Chroniques

Whirlwind Heat

Do Rabbits Wonder?

MI0000376307C’est à Grand Rapids, au Michigan, dans le nord des États-Unis, que la formation à trois têtes, Whirlwind Heat, a vu le jour en 1996. Voulant dès le départ s’inspirer du rock tonitruant de groupes tels Melvins, Mudhoney et Sonic Youth, le trio a lentement, mais sûrement, bifurqué vers un rock garage aux accents encore plus punk et «noisecore» que leurs idoles. La raison de ce changement de cap étant fort probablement dû au fait que le chanteur-guitariste a décidé, en cours de route, de larguer sa guitare électrique pour plutôt déployer ses énergies aux claviers, ce qui a eu une incidence instantanée et majeure sur l’approche musicale du groupe, ainsi que la tangente qu’allait prendre la formation par la suite.

L’autre chose qui a eu une très forte répercussion sur leur avenir, c’est une rencontre avec un dénommé Jack White (The White Stripes, The Raconteurs, The Dead Weathers) à la suite d’un de leur concert. White, qui a eu un coup de foudre instantané pour l’abrasive musique du trio, s’est empressé de les rencontrer après ledit spectacle pour leur offrir de sitedemo.cauire leur premier album. Offre que David Swanson (chanteur-claviériste), Steve Damstra (bassiste) et Brad Holland (batterie) ne pouvaient certainement pas rejeter.

C’est au courant du mois d’avril de l’année 2003, après avoir passé du temps de première qualité dans le studio de White, que leur excellent premier album intitulé Do Rabbits Wonder? est apparu sur les tablettes des disquaires. Fait à noter, cet enregistrement est aussi le premier à naître sur l’étiquette Third Man Records que Jack White, en association avec V2 Records, venait tout juste de mettre au monde. Pour promouvoir la galette, s’enchaînent aussitôt plusieurs longues tournées, sur divers continents, avec les considérables pointures rock du moment: The White Stripes, Beck, Yeah Yeah Yeahs et The Kills. Rien de moins.

Mais que retrouve-t-on sur ce fameux Do Rabbits Wonder? Eh bien, il s’agit d’un rock nerveux et bien ferme (tout le contraire de céréales qui ont trempé trop longtemps dans le lait), qui va droit au but, sans détour inutile. L’élément clé de leur rock graisseux n’est pas les céréales, mais plutôt dans une basse qui est la plupart du temps salopée par une imposante distorsion. Pour accompagner l’instrument à quatre cordes qui prend beaucoup de place, il y a un batteur qui s’amuse sans retenue et de façon fort compétente derrière une batterie réduite au strict minimum. Pour ajouter à ce rock vraiment pas reposant, on y retrouve aussi des claviers psychotiques et dissonants qui sont fort habilement dispersés à travers ce joli merdier sonore.

Aucune des treize chansons que l’on retrouve sur le disque ne fait office de remplissage. Plusieurs d’entre elles atteignent le bullseye à tout coup. Je pense notamment à celle qui ouvre le bal, intitulée Orange. Il y a aussi Purple qui, avec son rythme ultra entraînant, pourrait presque permettre à un tétraplégique de retrouver illico sa capacité motrice. Parmi les autres brûlots, il y a la névrotique, mais délicieuse Tan, ainsi que la déchainée et très punk titrée Blue. Les plus perspicaces d’entre vous auront vite remarqué que tous les titres des chansons correspondent à une couleur, ce qui, disons-le, est parfait pour un daltonien, car pour une rare fois, il pourra aisément reconnaître les couleurs, mais à l’aide de son ouïe. Je m’aperçois en écrivant ce texte que cet album possède quasiment des qualités thérapeutiques. J’ai bien dit quasiment, il ne faudrait pas exagérer.

Whirlwind Heat, qui compte à ce jour quatre albums, et quelques maxis à sa fiche, semble malheureusement mort et enterré depuis quelques années. Leur musique s’adresse à un public assez restreint, c’est-à-dire celui qui aime des groupes tel que Brainiac, Arab On Radar, Six Finger Satellite et Hot Nerds. Le genre de musique qui peut rapidement pousser vers une cellule de confinement d’hôpital psychiatrique les amateurs avides d’Isabelle Boulay, Marie-Jo Thério ou Selena Gomez.

Whirlwind Heat
Do Rabbits Wonder?
Third Man Records
34 minutes
Paru en avril 2003

1. Orange
2. Black
3. Purple
4. Tan
5. Green
6. Blue
7. Yellow
8. Pink
9. Red
10. Brown
11. Silver
12. White
13. Grey

http://whirlwindheat.com/

2 commentaires

  1. Matt Treps, le 2016-05-13 à 11:26

    Je mange mes céréales pas de lait ce matin.

  2. La Brute du Rock, le 2016-05-13 à 11:40

    Hahahaha!

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