Critiques

Kiasmos

Kiasmos

  • Erased Tapes
  • 2014
  • 51 minutes
8
Le meilleur de lca

ERATP062_cover_indexDe l’électro pour stimuler la créativité: voilà ce que propose le duo Kiasmos avec leur premier album homonyme. Composé de l’Islandais Ólafur Arnalds et du Féroïen Janus Rasmussen, Kiasmos s’inspire des grandeurs des paysages de leur île natale et d’une passion commune pour l’électro minimaliste et expérimentale.

Ce premier album marie le bagage néo-classique d’Ólafur Arnalds, mieux connu pour les bandes sonores (Another Happy Day, entre autres) qu’il conçoit et pour ses collaborations avec le pianiste berlinois Nils Frahm, avec l’électro-pop de Janus Rasmussen, membre du groupe Bloodgroup. L’opus se retrouve donc au confluent entre l’électro ambiant et le house, la musique contemplative et l’envie de road-trip.

Kiasmos s’articule en huit titres, tous nommés par des verbes au passé, symptôme d’une nostalgie assumée? La première pièce, Lit, clignote de rythmes jusqu’à la troisième minute treize secondes où soudain entre en scène le piano à queue joué par Arnalds et le quatuor à cordes. Rupture stylistique, impression de flotter. Le charme de Kiasmos réside dans cette capacité à surprendre, à allier les ambiances qui, vite comme ça, on ne juxtaposerait pas.

Held, elle, ne retient pas l’attention, musique-tapisserie qu’on ne voit plus, mais qui rassure. Looped tient bien son nom, boucle mélodique variant en intensité. Swayed se rapproche le plus d’une pièce à danser, sans toutefois aller chercher l’intensité nécessaire. Les morceaux s’enchaînent en un sinueux voyage qui fait espérer la première neige. Vraiment, Kiasmos n’offre pas de pièce faible, mais un tout cohérent, une unité d’album bien rare. Malgré tout, les procédés se répètent d’une pièce à l’autre et l’effet peut être méditatif pour certains, lassant pour d’autres.

Thrown, pièce centrale et la plus longue de l’album (neuf minutes), retrace bien les influences «arnaldiennes», avec les violons lancinants, mélancoliques qui évoquent le sublime For Now On I Am Winter. En fait, cette pièce résume l’album à elle seule: le piano à queue d’Arnalds, le quatuor à cordes de Reykjavik, le «drum box» de Rasmussen accompagné d’un batteur en chair et en os et les bidouillages par couche alternante, ressac mélodique délicat et complexe à la fois.

Burnt, conclusion de l’album, est un long crescendo de neuf minutes qui se termine dans les vingt dernières secondes par un piano pianissimo, notes cristallines qui s’évaporent de nos tympans.

Le total de Kiasmos n’est ni révolutionnaire ni générique, musique pour écrire, musique pour lire, musique pour vivre; un cinquante minutes d’expérience sonore et émotive tout en subtilité. La collaboration Arnalds-Rasmussen mérite d’être gardée à l’œil, en attendant le chef d’œuvre annoncée par les pièces Thrown et Burnt.

Ma note: 8/10

Kiasmos
Kiasmos
Erased Tapes
51 minutes

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