Concerts

Le Coup de coeur francophone

Le 27e Coup de coeur francophone se déroulait un peu partout à Montréal durant les deux dernières semaines. La programmation était alléchante, variée et bien équilibrée. Est-ce que ce qui est beau sur papier s’est merveilleusement traduit sur scène? Absolument! Il faut dire que le Coup de coeur est un événement étalé sur 10 jours… ce qui ne laisse que très peu de temps de repos à votre corps.

Ma traversée s’est entamée dans l’ambiance feutrée de l’Escogriffe alors que Ponctuation et Jésuslesfilles y étaient pour nous rincer les oreilles. Il ne restait que très peu de place pour circuler entre les fans de musique venus fêter les cinq ans d’existence du second groupe. C’est Ponctuation qui a ouvert le bal avec un Ciao Bye Ciao survolté et le duo n’a jamais laissé de répit par la suite aux oreilles des mélomanes présents. Les énergiques Chiasson nous ont livré les pièces de 27 Club pour notre plus grand plaisir. Guillaume amena d’ailleurs cette énergie avec lui pour la suite des choses avec Jésuslesfilles qui nous ont joué l’entièreté de leur catalogue musical.

1451334_10202458400165555_1604004051_nMa saga auditive s’est continuée le lendemain alors que moi et Émilie Asselin (collaboratrice au Canal Auditif) avions rendez-vous au Théâtre Outremont avec David Marin et Avec pas d’casque. Marin a offert avec aplomb et énergie les titres de son plus récent opus titré Le choix de l’embarras. Sans compter qu’il nous a aussi offert plusieurs solos de piano pas piqué des vers. Que dire d’Avec pas d’casque qui, en plus de nous offrir les pièces d’Astronomie et de son plus récent maxi, nous a fait rire avec son humour pince-sans-rire. Ainsi, Stéphane Lafleur nous a mis en garde contre le danger de fixer trop longtemps le tapis du batteur Joël Vaudreuil, ce qui pourrait engendrer des hallucinations. De plus, Lafleur nous a partagé son opinion sur les pauses en plein milieu d’un spectacle pour que le promoteur vende de la bière: «C’est comme avoir de la sexualité et arrêter en plein milieu pour sortir les vidanges.»

Pendant que nous nous délections du trio, Stéphane Deslauriers et Mademoiselle Rouge étaient quant à eux en mission au spectacle de Pendentif et Forêt. Voici le compte-rendu de mon acolyte:

«En première partie, Pendentif nous livrait son pop-rock très eighties de manière efficace. Ayant ouvert pour Indochine en France, le quintette est techniquement irréprochable en concert (particulièrement le batteur), mais l’esthétique sonore préconisée par la formation française nous a laissé passablement de marbre. Par la suite, Émilie Laforest et Joseph Marchand étaient accompagnés pour l’occasion de l’excellent percussionniste Robbie Kuster (Patrick Watson) et de Philippe Brault à la basse. Un alignement de «all-star» pour un spectacle exceptionnel… donné devant une poignée de spectateurs! Forêt a réussi l’exploit de faire sonner de manière éloquente et étoffée les chansons de cet excellent premier album homonyme.»

Notre samedi n’était pas terminé, car nous avons par la suite atterri au Divan Orange pour se faire livrer le rock stoner des Indiens. Ceux-ci nous ont, entre autres, joué leur plus récente pièce Tomahawk Chopper ainsi que les pièces de leur album Crâne paru en mars dernier. Ils étaient suivis par Amantani, qui y est allé de son rock légèrement garage mais toujours entraînant.

keith_kouna_1113_65Le Coup de coeur francophone n’a pas froid aux yeux et l’a prouvé en offrant une carte blanche à Fabien Cloutier en première partie de Keith Kouna. Cloutier y est allé d’une diatribe acerbe dans laquelle une madame participante à Décor ta vie côtoyait le groupe mythique Iron Maiden. Son texte en plus de défiler à toute allure, était irrévérencieux à souhait… et les choses ne se sont pas adoucies avec Kouna. Que ce soit avec Tic tac, Pas de panique ou Les pouliches, il nous a fait la preuve qu’il maîtrise la scène avec habileté et doigté. Il en a profité pour nous envoyer une Napalm bien sentie et une Batiscan absolument géniale.

