Rock Archives - Page 200 sur 201 - Le Canal Auditif

Girls – Father, Son, Holy Ghost

Girls est un groupe de rock indépendant, originaire de San Francisco, dirigé par Christopher Owens et Chet « JR » White. Ils ont fait paraître récemment Father, Son, Holy Ghost sous étiquette True Panther et l’album est distribué par Matador Records. Alors ce Father, Son, Holy Ghost ? Il est difficile de classifier ce disque ou encore d’affilier Girls à un style musical particulier. Girls est un savant mélange de surf-rock, de post-punk, de soul et de blues.

Vous murmurez à voix basse : « Ouf! Un autre groupe de tordus inaccessibles!». Pourtant, sur ce disque le groupe fait preuve d’une homogénéité et d’une maturité que peu de jeunes formations détiennent malgré les influences musicales éclectiques. Les Girls connaissent du bout de leurs doigts leurs classiques. Trois des quatre premiers morceaux sont dans un registre pop; à l’exception de la stoner rock Die. Déjà, Christopher Owens se révèle comme un compositeur fort doué. Mélodies intéressantes, harmonies vocales très Beach Boys, guitares légèrement abrasives; du rock aux émanations de pop en provenance des années soixante.

Par la suite, le disque prend une tangente mélancolique où les orgues B3 et Hammond fréquentent les chœurs amoureux et les guitares décapantes. My Ma, Forgiveness et la sublime Vomit, tous des chansons d’exception. Malgré le spleen qui se dégage de l’album, on ne s’ennuie jamais! Ce disque est simple sans être simplet, sensible sans être larmoyant, grandiose sans être pompeux. Un tour de force! À avoir en possession si vous chérissez les Beach Boys, Spiritualized et Elvis Costello. Un très bon disque!

Girls
Father, Son, Holy Ghost
True Panther
53 minutes

Ma note : 3,5/5

truepanther.com/#/artists/girls

Kasabian – Velociraptor!

Formés en 1999 à Leicester en Angleterre, les dociles élèves des Stones Roses, Primal Scream et Happy Mondays y vont d’un quatrième effort nommé Velociraptor!. Kasabian, c’est du rock, de l’électro pop, parfois du house saupoudré de hip-hop. Après le louangé West Ryder Pauper Lunatic Asylum, Kasabian tente de s’approprier le trône de la brit-pop, laissé vacant par les Arctic Monkeys, Kaiser Chiefs et autres consorts. Le duo Meighan/Pizzorno, sans offrir la galette de l’année, a cuisiné onze petits plats fort comestibles.

Évidemment, il faut aimer la musique pop à la sauce britannique… et Kasabian prend un tournant résolument à la portée de tous. Des potentiels de hits, le disque en regorge plusieurs. Que ce soit Goodbye Kiss, la « dance rock » Velociraptor!, l’arabisante Acid Turkish Bath, l’électro-pop I Hear Voices, la presque disco Re-Wired ou encore la quasi techno Switchblade Smiles, Kasabian réussit à conjuguer assez bien accessibilité et pertinence. Pour faire un bon disque pop, il faut de bonnes chansons. Sur ce point, c’est abouti!

On peut reprocher les mélodies parfois peu inspirées et répétitives de Meighan, de même que le manque de robustesse dans la réalisation, mais force est d’admettre que c’est un disque fort divertissant et efficace. Ça s’écoute les fenêtres ouvertes à plein volume. Est-ce que l’Amérique saura apprécier ces petits brûlots dansants? Pas certain, mais on s’en fout! Les nouveaux monarques de la brit-pop? Absolument!

Ma note : 3/5

Kasabian
Velociraptor!
Sony Music
51 minutes

kasabian.co.uk

Stephen Malkmus & The Jicks – Mirror Traffic

Le « slacker » en chef est de retour avec ses Jicks et livre un Mirror Traffic avec Beck aux commandes. Une collection de quinze chansons pour l’ancien leader de Pavement : les guitares sont toujours chambranlantes, les structures aussi bizarres invariablement ponctuées de soudaines cassures et la voix pleine de lassitude; parfois à côté de la « track ». Bref, ce disque aurait pu tout aussi bien être enregistré en 1996.

Beck est à la réalisation, mais son empreinte se fait très discrète… et c’est dommage. Le coup d’envoi est donné par Tigers, No One Is (As I Are Be) et Senator. C’est dans ces trois chansons que Beck fait sentir sa présence; quelques relents de Sea Change sur No One Is (As I Are Be) et un refrain sur Tigers aux inflexions vocales évoquant le dernier Modern Guilt. Par la suite la référence indie rock américaine prend les choses en main avec assurance mais sans surprise. C’est cette absence d’étonnement qui laisse l’auditeur sur son appétit.

