Critique : Morrissey – Low In High School - Le Canal Auditif

Critique : Morrissey – Low In High School

On peut ne pas être en accord avec les prises de position de Steven Patrick Morrissey, mais force est d’admettre que le monsieur n’est pas un pleutre, assumant pleinement les conséquences de ses coups de gueule. En 2014, le « Moz » avait fait paraître le potable World Peace Is None Of Your Business; un disque caustique, comme il se doit, d’une franchise respectable, malgré la mauvaise foi qui a toujours fait partie du personnage. L’artiste ne fait pas dans la dentelle.

La semaine dernière, l’ex-chanteur des Smiths était de retour avec une 11e création en mode solo intitulée Low In High School. Toujours réalisé par Joe Chiccarelli – l’homme derrière le précédent effort du bonhomme – enregistré dans deux studios réputés, ce Low In High School, sans être un total navet, n’atteint pas les standards auxquels nous a habitués Morrissey.

Même s’il chante toujours aussi bien à l’approche de la soixantaine, modulant admirablement bien sa voix de crooner en colère, Morrissey perd en crédibilité en raison de cette production pompeuse et maniérée, bourrée d’arrangements douteux. Low In High School est tout simplement un album « sur-produit ».

Cette fois-ci, l’auditeur est plongé dans un univers « adulte contemporain » où certains choix artistiques laissent à désirer. La ballade pianistique In Your Lap remémore le travail d’un Billy Joel en format « années 80 » et ce n’est pas un compliment. The Girl From Tel-Aviv Who Wouldn’t Kneel est une sorte de tango occidentalisé de mauvais goût. Si on ajoute à ces inutilités la conclusive Israel – prononcé subtilement « Isra-Hell » par le « Moz » – sur lequel le chanteur qualifie ceux qui critiquent certaines politiques de l’état hébraïque de jaloux, on se retrouve sans conteste devant une œuvre oubliable.

Ce qui tue l’enthousiasme que j’aurais pu avoir pour ce disque, c’est cette facture musicale ampoulée qui, combinée aux propos de Morrissey, lasse complètement. Cela dit, cet album n’est pas un désastre absolu. Jacky’s Only Happy When She’s Up On Stage est assez explosive, la conclusion dépouillée d’I Bury The Living ramène le chanteur dans un territoire appartenant aux Smiths et le petit côté gospel – symbolisé par des clappements de main servant de rythme à la chanson – dans All The Young People Must Fall In Love, met habilement en vedette Morrissey, le mélodiste.

Malheureusement, ces quelques moments valables ne font pas de cette production une réussite. Au cours des quelques auditions que j’ai accordées à ce disque, j’ai eu l’impression d’écouter une création de Meat Loaf plutôt qu’un album de Morrissey et ça aussi, ce n’est pas un compliment. Son disque le plus faible en carrière…

Ma note: 5/10

Morrissey
Low In High School
BMG
53 minutes

http://morrisseyofficial.com/

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