Critiques

Justin Timberlake

Man of the Wood

  • Sony Music
  • 2018
  • 66 minutes
6,5

Après des mois à nous titiller sur les réseaux, Man of the Wood est arrivé ! Nous retrouvons pour ce cinquième album un homme inspiré par sa famille et son lieu d’origine : son fils Silah, sa femme Jessica Biel et son Tennessee natal. De prime abord, cela paraît mielleux et traditionnel, mais fidèle à son habitude Justin Timberlake va plus loin.

L’artiste était attendu sur sa direction artistique, à tel point que les médias nous annonçaient un album country dès la sortie du clip et du making-of éponyme. C’était mal le connaître. Si l’on retrouve effectivement cette influence, je dirais plutôt qu’il y fait subtilement honneur en déclinant sa palette de sonorité : nuancée folk sur Say Something feat. Chris Stapleton (dont le clip est un petit bijou), plus brute sur Sauce avec un riff de guitare tirant sur le blues ou à coup d’harmonies vocales sur plusieurs morceaux dont Livin’ Off the Land qui reste pour moi une des belles surprises de l’album (rythmique très efficace).

La proposition est donc plus large. Elle explore nombre de références, traverse les époques et nous rappelle l’artiste R&B qu’est Justin Timberlake. Timbaland nous avait prévenus que cet album serait surprenant !

Mais entre toutes ces sonorités, je retrouve le même sentiment qu’à chaque nouvel opus. Mon écoute est dérangée par des transitions que je trouve brutales. Certains morceaux sont si efficaces – Filthy dont la ligne de basse parfaite nous envoie dans un monde futuriste, ou Higher Higher et Montana au son chaud et la dynamique sensuelle – que les autres paraissent fades. Quel est le fil conducteur ?

Je réalise rapidement que la compréhension se fait à travers les textes qui contient l’histoire d’une rencontre et son évolution, rendant évidente une chronologie liée à l’inspiration du chanteur. L’interlude Hers interprété (parlé) par sa femme marque un vrai tournant dans ce thème de la relation amoureuse. Il ouvre un dernier chapitre dont la réflexion porte sur l’engagement et les responsabilités, chapitre d’ailleurs clôturé par Young Man où l’on entend cette fois la voix de leur fils. Les textes sont habiles, certains plus poétiques, et méritent une lecture pour bien les comprendre. L’artiste sait où il veut nous emmener et dose savamment l’ambiance de chaque titre.

Man of the Wood est dans la lignée de ce que Justin Timberlake nous offre depuis 2002 : un album ancré dans le présent, mais nourri de multiples influences. Le contenu est assez lourd (16 titres) et il faut s’accrocher pour entendre et digérer tout ce qu’il s’y passe. Mais il mérite que l’on s’y plonge plusieurs fois afin de découvrir la finesse de sa production. Et si l’on retrouve à nouveau (entre autres) The Neptunes, Timbaland et Danja à la production, l’album est singulier et marque une nouvelle étape dans la carrière du chanteur.

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