Critique : The Pains Of Being Pure At Heart – The Echo Of Pleasure - Le Canal Auditif

Critique : The Pains Of Being Pure At Heart – The Echo Of Pleasure

Après Belong paru en 2011, la formation noise-pop américaine The Pains Of Being Pure At Heart lançait le déficient Days Of Abandon (2014). Un disque beaucoup trop assagi qui manquait de décapants sonores. Quand le groupe se prend pour The Jesus And Mary Chain, il est à son mieux. Quand le quatuor essaie de pasticher le son des Smiths, ça ne fonctionne pas du tout. Pourquoi ? Parce que les chansons enfantines du meneur Kip Berman atteignent la cible lorsque le son d’ensemble est abrasif, camouflant ainsi les faiblesses techniques et mélodiques du musicien.

Pour ce 4e album, intitulé The Echo Of Pleasure, TPOBPAH fait de nouveau confiance à Andy Savours (My Bloody Valentine, The Kills, etc.), celui-là même qui était derrière la console pour le précédent effort. Entre Days Of Abandon et cette nouvelle sortie, Berman et sa conjointe ont mis au monde un premier enfant, ce qui modifie énormément les perspectives créatives. En fait, ça change tout !

The Echo Of Pleasure est l’œuvre d’un groupe mature… et ce n’est pas nécessairement une excellente nouvelle. Si les trois premières pièces (My Only, Anymore et The Garret) laissaient présager le meilleur, l’infantile et navrante When I Dance With You nous irrite tant ce qui est proposé est d’une ringardise consommée. Voilà une chanson qui aurait pu paraître sur la trame sonore de Pretty In Pink, un long-métrage paru en 1986 !

Et la suite ne s’arrange guère. Jusqu’à la fin, les mièvreries s’enchaînent. C’est bourré de bons sentiments, de mélodies gnangnans, de changements d’accords prévisibles, ce qui fait que lorsque tout s’arrête, on se réveille l’écume à la bouche, les idées confuses, avec l’envie d’écouter en boucle Psychocandy des frères Reid.

Pour une The Garret, qui évoque avec respect le son d’Echo & The Bunnymen, vous entendrez une So True qui, malgré la participation de Jen Goma des excellents Sunny Day In Glasgow, fait office de ritournelle publicitaire qui pourrait aisément promouvoir une nouvelle émission « hip » diffusée sur le Canal Évasion… Anymore est solide même si elle sonne très My Bloody Valentine. La ballade conclusive, Stay, aurait obtenu la note de passage si ce n’était de l’interprétation « hypersensible » et surjouée de Berman.

Est-ce que le déclin de TPOBPAH était prévisible ? Tout à fait. Dès les deux premiers disques, énergiques et incisifs, l’insuffisance de créativité et les carences techniques du meneur, Kip Berman, étaient visibles depuis mon balcon déglingué de la rue Cartier à Montréal. Alors, les fans, s’il en reste, ce nouvel album devrait vous achever et les autres, comme moi, se tourneront vers du vieux stock plus costaud et pertinent.

C’est bien beau d’avoir le cœur pur, mais il faut aussi y mettre un peu de détermination…

Ma note: 4/10

The Pains Of Being Pure At Heart
The Echo Of Pleasure
Painbow Music
40 minutes

http://www.thepainsofbeingpureatheart.com/

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