Critique : Gabriella Cohen - Full Closure and No Details - Le Canal Auditif

Critique : Gabriella Cohen – Full Closure and No Details

Directement venu du pays de Skippy le Kangourou, l’Australienne Gabriella Cohen nous propose un premier album titré Full Closure and No Details, un album noirci par des relations amoureuses toxiques. Anciennement du groupe garage pop The Furrs, l’artiste se lance dans l’aventure solo pour y montrer ses crocs. Et quelques coups de boxes… Explications.

Règle générale, le disque de Cohen se montre structuré. La lignée artistique est constante et l’on distingue rapidement le côté grinçant que la chanteuse voulait donner à ses chansons de ruptures. Le titre de la galette le dit assez bien. Full Closure and No Details… Le but est de montrer cette idée désordonnée des relations de couple et de la rupture. Cohen livre plusieurs ballades qui ne se veulent pas nécessairement jojo, je vous l’accorde. Par contre, elle y met toute l’honnêteté et l’humanité possible. Et pour ça, on lui lève notre chapeau. Aidé de sa voix rauque, on embarque facilement dans l’univers très lo-fi de la chanteuse. Sur Beaches, l’artiste se lance dans des instrumentations estivales et brutes, où elle va droit au but. Par contre, sur la pièce Sever The Walls, Cohen y ajoute une saveur rock des années 50, pas déplaisante du tout aux oreilles. Quant à Yesterday, elle joue sur les intonations vocales tout en rajoutant des effets shoegaze très bien exécutés.

Ce qu’on pourrait reprocher à ce premier projet est l’aspect répétitif des chansons. Tout ce qui se ressemble s’assemble… oui, c’est vrai. Cela dit, les pistes de Cohen possèdent beaucoup de choses en commun, en ce qui concerne la production. La guitare électrique distorsionnée occupe une place trop prédominante dans l’ensemble du disque. Il aurait été intéressant de jouer sur d’autres instruments, ou de simplement nuancer celle-ci, pour apercevoir des facettes différentes de la compositrice. Chose qu’on a commencé à faire sur Piano Song ou This Could be Love. Ce sont, à mon avis, deux titres lumineux à travers les accords musicaux écorchés et assombris par des paroles de déceptions amoureuses. On aurait aimé en entendre plus dans le même style.

Quoi qu’il en soit, l’Australienne nous livre ici un disque bien fait, qui unira les admirateurs d’Angel Olsen ou de Laura Sauvage. Même si Full Closure and No Details est un peu abimé par la production musicale, le disque reste charmant pour les textes évocateurs et imagés de Cohen. Il manque cependant un peu de variété quant aux instrumentations… Soyez sans crainte, si l’Australienne rectifie le tir pour les prochains disques, vous entendrez probablement le nom de Gabriella Cohen sur toutes les lèvres.

Ma note: 6,5/10

Gabriella Cohen
Full Closure and No Details
Captured Tracks
39 minutes

https://gabriellacohenmusic.bandcamp.com/album/full-closure-and-no-details

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