Punk/Hardcore Archives - Page 20 sur 20 - Le Canal Auditif

NOFX – Self-Entitled

L’année prochaine la formation punk originaire de Californie NOFX fêtera ses trente ans de carrière. Un exploit que bien peu de groupes peuvent revendiquer. Et malgré l’âge, les enfants et les abus, le quatuor est toujours aussi vivant, acide dans son propos et capable de jouer de leur instrument respectif à une vitesse effrénée. Self-Entitled est le douzième album studio de la clique à Fat Mike.

Que dire du nouvel opus? Plus punk que jamais. Alors que dans les dernières années, ils avaient frayé quelque fois avec le jazz, le métal et même le folk, cette fois-ci, on retrouve du punk mélodique d’un bout à l’autre. Les textes sont toujours aussi piquants et décapants. Fat Mike écorche à la fois les kamikazes jihadistes et la promiscuité de la jeunesse occidentale dans 72 Hookers. Sa conclusion: “72 virgins can never stop a war /But 100,000 hookers can beat the Marine Corp /And stopping hatred, fighting will cease /When everyone is getting blowjobs / That’s when we’ll finally have world peace.” Les guitares sont rapides et acérées pour I Believe In Goddess et She Didn’t Lose Her Baby. Le combo récidive côté politique en attaquant leur cible préférée, Ronald Reagan, sur Ronnie & Mags, tout ça sur fond de relation sado-masochiste entre l’ancien président américain et la Dame de Fer.

La formation, et particulièrement Fat Mike, n’a rien perdu de l’autodérision qui a toujours caractérisé NOFX. Ils se permettent de rire de tout, eux inclus. I, Fatty et Cell Out sont de dignes exemples. Autre pièce notable: I’ve Got One Jealous Again, Again qui fait référence à la pièce We Got Two Jealous Again sur l’album War On Errorism, mais surtout à son divorce en 2010.

Bref, les vieux routiers ne ramollissent pas avec le temps, ce qu’on ne peut pas dire de l’ensemble des formations à la durée de vie si longue. Bien que l’album n’apporte rien de révolutionnaire, c’est tout de même un bon album punk mélodique qui réjouira certainement les fans du groupe.

Ma note : 7/10

NOFX
Self-Entitled
Fat Wreck Chords
30 minutes

www.nofxofficialwebsite.com/

http://www.youtube.com/watch?v=FcSnKeelLWg

Turbonegro – Sexual Harassment

Aujourd’hui, je vous propose une critique de la dernière offrande, de la quasi légendaire formation originaire de Norvège nommée Turbonegro, et intitulée carrément Sexual Harassment. Toujours cette mixture de métal, de rock et de punk que les journalistes musicaux spécialisés aiment désigner comme étant du deathpunk. Après dix ans de galère, le groupe s’est reformé en 2002, sauf que cette fois-ci, un départ important est à souligner; celui du charismatique chanteur Hank Von Helvete, depuis lors remplacé par l’ancien président du fan-club anglais du quintet, Tony Sylvester. Ne vous en faites pas, les mouvements de personnel sont fréquents chez Turbonegro!

Donc, les voilà de retour avec ce qu’ils savent faire de mieux; du bon punk rock crasseux, sans garnitures ostentatoires, qui va droit au but. Les gars de Oslo reviennent en force en se contentant d’exécuter de manière efficace ces chansons élémentaires, qui donnent envie aux amateurs de dépravations musicales, de hurler sans gêne leur perversité! Évidemment, il faut prendre le propos au deuxième degré, car vous pourriez être tentés de présenter votre candidature, dans un comté quelconque, sous la bannière du Parti Conservateur du Canada…

Aucune chanson médiocre, juste de la bonne marchandise, et surtout un paquet de bons riffs qui feront indubitablement taper du pied le plus réfractaire des voyous! Voici les titres qui fulminent tout au long de la galette: le brûlot titré I Got A Knife, l’incandescente Hello Darkness, la glam rock Shake Your Shit Machine, l’excellent riff dans TNA (The Nihilistic Army), l’opérante Buried Alive, la très AC/DC-Motorhead intitulée finement Tight Jeans, Loose Leash, la racoleuse Rise Below et la monumentale You Give Me Worms. Du matériel sonore à écouter lors d’une virée nocturne avec de bons vieux potes!

