Critique : Moon Duo - Occult Architecture Vol.1 - Le Canal Auditif

Critique : Moon Duo – Occult Architecture Vol.1

Plusieurs duos nous ont prouvé que le rock ce n’est pas une histoire d’avoir le plus de guitares à manche double ou un kit de batterie de 813 morceaux. Chaque fois que j’écoute The Kills, The White Stripes ou Ponctuation ça me le reconfirme. Moon Duo, composé de Ripley Jonhson et de Sanae Yamada, continue de prouver que du rock ça peut se faire à deux, avec l’aide du batteur John Jeffrey tout de même.

Pour ce qui est des influences de l’album, nous sommes en terrain connu pour le groupe originaire de Portland, Oregon. Rock, stoner, psychédélisme et post-punk sont mélangés avec maîtrise. Est-ce qu’ils ont réussi à échapper au pastiche? Certainement, mais ils ne réinventent pas la roue non plus. Leur nouvelle galette Occult Architecture Vol.1 est la première partie d’une aventure sonore « épique » selon le groupe. L’écriture et la composition ont été orchestrées autour du concept du Ying et du Yang. Le Volume 1 est associé à la noirceur représentée par le Ying, ce qui explique sa sortie hivernale pour rappeler les longues nuits de l’hémisphère nord. Le Ying symbolise également la féminité. En apprenant cela, j’aurais aimé entendre la voix de Sanae Yamada avec plus d’emphase. Malgré son ton grave et suave très intéressant, elle ne fait qu’assister Jonhson.

Petit conseil : écoutez-le au volume maximal disponible pour bien foncer dans le mur de son que le groupe s’évertue bâtir. Pendant de longues minutes, on ne fait qu’entendre un jam tribal futuriste. La batterie de Jeffrey est imperturbable pendant que claviers et riffs de guitare se perdent dans une brume de distorsion, particulièrement dans Cult of Moloch. Amateurs de musique répétitive, vous serez servis avec la transe dans laquelle Moon Duo veut vous plonger.

Ce n’est pas dénigré les habilités de Jonhson à la guitare, mais Yamada vole souvent la vedette avec ses synthétiseurs. Que ce soit avec ses solos (Cold Fear) ou pour structurer des pièces en entier (Will Of The Devil). En somme, les meilleurs moments de l’album sont quand les rythmes répétitifs se déchainent : les claviers instantanément entrainants de Cross-Town Fade et l’épopée de 10 minutes et plus de White Rose. On croirait entendre Joy Division qui aurait pris un détour psychédélique avant de devenir New Order.

Bien que n’étant pas mémorable, Occult Architecture Vol.1 est un album de qualité. L’univers sonore riche, les textes mystiques créent un univers rétrofuturiste sans difficulté. Plus on l’écoute, plus on en découvre les détails et les qualités. Le Volume 2 est à surveiller, tout comme leur passage à Montréal le 24 avril prochain à la Sala Rossa.

Ma note: 7,5/10

Moon Duo
Occult Architecture Vol.1
Sacred Bones Records
47 minutes

http://moonduo.org/

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