Chroniques

The Murlocs

Old Locomotive

  • Flightless Records
  • 2017

The Murlocs est une formation qui a vu le jour en 2011, à Melbourne, dans ce grand pays entouré d’eau qu’est l’Australie. Constituée de cinq jeunes hommes qui semblent fortement inspirés par le rock seventies, la bande possède un son intéressant qu’elle utilise avec justesse et grande intelligence. Heureusement, la nostalgie du vieux rock psychédélique qu’ils ont n’efface en rien leur inspiration et leur capacité à composer de bonnes chansons.

Bien entendu, leur musique n’est pas sans rappeler celle des Black Lips Ty Segall, Thee Oh Sees, Meatbodies ainsi que de ces surdoués et hyperactifs que sont King Gizzard & The Lizard Wizard. Puis tant qu’à parler d’hyperactivité, sachez que deux des membres des Murlocs, Ambrose Kenny-Smith et Cook Craig, sont aussi des membres de ces King Gizzard. Avec le rythme auquel les Gizzard produisent des albums et tournent à travers la planète, on se demande sérieusement comment ils font. À vrai dire, on n’appelle plus ça de l’hyperactivité, mais bien un miracle.

Trois albums figurent au compteur des Murlocs. Il s’agit de Loopholes qui est paru en 2014. Ensuite il y a Young Blindness, qui lui a vu le jour au printemps 2016. Puis, le plus récent, Old Locomotive, qui est sorti durant l’été 2017.

Mais que dire à propos de ce Old Locomotive? Tout d’abord, ce n’est pas le genre de disque qui donne une envie soudaine et quasi insoutenable d’examiner l’intérieur de ses paupières. Et ça, vous en conviendrez, voilà un excellent point de départ pour un album de rock cannabisant. Vous pouvez insérer ici l’émoji du pouce en l’air. Pis tant qu’à y être, ajoutez aussi celui de la guitare électrique et de la boule de feu. Ça fait tellement branché de mettre des émojis, puis vous, vous êtes assurément quelqu’un de branché et sympathique pour lire sur un groupe marginal comme The Murlocs.

Ensuite, avec sa réalisation approximative et un peu crade, l’album donne l’impression qu’il a été réalisé par un kangourou qui a mangé des champignons un peu toxiques. Puis ça aussi c’est excellent. Peut-être pas pour le kangourou, mais pour l’auditeur qui aime son rock pas très propre et psychédélique, oui.

Treize chansons, pour un total de trente-huit minutes, sont au menu sur Old Locomotive. Parmi celles-ci se retrouvent quelques-unes qui se fraient plus facilement un chemin vers notre cortex cérébral. Il y a tout d’abord la très accrocheuse et fort réussie Noble Soldier, suivie par la non moins efficace, Shit Storm. En plein cœur de l’enregistrement se retrouvent aussi un autre duo de chansons, Snake in the Grass et Daily Agony, qui nous fait certainement passer un bon moment. Vers la toute fin, il y a Oblivion, la plus nerveuse du lot, qui n’est pas sans rappeler le bon Ty Segall lorsqu’il est en mode « la pédale au fond ».

Cela dit, il faut bien admettre que les chansons finissent toutes par se ressembler. En effet, avec à peu près toute la même durée de deux à trois minutes, ainsi que la même vitesse de croisière, ca devient un exercice quasiment militaire de différencier les chansons. Au moins, elles sont bonnes et l’album ne s’éternise pas inutilement.

Est-ce que les Murlocs vont passer à l’histoire avec ce rock qui ne réinvente absolument rien ? Assurément pas. Est-ce qu’on doit bouder les Murlocs pour autant ? Assurément pas. Est-ce que la musique des Murlocs est agréable et peut animer votre prochain party de salon ou un bel après-midi d’été ensoleillé ? Assurément.

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