Critiques

Basia Bulat

Good Advice

  • Secret City Records
  • 2016
  • 36 minutes
7

Basia BulatConsidérée comme une artiste folk à part entière depuis ses débuts, la Canadienne Basia Bulat a fait paraître trois solides albums depuis le début de sa carrière: Oh, My Darling (2007), Heart Of My Own (2010) et Tall Tall Shadow (2013). Les deux premières parutions ont été sélectionnées pour les listes du prix Polaris et le tout dernier faisait partie des albums choisis pour le meilleur album adulte alternatif des prix Junos, édition 2014. L’auteure-compositrice-interprète, originaire de London, Ontario, faisait paraître vendredi dernier son nouveau-né titré Good Advice.

Réalisé par le fort respecté Jim James (My Morning Jacket), Basia Bulat surprend avec un virage pop très accentué détenant quelques relents de psychédélisme. Good Advice détonne franchement par rapport à tout ce que l’artiste avait conçu auparavant. Nettement plus orchestré avec l’ajout de percussions, d’une basse (très seventies), de guitares électriques, de claviers et même de saxophone, Bulat propose une création dont l’accent pointe vers des atmosphères pop-psychédélique… un peu comme peut parfois le suggérer Florence + The Machine, mais en clairement moins puissant/passionné.

Bulat et James se sont rencontrés à l’arrière-scène de l’émission Austin City Limits et le coup de foudre créatif s’est immédiatement manifesté entre eux. Bulat a composé seule ses chansons et James a mis sur pied une formation pigée parmi les meilleurs musiciens de Louisville, Kentucky; lieu de résidence du réalisateur. La signature de James domestique largement le son d’ensemble de ce Good Advice, au point où l’interprétation de Bulat en souffre quelque peu. Rien de bien grave, puisque ce qui est perdu en authenticité gagne en efficacité mélodique.

Vous commencez à bien connaître votre humble scribe. L’avenue plus raffinée, optée par Bulat et James, m’a légèrement contrarié, mais dans le contexte d’une orientation pop bien assumée, Good Advice est une réussite. James fait un travail de réalisation de pro (comme je m’y attendais), permettant ainsi à Bulat de séduire le mélomane plus consensuel. C’est de la pop de qualité, pas de doute là-dessus, même s’il manque une charge émotive sentie par moments.

Quelques chansons font le travail. Je pense à la rétro (un peu Motown) La La Lie, la pop sixties Long Goodbye, la pièce-titre Good Advice, le refrain imparable de l’extrait Infamous, la sexy et curieusement prenante (mixture de saxophone et de clavier réussi) The Garden ainsi que la conclusive, remplie d’espoir, intitulée Someday Soon. Je ne me suis pas extasié outre mesure à l’écoute de cette sitedemo.cauction, mais Bulat ralliera de nouveaux adeptes avec ce Good Advice. Un disque pop tout à fait comestible et il n’y a rien de mal à ça!

Ma note: 7/10

Basia Bulat
Good Advice
Secret City Records
36 minutes

http://basiabulat.com/

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