Critiques

Dresden + Maxime Corbeil-Perron

Feathers Of Ecstasy

  • Indépendant
  • 2015
  • 41 minutes
7,5

DresdenD R E S D E N est un nouveau projet électro de Montréal qui vient tout juste de sortir son premier album, Feathers Of Ecstasy. Dès la première écoute, ça ne prend que quelques secondes pour apprécier le savoir-faire derrière la sitedemo.cauction; c’est superbement espacé, c’est propre comme du techno minimaliste, et sale comme de l’expérimental. Bref, il y en a pour toutes les oreilles (numériques).

Glass Edges débute le disque sur des impulsions électroniques, façon «techno progressif». Les cymbales échantillonnées lui donnent d’abord une couleur jazz, et se développe jusqu’à un point culminant flottant au-dessus d’une distorsion post-rock. C’est excellent. Yellow Tiger est nettement plus douce; basses sous-marines, synthèse chaleureuse, rythme minimaliste, ça fait penser à Uwe Schmidt et son projet Atom TM, mais avec une fin plus expérimentale. La pièce titre repose sur une mélodie jouant en boucle, et dont les délais déforment progressivement le rythme jusqu’à en défigurer la pièce. Le principe semble simple à la première écoute, à moins d’avoir entendu Come Out de Steve Reich, par hasard, pour pouvoir apprécier l’exercice à sa juste valeur.

À plus de quatorze minutes, Monolyth nous amène officiellement dans les contrées électroacoustiques, avec une succulente brochette d’échantillons percussifs déployés comme au tam-tam le dimanche après-midi. La transition vers le dernier tiers est d’une progressivité admirable, mais une fois arrivée là, il y a un creux qui peine à se remplir avec une boucle un peu trop répétitive. Nocturne fait sourire avec son effet exagéré de vieux vinyle grafigné et d’aiguille sautillante, excellent prétexte pour faire un montage sonore très bien saccadé. Néanmoins, la mélodie répétée aussi souvent sans aucune pause fatigue l’oreille, et prend le dessus sur le travail accompli. Outro termine l’œuvre sur un échantillon joué en boucle, façon vinyle qui saute également, citant «I love you». C’est joli.

Feathers Of Ecstasy fait une très bonne première impression, la musique passe d’abord comme de «l’ambient progressif» patiemment structuré. Les sommets sont adoucis, on y passe sans trop de surprises, et en ce sens, ça aurait pu exploser davantage. L’effet de montage en boucle y est sans doute pour quelque chose, mais n’empêche pas l’idée d’aboutir. Écouté plus attentivement par la suite, l’album révèle un sens du rythme absolument génial, faisant croiser par exemple du «glitch» avec des percussions africaines comme s’il n’y avait rien de plus naturel. Cette facilité laisse espérer de biens belles choses dans le futur de D R E S D E N, pourvu que la barre soit relevée à la hauteur de leur talent.

Ma Note: 7,5/10

Dresden
Feathers Of Ecstasy
Indépendant
41 minutes

http://dresdeninmontreal.bandcamp.com/releases

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