Dead Obies de son côté en profitait pour lancer leur premier opus Montréal $ud. Les cinq MC’s et leur sitedemo.caucteur VNCE n’ont pas lésiné en passant à travers la galette de A à Z lors d’une performance généreuse, énergique et inspirée d’environ deux heures. Les jeunes hommes avaient de quoi être fier. Ils ont fermé la marche avec une Tony Hawk punk et démentielle.

CCF 2013 rapEn plus de tout ça, l’intrépide Émilie est allée voir quelques spectacles. Voici ce qu’elle a pensé des artistes Une toune par jour, Gab Paquet et Navet Confit:

«Pour les personnes qui n’ont pas encore pu voir en spectacle la créativité et l’énergie de Jean-Sébastien Houle, c’est un «must see» show! Depuis le 1er janvier 2013, Une toune par jour est composée à partir de toute sorte d’inspirations farfelues. Jean-Sébastien a même pu nous balancer sa 315e chanson le soir de son spectacle. Avec plusieurs collaborations intéressantes, créatives, talentueuses et énergiques, le concert fut dynamique, comique et plaisant. Un vrai festin!

Puis ce fut le tour de Gab Paquet, accompagné du polyvalent Hugo LeMalt à la basse, de la talentueuse Jane Ehrhardt au clavier et de Renaud Pilote à la batterie. Sélection Continentale, le dernier opus du projet, est bien construit sur des saveurs kitsch, des textes absurdes et humoristiques, des inspirations charmantes et compositions dansantes. Leur performance a été bien accueillie par le public. Belle découverte!

Finalement, Navet Confit a fait son apparition. Navet Confit est un créateur d’hymnes depuis une bonne dizaine d’années. En spectacle, il a su créer une énergie incroyable avec sa musique oscillante, visitant les sons lourds et électros; musique mondaine et déchaînée à la fois. On a eu droit à de belles collaborations, entre autres, avec les gars de We Are Wolves. Le spectacle était généreux et festif!»

CCF 2013 Ã?glise St-Pierre Apôtres.En dernier lieu, Louis-Jean Cormier fermait la marche en présentant les pièces du Treizième Étage à l’église Saint-Pierre-Apôtre. Le valeureux Stéphane était d’office et il m’a raconté ceci:

«Fidèle à son habitude Cormier a offert un concert généreux, varié et senti. Puisant autant dans le répertoire de Karkwa (L’épaule et Échapper au sort en format bluegrass), que dans celui des Douze hommes rapaillés (Au long de tes hanches), Cormier nous a balancé deux interprétations à l’univers sonore assez dissemblables: une interprétation d’une chanson de Félix Leclerc titrée Complot d’enfants et une autre de Sufjan Stevens. Voilà la preuve irréfutable de la grande culture musicale que détient Louis-Jean Cormier. À ces ingrédients s’ajoutent une superbe église, des éclairages et une mise en scène inspirée qui propulsent les chansons complètement revampées du Treizième Étage dans une stratosphère musicale inégalée. Tout simplement un grand concert de la part d’un artiste au sommet de son art!»

CCF 2013Si une femme a su retenir l’attention, c’est l’excentrique Klô Pelgag qui a catapulté les pièces de L’alchimie des monstres avec une aisance déconcertante dans une mise en scène de Dave St-Pierre. Faisant une entrée sur scène sur le thème de Fort Boyard joué par son groupe, la demoiselle a d’abord gratifié la foule de plusieurs salves de fusils à eau avant de prendre sa place au piano afin de se lancer dans Les maladies de cœur. Elle nous a livré aussi une version franchement théâtrale du Dermatologue et une Rayon X qui concluait le spectacle avec une extrême beauté. La jeune femme sait habiter une scène et c’est avec tout un bric-à-brac qu’elle l’a démontré.

Bref, une autre édition du Coup de coeur francophone réussit. On en retrouve pour tous les goûts et surtout, on fait aussi place à des groupes plus marginaux tels que Ultraptérodactyle, Les Guenilles, Protofiev et bien plus. Bon, je vais reposer mon foie, pour le préparer pour Noël… misère.

Les photos sont une gracieuseté du photographe Jean-François Leblanc.

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