Chroniques

Personnalité de l’année 2017

Un sujet a certainement dominé les manchettes en 2017, outre le Canadien de Montréal et les frasques de Donald Trump, et c’est le mouvement #Metoo ou encore #BalanceTonPorc. Passage qui semblait forcé dans cette idée de l’égalité. Il faut après tout, après des années de déséquilibre entre les hommes et les femmes, que la situation finisse par se recalibrer avec un certain choc. Certains hommes sont évidemment partis en peur. Pourtant, s’ils n’ont rien à se reprocher, il n’y a aucune raison de s’exciter plus qu’il n’en faut. Dans une époque où le président des États-Unis, toujours l’une des trois plus grandes puissances politiques mondiales, est accusé lui-même d’agression sexuelle, ce retour est nécessaire. Et la bataille n’est pas gagnée. Derrière ces malaises se cache aussi la sempiternelle lutte de pouvoir à laquelle s’adonnent les individus au sein d’une société. Le pouvoir est quelque chose de grisant qui peut rapidement vous faire chavirer dans un monde utopique où tout est permis. Le retour à la réalité a dû être brutal pour certains.

Dans le monde artistique, certains se sont fait justement pointer du doigt. Enfin, Gilbert Rozon qu’on a considéré longtemps comme invincible a mangé une mornifle. Mornifle qu’il n’a pas fini de prendre dans les dents, à condition que les actions de Juste pour Rire ne se vendent pas au gros prix. Dans lequel cas, tous ces efforts auront été en vain. Il pourra se retirer tranquille sur une île semi-déserte où sa vie de pacha continuera bon an mal an. Du côté de Salvail, ça a fait mal aux matantes de la province qui ont découvert que leur animateur chéri était un peu beaucoup irrespectueux. Ne crions pas victoire, certaines personnes ayant de lourdes choses à se reprocher s’en tirent très bien. Il n’est pas facile d’exposer la vermine, encore davantage lorsque le silence des victimes a été minutieusement acheté.

Le magazine Time donnait de son côté sa personnalité de l’année aux briseurs de silence. Avec raison. Pour ma part, j’ai été ravi de voir que le gala de l’ADISQ récompensait enfin les jeunes femmes à leur juste valeur. Après les controverses entourant les remerciements de Klô Pelgag et l’habillement de Safia Nolin dans les années récentes, ça faisait du bien de voir que le milieu musical ne reculait pas devant les critiques d’êtres désobligeants. Cette année au gala de l’ADISQ, ce sont les Sœurs Boulay qui sont reparties avec le trophée de groupe de l’année, Safia Nolin celui d’interprète féminine et Klô Pelgag avec celui d’autrice-compositrice-interprète de l’année.

Safia Nolin a pu braver une deuxième fois la foule des indigents qui réclament des robes à paillettes et autre flafla du genre. Remarquez bien, Marc-André Mongrain et moi-même étions passablement bien vêtus pour notre émission live du Gala… mais c’est juste parce qu’on est un peu coquets. Et que je voulais que ma Mom se rendre compte que je m’en sortais pas si mal finalement. De la poudre aux yeux. Avoir eu envie de le faire en jogging, on l’aurait fait. Mais le prix qui retient le plus l’attention est celui qu’a ramené Klô Pelgag à la maison. La dernière fois qu’une femme l’avait tenu dans ses mains, c’est en 1993. 24 ans. 24 ans où supposément pas une seule femme n’a mieux écrit des chansons que les hommes…. c’est fou pareil. Quand on y pense, la dernière fois, lorsque Francine Raymond est repartie avec la statuette, c’est quelques mois après la dernière coupe Stanley du CH. J’avais 7 ans. C’est ridicule. Cependant, les événements du dernier gala démontrent que les choses changent. Ne crions pas victoire tout de suite, il est trop tôt. Mais peut-être entrons-nous enfin dans une époque où l’apparence, le sexe, la couleur de peau ne sont plus des facteurs majeurs. En tout cas, je l’espère. Il est toujours permis de rêver.

Il est important de reconnaître aussi que ces artistes se battent pour gagner leur place dans un milieu qui n’est pas toujours des plus accueillants. Et surtout, qu’elles ont été précédées par des femmes qui ont dû se battre davantage et qui récolte peu les fruits de leur labeur. Fait que je vous salue bien bas. Même si je suis un gars pis toute.

En attendant, je vous souhaite tous de joyeuses fêtes et on se revoit en janvier 2018 avec de belles surprises. Je vous l’assure.

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