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Retour sur le Festival en chanson de Petite-Vallée 2017

Crédit: Étienne Fournier

Ah… la Gaspésie… c’est charmant comme endroit. Dans un décor encore une fois paradisiaque, les 142 habitants de Petite-Vallée (OK et les 1000 de Grande-Vallée) nous attendaient pour fêter la musique tous ensemble. Le résultat? Des soirées bien arrosées où la musique était omniprésente, des après-midi à travailler face à la mer et une tonne de souvenirs à ramener à la maison.

Des Sœurs bien-aimées et un country-man encore fringant

Ce sont les Sœurs Boulay et Patrick Normand qui étaient les porte-parole de la présente édition. Il faut dire que les deux premières viennent de New Richmond et qu’elles ont passé par le camp en chanson étant plus jeune. C’était donc un retour émouvant pour la paire qui a même composé une chanson pour encourager les jeunes à rester sur les bancs d’école.

Jeudi soir, un spectacle était organisé avec près de 450 jeunes! 450 JEUNES! Nous avons eu droit à un mur d’enfants qui chantaient tantôt des pièces de deux Sœurs, tantôt un succès souvenir de Patrick Normand. Ça vous fait de la voix ti-pépère. Les artistes étaient visiblement émus de voir autant d’enfants se pencher sur leur répertoire. Déjà les émotions revolaient un peu partout, incluant dans la salle. Ma première réaction à la vue de cette myriade de petits chanteurs m’a même valu un regard en coin et un sourire d’une Gaspésienne visiblement satisfaite que le journaliste montréalais en ait déjà plein la vue.

Les Sœurs Boulay ont récidivé sur scène deux jours plus tard dans un spectacle qui comptait plusieurs surprises, dont 3 invitées de marque : Klô Pelgag, Amylie et Marie-Pierre Arthur (une autre locale). Interprétant en trio une chanson des Sœurs avant de passer à une chanson de l’invité, la formule était convaincante et a donné lieu à plusieurs moments de franche camaraderie sur scène. Klô Pelgag était visiblement la moins habituée à ce genre de contexte et la gêne se lisait dans son visage avant la première chanson. Mais une fois la musique partie, tout a coulé comme de l’eau. Les Sœurs Boulay nous ont quant à elle réchauffé le cœur avec Les Couteaux à beurre, Alexandre, Mamie, mamie et plusieurs autres succès. Une soirée riche en émotions et en mélodies convaincantes.

Des après-midi douces

À Petite-Vallée contrairement à d’autres festivals qui nous obligent à courir sans bon sens, il n’y a qu’un spectacle à la fois. Ce qui nous permet de tout voir et de profiter réellement des performances. Certains concerts étaient présentés en fin d’après-midi juste avant l’heure de l’apéro. Amylie nous a livré une performance très honnête en compagnie de deux musiciens qui en étaient seulement à leur deuxième spectacle à ses côtés. Parmi ceux-ci se trouvait Guillaume Chartrain (Louis-Jean Cormier, Navert). Elle nous a même permis de choisir la fin d’une chanson en nous demandant : « Vous voulez beau ou rushant? » Elle a nous a enfilé plusieurs tubes dont Tout oublier et Bateau en plus d’offrir une reprise de The Park de Feist.

Klô Pelgag malgré une laryngite nous a aussi offert une solide performance. C’est quand même incroyable de la voir se donner de la sorte malgré son corps assailli par l’infection. Tout pour le rock, à ce qu’on dit! Cela lui a permis aussi de nous avouer candidement (et sans donner de contexte au reste des spectateurs) que c’était la première fois qu’elle portait un suppositoire pendant un spectacle. Comme je le disais : tout pour le rock! Pelgag a offert des versions légèrement trafiquées de ses chansons, réarrangées pour la scène. C’était réussi que ce soit avec Insomnie, Au musée Grévin, Samedi soir à la violence, Nicaragua ou encore Rayon X. La récipiendaire du prix Félix-Leclerc a convaincu une autre foule qu’elle était en train de devenir l’une des artistes les plus intéressantes de la belle province.

