Critiques

Corey Gulkin

All the Things I’ll Forget

  • Indépendant
  • 2018
  • 28 minutes
7

Corey Gulkin se nommait jusqu’à tout récemment Corrina Rose. Pour ce deuxième album, elle a délaissé le pseudonyme pour revenir à son nom de naissance. La jeune femme fait partie de la scène montréalaise depuis un bon bout de temps. Elle possède à son actif deux EPs et un album titré Northeast SouthwestAll the Things I’ll Forget était pour sa part lancé à la fin du mois de janvier.

La chanson-titre parue avant les fêtes avait piqué notre curiosité. On retrouvait Gulkin sur un rythme et un type de parole qui n’est pas étranger à Sun Kil Moon. Par contre, elle est plus mélodieuse dans sa voix et un peu moins concentrée à raconter une histoire du point A au point B. Déjà, on y entendait des sonorités intéressantes et beaucoup de beauté. Une beauté qui se transporte sur l’ensemble de l’album où les montées nuancées sont délicieuses et les mélodies oscillantes entre l’accroche efficace et les sentiers vierges.

On y trouve aussi des influences variées allant de mélodies qui rappellent Joanna Newsom à des influences d’une frange plus pop du folk. Under the Covers est l’une des chansons qui frappe par son potentiel à plaire à tous, sans faire de compromis artistique. La guitare électrique qui agit comme un couteau à chacune des notes avant de partir dans un mini-solo assez bruyant, l’accumulation d’instruments percussifs et la voix douce et chaleureuse de Gulkin en font une pièce franchement réussie.

Gulkin sait se faire aussi dénudée comme Hail the Creator où sa voix est en solitaire pendant la première minute. Et lorsque la batterie entre en jeu et qu’une deuxième voix l’accompagne en harmonie, l’ensemble prend une tournure mystique bien intéressante. Par contre, certaines chansons frappent un peu moins dans le mile. It’s Not malgré ses nuances musicales intéressantes tombe un peu à plat. Pourtant les ingrédients sont là pour que le résultat soit intrigant. Mais voilà, on dirait que la montée ne réussit pas à s’établir complètement et ça tombe. Ce n’est pas la seule fois sur All the Things I’ll Forget que Corey Gulkin semble passer un tout petit peu à côté du potentiel de la chanson. Souvent, c’est que la montée arrive à la toute fin et elle semble un peu précipitée. On en aurait pris davantage.

All the Things I’ll Forget est tout de même un album fort intéressant de la part de Corey Gulkin. La jeune montréalaise nous surprend à plusieurs moments avec son folk émouvant et champ gauche. Si vous avez un petit faible pour Joanna Newsom, vous risquez de vous y plaire.

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