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POP Montréal 2017 : Soirée du 13 septembre #2

Hugo Tremblay est aussi à arpenter les salles de spectacles de la métropole pour POP Montréal. Voici son résumé de sa première soirée.

L CON

L CON a commencé mon POP en réduisant l’improbable Balattou à un encore plus improbable silence avec ses grooves minimalistes, sa guitare délavée et ses belles mélodies folk-ish. C’était un peu triste de voir aussi peu de public pour une musique aussi intéressante et pour un spectacle aussi bien rodé. Le saxophone ajoute une très belle touche à la chose, harmonisant, doublant ou « contrepointant » la voix. Le seul petit hic pour moi était le drum machine, qui était assez lassant, et surtout contrastant avec l’esthétique générale de la formation. Vraiment, avec un batteur (ou une partition mieux perfectionnée plastiquement et plus évolutive), la performance aurait gagné beaucoup de points supplémentaires.

Paraphonique

Paraphonique faisait aller son vaisseau spatial plein de fils (aussi connu sous le nom d’« énorme synthétiseur modulaire » chez les néophytes) quand je suis arrivé à l’Esco. Ça remplissait la salle d’un motif ambiant assez intéressant, mais surtout magnifiquement évolutif. Sous ses airs de prof au secondaire, il nous donne l’impression de frotter certains boutons au hasard, mais il a néanmoins fait au moins quatre patchs (certainement plus) très différents, chacun d’entre eux très réussis. On sortait pas trop des sentiers battus niveau musique, mais tout était très bien mixé et très bien maîtrisé.

Anette Zénith & Myriam Boucher

Anette Zénith (Me Float) et Myriam Boucher ont ensuite livré une performance audiovisuelle aussi hétéroclite que vide. Au long de la performance, je n’ai décelé ni de lien causal ni de cohérence entre la synthèse vidéo de Boucher (qui n’était pas inintéressante en soi, seulement déconnectée de la musique) et la performance musicale de Me Float. La musique, excentrique sans raison de l’être, a été dépourvue de fil conducteur pendant toutes les vingt maigres minutes du concert, oscillant entre un travail de boucles très superficiel et des rythmes insipides. La plasticité d’une des différentes parties du concert m’a assez plu (un accord assez complexe tenu pendant environ une minute), mais c’est tout.

Émilie Payeur

Ma soirée s’est terminée assez tôt (du à une occupation maximale de la Casa del Popolo) avec Émilie Payeur, bruiteuse en série qui nous a gâtés d’une séance audiovisuelle de noise, de no-input, d’échantillonnage et d’électroacoustique. Elle a commencé son set avec un solo de dactylo — sur laquelle elle avait collé un piezo – à laquelle répondaient des larsens bien contrôlés, pour ensuite se concentrer sur ces derniers pendant quelques minutes.

Toute la pièce d’approximativement 30 minutes était ponctuée de citations directes en anglais; il est dur d’en identifier la provenance, vu leur état assez fragmentaire, mais ils avaient certainement une raison d’être. D’autant plus que la vidéo, assurée par Pierre Paré-Blais, était constituée de prises de vues toutes dérivées d’un champ lexical clair : les États-Unis. Écriteau « Nixon Wins », images de l’éternel drapeau étoilé et prises de vues d’hommes habillés selon les règles de l’art (chapeau et bottes de cowboy, etc.) étaient distortionnées, déformées, glitchées et bruissées, à l’image de la musique torturée de Payeur. C’est peut-être une lacune de la chose; on voit mal le concept derrière l’œuvre (oui, c’est peut-être un genre de « fuck les states », mais c’est trop ambigu à mon goût) et pourtant on voit très bien qu’il y en a un.

La troisième partie de la pièce était beaucoup plus tournée vers le harsh noise, délaissant le feedback plus pure pour se concentrer sur des timbres plus complexes tout en symbiose avec la vidéo. Ça donnait une belle courbe dramatique surtout avec cette partie dense et harmoniquement complète à la fin. Parce que c’est un des petits défauts du concert, une lacune assez courante lors de concerts de no-input ou de noise : le polissage du son. Pendant la partie centrale, certaines fréquences — qui dépendent de l’acoustique de la salle, l’emplacement des haut-parleurs, etc. — étaient quelque peu douloureuses à l’oreille. Rendu à la dernière partie, le contenu harmonique était beaucoup plus supportable pour mes oreilles dont les bouchons brillaient de toute leur absence.
C’était somme toute un pas pire bon spectacle, et c’est toujours plaisant d’avoir une telle diversité dans les programmations de Pop. Pis demain Austra, Thee Oh Sees et Joe Grass jouent en même temps. C’est ben swell — sauf quand tu veux voir les trois…

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