Le disque renferme malgré tout son lot de très bonnes chansons. Je pense à SenatorMalkmus nous lance avec son ironie habituelle : « What the senator wants is a blow job ! », la très « Wedding Present » Stick Figures In Love ou encore à Spazz et son riff à la Velvet. Ça se termine avec Gorgeous Georgie et avec une impression de déjà-vu pas nécessairement agaçante; mais une prise de risque plus accentuée aurait été le bienvenu… surtout avec M. Hansen derrière la console. Les extatiques de Pavement ne seront pas déçus mais les autres resteront indifférents. En concert, le vendredi 23 septembre prochain au Théâtre Corona à 20h00 dans le cadre de Pop Montréal.

Ma note : 2,5/5

Stephen Malkmus & The Jicks
Mirror Traffic
Matador Records
50 minutes

stephenmalkmus.com

The Last Assassins – The Last Assassins

Né de façon impromptue à l’été 2010 lors de la création de la trame sonore du film Karaoke Dream, The Last Assassins, projet piloté par Jean Leloup (Leclerc, The Wolf etc…), Mathieu Leclerc et Virginia Tangvald, ont offert leur premier bouquet de chansons la semaine dernière sous l’étiquette Dare To Care Records… et le bouquet se fane rapidement après quelques écoutes.

Ça débute avec un délire typiquement John The Wolf titré avec justesse Welcome. Riff sale, son crade, ambiance de lendemain de veille et un « Shut the fuck up! » répété ad nauseam par sa majesté, le Roi Pompon! Échevelé et malheureusement ennuyeux. The Wheel, Bad Crystal, Winter, Dead Birds s’enchaînent linéairement sans les divagations de Leloup. Vient ensuite Rodeo Girl : seule pièce qui se démarque par son rythme. Et parlons-en du rythme! Les pièces s’enlignent les unes à la suite des autres pratiquement à la même vitesse, sans surprise et chanté d’une voix paresseuse par Virginia Tangvald (émule de Kim Gordon de Sonic Youth ou d’Emmanuelle Seigner) et récité par Mathieu Leclerc. L’album sonne comme du Hendrix sous tranquillisant.

Ce n’est pas médiocre. C’est simplement monocorde et traînant. Une impression de paresse se dégage du disque. C’est bien exécuté par de très bons musiciens, mais il aurait fallu une direction musicale plus assumée et une réalisation plus costaude. The Last Assassins évoque un « jam band de slackers » sur un lendemain de veille. Pour une petite sieste en fin de journée, c’est parfait!

Ma note : 2/5

The Last Assassins
The Last Assassins
Dare To Care Records
42 minutes

thelastassassins.com

Peter Murphy – Ninth

Le « Godfather Of Goth » est de retour sept ans après Unshattered. Pas que le monstre sacré du rock gothique se l’est coulé douce: parution en 2008 de Go Away White avec ses «amis» de Bauhaus et une collaboration avec Trent Reznor de Nine Inch Nails. Donc, Peter Murphy nous revient avec l’album Ninth.

L’album s’amorce férocement avec Velocity Bird; chanson qui rappelle un Iggy Pop à son meilleur; suivi de Seesaw Song au refrain captivant. Le disque conserve son rhytme de croisière pendant Peace To Each et la sublime I Spit Roses. Never Fall Out se veut une interprétation modérée de Murphy; ce qui, avouons-le, ne constitue pas la principale qualité du chanteur. S’ensuit une chanson légèrement plus faible en Memory Go. Arrive ensuite les frissons avec l’épique The Prince & Old Shine Lady.

De la pesante Uneven & Brittle, en passant par Slowdown, puis les voix harmonisés de Secret Silk Society, l’album se termine en apothéose avec la majestueuse Crème De La Crème. On presse sur la fonction pause. On se dit qu’on vient d’écouter un excellent disque de rock accessible et puissant, chanté de superbe façon par Peter Murphy.

Malgré la préciosité, l’intensité parfois feinte et l’attitude un peu surfaite de Peter Murphy, l’homme a réussi à assembler onze chansons post rock gothique de très haut niveau. Ça rocke, ça déménage, c’est prenant et c’est surtout d’une efficacité redoutable. De plus, la réalisation est impeccable. Les fans de Bauhaus, Iggy Pop et David Bowie seront comblés.

Ma note : 3/5

Peter Murphy
Ninth
Nettwerk Records
46 minutes

petermurphy.info