Critiques

Eno.Hyde + Brian Eno

High Life

  • Warp Records
  • 2014
  • 41 minutes
7

Eno_•_Hyde_-_High_Life_Cover_ImageAu mois de mai dernier, le duo électro vieillissant Eno.Hyde unissait conjointement ses efforts en présentant Someday World; une création électro-pop fort convenable. Puisque Brian Eno et Karl Hyde (Underworld) semblent s’être amusés comme larrons en foire, les deux créateurs ont décidé de poursuivre l’aventure en y allant d’un deuxième rejeton (en pratiquement moins d’un mois) intitulé High Life. Cette fois-ci, Eno.Hyde nous suggère une sitedemo.cauction plus organique et nettement plus planante que la précédente tentative.

… et c’est quand même un peu plus captivant que ce qui avait été sitedemo.caigué sur Someday World. On note une approche plus cannabisante/narcotique, même si certaines idées évoquées auraient eu avantage à être un peu plus explicitées. On pense entre autres à la conclusive/soporifique Cells & Bells dont la linéarité mélodique est franchement lassante. Ceci dit, Eno.Hyde sort du carcan limitatif accessible imposé sur Someday World afin d’y aller d’un disque, qui sans être révolutionnaire, est résolument amusant et stimulant.

Les grooves sont répétitifs/enivrants et Hyde adopte une approche vocale relâchée sur certaines pièces, ce qui met en relief l’aspect anesthésiant qui différencie clairement cette sitedemo.cauction de la précédente. Un aficionado de tabac qui fait rire saura apprécier cette création à sa juste valeur. Il y a nettement plus de chaleur et de vivacité sur ce High Life comparativement à ce qui a été conçu sur Someday World.

Le tandem réussit de belle façon à créer un équilibre entre une instrumentation dite traditionnelle (guitare électrique, percussions, orgues, etc.) et l’utilisation de rythmes et arrangements synthétiques (un peu déjà vu), mais qui fertilisent persuasivement certains morceaux. Les deux musiciens s’expriment musicalement sans trop de contraintes et ça s’entend clairement, mais certaines ritournelles auraient mérité un travail sonore plus assidu et consciencieux. On fait référence à l’énorme potentiel mélodique sous-exploité sur Lilac (qui demeure somme toute un morceau fort appréciable)… mais qui aurait pu se transmuter en une véritable bombe musicale si Eno et Hyde avaient su propulser le crescendo instrumental final dans la stratosphère; une légère impression de coït interrompu est venue amoindrir l’appréciation de cette pièce.

Qu’à cela ne tienne, Eno.Hyde frappe dans le mille sur l’électro rock Return, la funkisante Dbf, sur le petit penchant reggae évoqué sur Time To Waste It ainsi que sur la très drum & bass titré Moulded Life. Brian Eno et Karl Hyde sont définitivement à leur summum sur ces quatre titres. Du bon travail.

Certains mélomanes pourraient faire la fine bouche à l’écoute de ce disque, car il faut bien avouer que lorsque l’on fait référence à ces deux pointures de la musique électronique, nous sommes en droit d’obtenir des sitedemo.cauctions de haut niveau de leur part. Remis dans un contexte de fécondité créative et de recherche sonore accentuée, ce High Life fait éloquemment le travail. Un bon disque de vieux briscards!

Ma note: 7/10

Eno.Hyde
High Life
Warp Records
41 minutes

www.enohyde.com

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