La réussite de ce disque réside dans le fait que, malgré le départ de l’adulé Von Helvete, le nouveau venu Tony Sylvester fait un excellent travail derrière le microphone. Possédant une voix plus rauque que son prédécesseur, Sylvester apporte une dose de testostérone supplémentaire à une musique qui n’en manquait déjà pas beaucoup! Donc, rien de vraiment imaginatif, mais ce Sexual Harassment est d’une redoutable adéquation. Turbonegro effectue un retour aux sources rédempteur, concupiscent et malsain à souhait… et ça m’a rudement plu! Les amateurs d’insalubrités et d’excès rock’n’roll de toutes sortes seront euphoriques!

Ma note : 7,5/10

Turbonegro
Sexual Harassment
Volcom Entertainement
33 minutes

www.turbonegro.com/

Future Of The Left – The Plot Against Common Sense

Le groupe gallois Future Of The Left parachute cette semaine une bombe. Je connais très bien la formation pour avoir adoré et écouté abusivement les deux prédécesseurs: Curses et Travel With Myself And Another. La bande à Andy Falkous, auteur, guitariste et chanteur, a fait paraître le EP Polymers Are Forever au mois novembre 2011 qui ne m’a pas rassuré sur l’album à venir. Celui-ci avait déjà vu sa sortie être reportée deux fois et un nouveau membre, Julia Ruzicka, s’est ajoutée au mix, au cours de la dernière année. Tout cela sentait très mauvais. Puis, The Plot Against Common Sense est arrivé et mes inquiétudes, doutes, angoisses se sont envolés en fumée. Le groupe arrive avec son album le plus complet, le plus inventif et le plus mature à vie.

La galette s’entame sur la sulfureuse Sheena Is A T-shirt SalesmanFalkous est agressif à souhait, les guitares sont saturées de distorsions, la batterie de Jack Egglestone est carrée et surprenante et la basse grasse est présente comme dans toute bonne pièce du groupe. L’opus peut grosso modo se diviser en deux grandes lignes parallèles: le son classique et les mélodies audacieuses. Alors que Failed Olympic Bid, Camp Cappuccino et I Am The Least Of Your Problems sont de fières représentations du son traditionnel du groupe, quelques pièces ressortent du lot par leur originalité. Future Of The Left a porté une attention minutieuse à tout sur cet album et les procédés vocaux n’y ont pas échappé; ainsi on retrouve un superbe canon vocal à la fin de la chanson City Of Exploded Children. Deux autres pièces, quant à elles, empruntent un son plus indie: Beneath The Waves Of An Ocean et Sorry Dad, I Was Late For The Riots. Les mantras de Polymers Are Forever vous colleront dans les synapses également: « Old stones collected in plastic bags on a bloody isle / then placed in rows on the ocean floor / your friend – polymers ». Et l’album se termine sur une surprenante Notes On Achieving Orbit.

Bref, The Plot Against Common Sense est un excellent album, qui montre l’intelligence et la maturité musicale du groupe. Donnez une chance à Future Of The Left, vous ne serez certainement pas déçu, le groupe fait le pont entre le post-hardcore et la mélodie, créant des amalgames percutants. Enfin, c’est bon, très bon.

Ma note : 8/10

Future Of The Left
The Plot Against Common Sense
Xtra Mile Recordings
50 minutes

futureoftheleft.net/

Off! – Off!

C’est avec un enthousiasme de jeune premier que je me suis procuré le premier effort de la formation de punk hardcore originaire de Los Angeles nommée Off!. Mené par le vocaliste Keith Morris (Black Flag, Circle Jerks) âgé de 56 ans, le guitariste Dimitri Coats (Burning Brides), Steven Shane MacDonald (Redd Kross) à la basse et Mario Rubalcaba (Rocket From The Crypt, Hot Snakes) à la batterie, le quatuor fait du punk hardcore résolument «vielle école». Les jeunes vieillards, comme moi, sauront reconnaître les influences musicales de la formation californienne. Des noms? Black Flag, Dead Kennedys, Hüsker Dü, The Stooges… ça doit sûrement vous dire quelque chose?

