Critiques

CocoRosie

Heartache City

  • Indépendant
  • 2015
  • 42 minutes
7,5

CocoRosieUn sixième album déjà pour les sœurs Casady qui font paraître cette semaine Heartache City; disque enregistré dans une ferme située dans le sud de la France. En 2013, la paire avait fait paraître Tales Of A Grass Widow qui voyait CocoRosie mettre de l’avant l’aspect électro de leur musique. Une bonne création dans l’ensemble, légèrement trop bourrative et un peu lassante. La cause? Les mélodies infantiles qui peuvent parfois taper sur les nerfs… Cette fois-ci, Bianca et Sierra ont enregistré cet album avec un équipement complètement minimaliste, se servant de vieux jouets et d’instruments séculaires.

CocoRosie a été souvent comparé (non sans raison) à Björk et il se fait franchement pire comme ascendant, on s’entend. Cela dit, ce Heartache City fait admirablement bien le travail. L’utilisation parcimonieuse des différents instruments propulse les mélodies des Casady à un niveau d’efficacité décuplée tout en conservant intacte la singularité mélodique du tandem. Le dépouillement sonore force l’écoute attentive et on devient béat d’admiration face à ce petit bijou qui ramène les chansons à l’essentiel… et c’est de cette manière qu’on apprécie l’effort senti de CocoRosie.

Les sobres percussions, les mélodies hautes perchées/inusitées (mais nettement mieux ramassées), le folk et quelques éléments électros se côtoient afin d’offrir au mélomane une courtepointe sonore aussi méditative qu’accessible. L’émotion pure est la grande gagnante de cet exercice, et ce, au détriment de la surenchère musicale et mélodique, ce qui nous permet d’apprécier encore plus l’indéniable talent de CocoRosie.

Ce qui frappe à l’écoute de cette sitedemo.cauction, c’est sans contredit le superbe travail de mixage du proche collaborateur Nicolas Kalwill qui a oeuvré sur les deux disques précédents. Chaque instrument utilisé est clairement entendu et bien positionné dans le mix, ce qui permet aux voix des sœurs Casady de prendre leur pleine expansion. De la besogne de pro, aucun doute là-dessus!

Ce Heartache City est bon du début à la fin et parmi les pièces prisées par votre vétéran scribe de service, on a noté le simple Un Beso, la voix mi-parlée mi-chantée dans la frissonnante Lost Girls, la ballade pianistique champ gauche Heartache City, l’orchestrale Bed Bugs, le folk dépouillé agrémenté d’une trompette bancale et de bruits de fond insolites titré Big And Black ainsi que la conclusion mélancolique intitulée No One Knows She Goes There.

Oui, ce Heartache City est une fort agréable surprise auditive. Franchement, on ne s’y attendait pas. C’est pour cette raison que Le Canal Auditif existe. C’est ce genre de cadeau musical qui fait réellement plaisir. Voilà de la pop inhabituelle qui nous réconcilie avec le genre. C’est juste beau.

Ma note: 7,5/10

CocoRosie
Heartache City
Indépendant
42 minutes

http://www.cocorosiemusic.com

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