Critiques

The Gaslight Anthem

Handwritten

  • Mercury Records
  • 2012
  • 41 minutes
4,5

En 2010, j’avais assisté à leur prestation au festival Osheaga et j’avais apprécié la détermination, l’enthousiasme, de même que la fougue et le charisme dont faisait preuve sur scène, la formation rock basée au New-Jersey, nommée The Gaslight Anthem. La semaine dernière, le quatuor, qui donne dans un rock prolétaire, aux influences totalement springsteenienne, faisait paraître son quatrième album titré Handwritten. La création, réalisée par Brendan O’Brien (Springsteen, Pearl Jam, Soundgarden), laisse en arrière-plan les sonorités punk old school à la Clash/Replacements afin de mousser les refrains fédérateurs à la The Boss. Déjà que l’ensemble sonnait pas mal Springsteen

Ça débute rondement avec «45», un pop-rock radiophonique peu subtil mais opérant. Suit la pièce titre Handwritten dont la mélodie colorant le pont est un calque complet de Dancing In The Dark du Boss… Ouf! Après l’anonyme Here Comes My Man, survient la meilleure ritournelle de la galette avec Mulholland Drive: une chanson au refrain imparable qui s’incruste en entier dans le cortex cérébral. Bravo!

Par la suite, ça se gâte dangereusement avec une série de chansons faussement fédératrices et répétitives qui ont plus à faire avec le meilleur de Bon Jovi que le pire de Bruce Springsteen! Vous voulez des titres? Allons-y! La surenchère émotive de Keepsake, l’interprétation surfaite du chanteur Brian Fallon dans Too Much Blood, la rock FM mille fois entendue de Biloxi Parish et Desire; un morceau qui sonne comme si un star académicien venait de découvrir le rock! Accablant! La galette se termine raisonnablement avec Mae; piste qui s’approche discrètement de l’univers musical des Replacements et la ballade folk titrée National Anthem. Acceptable!

Ce qui restreint l’impact musical de ce Handwritten, c’est indubitablement la réalisation destinée aux radios rock de la bande FM. Exit les intentions sonores punk qui pouvaient, à l’occasion, enjoliver les chansons de The Gaslight Anthem, et ce, afin de faire place au gonflement artificiel du potentiel commercial du groupe. Du début à la fin, j’ai eu la douloureuse impression d’entendre inlassablement la même chanson! Les fans de pop-rock commercial sauront apprécier ce qu’ils considèreront comme un disque émouvant; mais malheureusement pour moi, cet effort est un net recul dans la carrière du groupe. Une création gonflée à l’hélium!

Ma note : 4,5/10

The Gaslight Anthem
Handwritten
Mercury Records
41 minutes

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