Alors, les gars de Off! nous balancent seize brûlots en seize minutes. Certains crieront à l’arnaque… mais en ce qui me concerne, ce disque respecte en tout point le véritable caractère de ce mouvement musical contestataire issu des balbutiements du néo-libéralisme; celui-ci érigé en système économique incontournable et sans pitié pour les faibles, par Ronald Reagan et Margaret Thatcher. Curieusement, la musique et cette colère, exécutées et exprimées avec justesse, n’ont pas pris une seule ride. Ce premier effort ne laisse aucun répit à l’auditeur!

Mes titres de prédilection? Wiped Out, I Got News For You, Elimination, Cracked, la furieuse Borrow And Bomb, King Kong Brigade et la très Dead Kennedys intitulée I Need One (I Want One). Ce disque botte tout simplement des culs et met hostilement le feu au poudre. La musique de Off! est loin d’être ringarde et désuète; c’est jouissif, sans compromis et d’une authenticité à faire rougir certaines formations du même acabit.

Après ces trop courtes minutes passées en compagnie de Off!, les fans de ce genre musical auront simplement envie d’y revenir, d’y revenir… et d’y revenir encore! Jeunes rebelles et vieux fanatiques, je ne saurais trop vous conseiller de mettre la main sur cette création. Un incontournable du punk hardcore vintage!!! Du béton!

Ma note : 7,5/10

Off!
Off!
Vice Records
16 minutes

offofficial.com/

Pulled Apart By Horses – Tough Love

Pulled Apart By Horses est une formation originaire de Leeds en Angleterre. Ce puissant quatuor nous a bombardé de son Tough Love le 23 janvier dernier. Ce deuxième opus, du groupe formé en 2007, est tout simplement enragé. Par ailleurs, on peut lire un peu partout sur le web, qu’ils ne font pas dans la dentelle; ce qui leur à valu une réputation de bêtes de scènes. Certains des membres du groupe ont même dû être hospitalisés à la suite de performances trop intenses. Est-ce que cette fougue se retrouve sur l’enregistrement?

Tout à fait! La pièce qui ouvre l’album, titrée V.E.N.O.M, en est un bon exemple. Dès les premières secondes l’auditeur saura à quoi s’attendre : du rock brut et enragé. Puis, Pulled Apart By Horses nous transporte dans un passage digne de Black Sabbath; tout comme si Bill Ward était derrière la batterie. Un travail de section rythmique soigné et impeccable est présent tout au long de l’opus. Le groupe offre de beaux moments dans Shake Off The Curse, où la basse et la batterie prennent l’avant-scène. Fait à noter: Pulled Apart By Horses est particulièrement apprécié en Angleterre, comptant parmi leurs amis, la formation Muse, qui eux, les avaient invités à faire la première partie de leur tournée au Royaume-Uni en 2010.

Tom Hudson, le chanteur du groupe, démontre tout au long de l’album, toute la virtousité de sa voix; parfois plus calme et appuyée sur Degeneration Game et à d’autres moments très criarde sur Bromance Ain’t Dead. Lorsqu’il est à son plus aigu, Hudson peut faire penser aux deux chanteurs de Blood Brothers. Le guitariste, James Brown (pas du tout relié au défunt parrain du funk!), fait aussi sa marque avec ses guitares parfois très rapides et agressives et parfois tout en nuances et presque qu’hypnotiques comme sur Everything Dipped In Gold. Définitivement, le groupe de Leeds offre un effort soutenu sans toutefois réinventer la roue. Un bon achat pour les fans de rock lourd!

Ma note : 7,5/10

Pulled Apart By Horses
Tough Love
Transgressive
33 minutes

www.pulledapartbyhorses.com/