personne. C’était un disque excellent et incroyablement difficile à trouver à une époque où l’Internet était pas mal plus décharné en ce qui concerne son matériel téléchargeable en toute illégalité. J’avais quand même réussi à me doubler son disque importé sur une cassette…Non je niaise… sur un CD!

Aujourd’hui, je me trouve un peu crétin de ne pas avoir repensé à cette artiste extraordinaire après cette année-là et ce disque/monstre là, que j’ai d’ailleurs perdu depuis. C’est un article résumant les activités récentes de Dave Grohl dans le Spin qui a fait ressurgir son nom d’outre-tombe, comme le dirait si bien Ben Kenobi à la mention d’Obiwan (ok! ma yeule!): l’ex-cogneur de Nirvana se charge de toute la batterie sur The Knife Shift, septième album de la pianiste/chanteuse du Missouri.

Pour être le plus clair possible, Kristeen Young c’est la voix et la dégaine de Kate Bush, la furie de Siouxsie Sioux, l’agressivité nécessaire de la Tori Amos des débuts avec un zeste de punkitude PJ Harvey-esque et une folie bien à elle. Ne manque que les excentricités vestimentaires de Björk (et ce n’est pas loin d’y ressembler) pour avoir un condensé de 30 ans de féminisme musical en une seule personne.

À l’ère où les pop-stars en g-strings se prennent pour des féministes parce qu’elles font autant de fric que leurs homonymes à casquettes, son retour est un beau gros vent de fraîcheur, pour reprendre une formule galvaudée.

Alors voilà: Boz Boorer (Morrissey) et Lou Rossi aux guitares, Dave Grohl à la batterie et miss Young au piano et surtout à la voix. C’est aussi énergique, complexe et éclaté qu’il y a onze ans sauf que ça tape encore plus fort et ça tire dans tous les sens. Kristeen nous parle de son admiration pour Sasha Grey, qui est selon elle la première pornstar à créer un débalancement du pouvoir machiste dans le fabuleux domaine de la porno (The Pictures Of Sasha Grey). Plus loin, elle parle des rivalités entre jeunes filles de manière aussi poignante que la Tori de Precious Things (Put Down). Il y a tellement de sons et de mots qui nous défilent entre les tympans en tout juste 40 minutes qu’il faut y retourner plusieurs fois avant de bien piger. Ça fait changement de Drunk On Love, hein, Beyoncé?

Enfin. Peut-être que l’association de Grohl au projet sortira Young de l’underground. On souhaite l’entendre à la radio tout le temps en tout cas. Lancez-vous là-dessus sans hésiter si vous le trouvez. C’est un gros, très gros canon.

Ma note: 9/10

Kristeen Young
The Knife Shift
TVPI/Indépendant
40 minutes

kristeenyoung.com

Exprimez-vous!