Chroniques

Noisem

Blossoming Decay

NoisemAimez-vous la rapide, furieuse et très importante formation métal Slayer? Préférez-vous la lourde et exotique formation brésilienne Sepultura? À moins que ce soit la suffocante musique de Trash Talk, Napalm Death, Brutal Truth ou Converge qui vous allume? Bref, si vous affectionnez la musique qui vous noircit l’âme en moins de temps qu’il n’en faut pour épeler votre prénom, vous devriez alors ajouter à vos groupes fétiches le quintette baptisé Noisem.

Tout droit sorti de Baltimore, dans l’état du Maryland aux États-Unis, Noisem, c’est cinq blancs-becs qui, en date d’aujourd’hui, sont âgés entre dix-sept et vingt-deux ans… seulement! Cinq brutes aussi jeunes qui savent jouer tout aussi bien individuellement que collectivement, c’est rare et impressionnant. En fait, ils sont aussi solides que tous les groupes énumérés précédemment, qui eux comptent sur de nombreuses années d’expérience derrière la cravate. Sur le plan technique, ces jeunes sont absolument sensationnels et savent cracher leur fiel très habilement à travers leur musique… que je ne recommande pas du tout pour faire du tantra. Conjuguer autant de vitesse, de furie et de force de frappe, n’est pas donné à tous les musiciens.

C’est en 2013 que leur premier album intitulé Agony Defined a vu le jour et, à cette époque, la forte majorité des membres ne pouvaient ni conduire une voiture, ni voter, ni même boire une bière. C’est deux ans plus tard qu’est apparu leur second disque, nommé cette fois-ci Blossoming Decay. Cette deuxième offrande, aussi complexe que de compléter un puzzle miniature avec des gants de hockey, est une continuité parfaite du premier album et saura satisfaire les mordus de «headbanging».

Petit conseil pour les «headbangers»: une bonne séance d’échauffement de la nuque est fortement recommandée avant d’écouter la musique de Noisem, sinon ce sera une visite assurée chez votre ostéopathe. Voilà, c’est dit et vous me remercierez plus tard du conseil.

Constitué de neuf chansons crasses, pour un court total de vingt-quatre minutes aussi denses et dures que du chêne, Blossoming Decay ne donne aucun répit à l’auditeur. Le batteur laisse libre cours à son talent en piochant autant, sinon plus fort et vite, qu’un marteau piqueur. Les deux guitaristes et le bassiste semblent aussi déchaînés sur leurs cordes d’instruments qu’une meute de lionnes affamées sur une proie blessée. Ça, ou un attroupement de demoiselles sur Justin Bieber. Pour ce qui est du chanteur, disons simplement qu’il beugle ses paroles avec absolument aucune délicatesse, ni subtilité, ni retenue. J’ai bien dit aucune.

Certaines personnes de mauvaise foi pourraient souligner une légère absence d’originalité, mais le Big Mac, le ketchup Heinz, les Corn Flakes et le Pepsi ne goûtent-ils pas exactement la même chose depuis l’éternité?

Bien sûr la musique de Noisem ne s’adresse pas a un vaste public, mais si vous cherchez une raison de vous éloigner brusquement de votre douce et attentionnée mère, faites-lui écouter Blossoming Decay, et vous risquez non seulement de créer une distance importante entre vous deux, mais aussi de perdre votre futur héritage.

Noisem
Blossoming Decay
A389 Recordings
24 minutes
Paru en 2015

1. Trail Of Perturbation
2. Burning
3. 1132
4. Replant And Repress
5. Hostile End – Hollow Life
6. Cascade Of Scars
7. Another Night Sleeping In The Cold
8. Graining Enamel
9. Blossoming Of The Web

https://www.facebook.com/NoisemBaltimore/

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