Critiques

Jean-Michel Jarre

Electronica 1 The Time Machine

  • Columbia Records
  • 2016
  • 69 minutes
8
Le meilleur de lca

J’ai découvert Jean Michel Jarre avec Rendez-vous Houston (1986), un concert à grand déploiement qui (pour un enfant) contenait surtout des lasers et des claviers qui s’illuminent. Mais c’est dix ans plus tôt, avec Schaeffer et Stockhausen en tête, qu’il a publié Oxygène (1976) et une série d’albums subséquents qui l’ont amené à sa renommée internationale. En octobre, Jarre revenait d’une pause de huit ans (Téo & Téa en 2007) avec Electronica 1 The Time Machine, un projet ambitieux rassemblant quinze collaborateurs qui ont eux aussi marqué la musique électronique à leur façon.

On reconnaît rapidement la touche ambiante synthétique de Jarre et la rythmique de club de Boyz Noise avec The Time Machine. Ça s’annonce comme un album dance, mais non, Glory, en duo avec M83, change complètement l’ambiance avec une balade électro nostalgique; spécialité de Gonzalez. Close Your Eyes élève le niveau d’un cran, d’une part parce que c’est avec AIR, mais également parce que les trois compositeurs revisitent Autobahn en la mélangeant avec Venus; c’est parfait. Automatic (part 1) et (part 2) reprend le momentum laissé à la première pièce et nous donne droit à toute une rencontre entre Jarre et Vince Clarke. C’est à faire baver les amateurs de synths rythmés début 80s.

La pièce If..! tombe dans l’électro-pop bonbon cute et léger, en duo avec Victoria Christina Hesketh, alias Little Boots, ou semi clone de Debby Harry. Le duo anglais Fuck Buttons fait plutôt dans la trame épique avec Immortals; gros beat et orchestre de synths. Suns Have Gone et Moby marque un sommet sur l’album: l’orgue Hammond en arpège, les paroles, le chant, le rythme disco un peu techno, c’est ma-la-de! Le français Gesaffelstein nous offre Conquistador, une sorte de pièce électro industrielle au ralenti, mi-90s. Travelator (part 2) mélange le dance et le rock, en duo avec le guitariste Pete Townshend de The Who.

Tangerine Dream développe Zero Gravity progressivement, quelque part entre Pink Floyd et Vangelis, de l’ambient et du new age; c’est très bien fait. La simplicité de Rely On Me détone du reste de l’album, l’interprétation singulière de Laurie Anderson aide à faire lever l’idée, mais ça manque de finition. Stardust simule parfaitement la rencontre entre l’italo disco et le techno, avec Armin va Buuren cette fois-ci. Watching You, plus posée, revient sur terre avec un beat tribal de Massive Attack. John Carpenter nous fait un clin d’œil avec sa trame dramatique A Question Of Blood. The Train & The River termine l’œuvre avec la virtuosité du pianiste chinois Lang Lang, et la synthèse rythmique de Jarre.

Cet album aurait tellement pu donner n’importe quoi, et bien que ça aille dans toutes les directions, l’idée principale de Jarre est maintenue: la «time machine» nous fait survoler quarante ans de musique électronique à travers quinze univers sonores. Inutile de dire qu’il y en a pour tous les goûts.

MA NOTE: 8/10

Jean Michel Jarre
Electronica 1 The Time Machine
Columbia Records
69 minutes

http://jeanmicheljarre.com

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