Des fins de soirées qui trémoussent

Tu te demandes ce que j’ai fait de mes fins de soirées? Ben j’ai fait aller mon popotin sur différents genres de rythmes à quatre reprises, dont une qui m’a laissé délaver. Chronique de plaisirs dansants.

Tout ça a commencé avec Dumas qui incitait au vice avec ses nombreux appels : « sur la piste de danse. » Pas de farce, toutes ses chansons étaient rendues sur la piste de danse. Valait mieux les y rejoindre. Il nous a balancé des succès avérés comme Alors, alors, Miss Ecstasy, J’erre, Je ne sais pas et plusieurs autres. Un peu comme lorsque je l’avais vu au Quartiers d’hiver en 2016, la fête était de mise. Toujours aussi efficace que les meilleurs géos du Club Med, Dumas a fait lever la foule, l’a fait danser et à la fin, il ne restait plus personne sur les quelques chaises dans la salle. Non seulement ils étaient debout, mais tous avaient un gros sourire étampé dans le visage. Mission accomplie.

Le lendemain, c’était à prévoir, allait être une grosse soirée parce que Les Hôtesses d’Hilaire étaient en ville. Ils ne font pas les choses à moitié lorsqu’il est temps de mettre le party dans une salle. Avec leur habituel dynamisme, les Acadiens ont fait danser sur les rythmes qui évoquent les soirées passées à consommer du tabac qui fait rire. Ils ont offert Je m’en souviens des petits bouts, Boule boule, Fait faillite, Eastbound and down et quelques autres en laissant de longs moments d’explorations instrumentales au grand plaisir des spectateurs qui se sont laissés aller sur les rythmes psychédéliques. À entendre les discussions après le spectacle, ceux qui ne connaissaient pas encore la bande sont tombés raide en amour avec eux. La soirée s’est terminée autour d’un feu qui résistait au vent capricieux.

Le troisième soir, c’était le groupe anciennement connu sous le nom de Sandwich aux œufs (c’est une blague de Klô Pelgag lors de son concert), Fuudge de faire groover les spectateurs au Théâtre de la Vieille Forge. Le groupe qui vient de faire paraître son deuxième EP était en grande forme et nous a balancé son prog-grunge (ou progrunge? On crée le terme?) direct dans la margoulette. C’était pas mal plaisant pour les oreilles pendant que David Bujold nous enfilait des chansons mélodieuses comme Ju ou encore Man esti qu’la côte est tough à monter qui aurait été écrite pour la mythique côte du Théâtre de la Vieille Forge. Parmi les chansons du nouvel EP, ils nous ont joué la très efficace Caller un magicien et Nirvâna. Ce groupe continue de prendre de l’assurance et il amène un son différent à la scène. C’est du rock original et diablement efficace.

Finalement, c’est Samito qui nous a fait danser à en suer toute l’eau qu’on avait dans le corps. Lorsque les dernières notes ont résonné dans le théâtre de la Vieille Forge, ma chemise avait pris une douche. Bref, c’était une soirée à se faire aller la vareuse où Samito nous a livré Tiku la hina, Senhora, Oskia et même une Flôr chantée en toute intimité à une spectatrice qui fêtait ses 32 ans. Un moment assez cute et émouvant! Le plaisir des musiciens sur scène était contagieux et s’est propagé à la salle où de nombreux spectateurs se déhanchaient sur les rythmes contagieux du chanteur originaire du Mozambique. Une excellente façon de terminer mon séjour à Petite-Vallée.

En plus, Samito était notre invité musical à l’émission Plaque Tournante que vous pouvez revoir ici!

Encore une fois, le Festival en chanson de Petite-Vallée nous a accueillis comme des rois dans ce petit paradis terrestre. J’étais triste de laisser derrière moi le bruit apaisant du fleuve et de ses vagues réconfortantes. Merci, Petite-Vallée, on se dit à l’année prochaine? Ce serait ben le fun…

http://festivalenchanson.com/

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