Punk/Hardcore Archives - Page 19 sur 21 - Le Canal Auditif

Fidlar – Fidlar

homepage_large.43fde49eSi vous vous demandez ce que veut dire FIDLAR, ne cherchez pas dans un dictionnaire, car c’est un acronyme pour : « Fuck It Dog, Life’s A Risk ». Vous comprendrez donc que les jeunes hommes ne font pas dans la musique poétique et orchestrale. Issu de Los Angeles, la formation est constituée de Zac Carper (guitare et voix), Brandon Schwartzel (guitare), Elvis Kuehn (guitare) et son frère Max Kuehn (batterie). Ils ont été catégorisés comme du «Bukowski punk» et cela se voit entre autres aux nombreuses marques de bières citées comme étant des influences à leur musique sur leur page Facebook (il y a aussi le Jameson… quand même). Malgré tout, à travers cet apparat de je-m’en-foutisme, FIDLAR offre un punk aux mélodies accrocheuses et aux arrangements travaillés.

Car si la galette éponyme des quatre californiens parle de thèmes plutôt légers (boire de la bière de basse qualité, fumer des herbes thérapeutiques, faire de la planche à roulette et profiter du soleil), le tout est livré dans un emballage lo-fi, aux arrangements bien fignolés. Ne vous méprenez pas, FIDLAR ne réinvente pas la roue, encore moins le bouton à quatre trous, par contre, leur punk léger empreint de surf rock et intensément mélodique s’écoute bien; une grosse broue bien froide à la main.

L’album s’entame sur le premier simple : Cheap Beer qui sonne la charge et où pour une rare fois Carper est plus crieur que chanteur. No Waves et Wake Bake Skate sont les deux exemples les plus probants de la qualité mélodique de la bande. Max Can’t Surf et Blackout Stout sont quand à elles, des exemples du petit penchant surf de FIDLAR. Mentionnons aussi Paycheck qui est de loin le titre le plus lourd sur la galette et White On White qui contient un des riffs de guitare les plus accrocheurs jamais entendu!

Au final, FIDLAR ne réinvente rien mais fait très bien le travail. Pour les amateurs de punk rock, vous risquez de trouver un point d’ancrage dans les mélodies accrocheuses du quatuor californien. Pendant que la bande fera l’apologie du laisser-aller et du plaisir immédiat, souvenez-vous : « Fuck It Dog, Life’s A Risk »!

Ma note : 7.5/10

FIDLAR
FIDLAR
Mom + Pop
39 minutes

fidlar.tumblr.com/

Bad Religion – True North

357b06e5b653d966f9d0465385090612Bon! La bande à Greg Graffin nommée Bad Religion lançait dans les bacs leur seizième album intitulé True North qui fait suite à The Dissent Of Man paru en 2010. En plus, de l’excellent mélodiste, la formation est complétée depuis quelques années, par le bassiste Jay Bentley, les guitaristes Mr. Brett, Greg Hetson et Brian Baker, de même que par le batteur Brooks Wackerman. Bad Religion donne dans un punk-hardcore mélodieux et depuis sa naissance, le groupe a invariablement présenté des albums que l’on pourrait classifier dans la catégorie «variations sur le même thème».

Donc, sur cette offrande, aucun changement à la sempiternelle formule concoctée par le sextuor californien. Conséquemment, Bad Religion est soumis totalement à la force ou à la faiblesse mélodique de ses compositions; sinon, point de salut pour la formation américaine… et sur True North, les chansons sont étonnamment au rendez-vous. Sans être un album marquant dans la discographie du groupe, on est à même d’apprécier les différents brûlots offerts par Bad Religion.

Toujours ces rythmes rapides et succincts, ce mur de guitares incisives, ces mélodies fédératrices et ces textes engagés bien écrits et chantés par Greg Graffin. Ces vieux briscards sont les maîtres du punk-hardcore accrocheur et ce disque vient encore de le prouver. Bien évidemment, c’est une conception sonore qui sera vite reléguée aux oubliettes, mais nous sommes dans l’obligation d’admettre que c’est une création qui fait correctement son travail.

Plusieurs ritournelles ont capté notre attention telles que True North, Robin Hood In Reverse, Fuck You, l’ultra-rapide Vanity, le captivant refrain de In Their Hearts Is Right, la tranchante Nothing To Dismay et Changing Tide. En revanche, deux pistes monotones, situées en plein milieu de la création, font office de remplissage : la rock académique fredonnée par Mr. Brett titrée Dharma And The Bomb et l’interminable Hello Cruel World, seule chanson qui dépasse le cadre des trois minutes… et ça paraît! Soporifique!

Bad Religion, c’est comme une vieille paire de jeans dont on est incapable de se départir, mais qui est tellement confortable que l’on se surprend à la porter occasionnellement! Ces vieilles pointures du punk-rock créent éternellement la même musique depuis plus de deux décennies, mais nous devons modestement avouer que sur ce True North, les chansons efficaces et les refrains dévastateurs abondent. Un bon petit disque de punk-rock tout confort.

Ma note : 6,5/10

Bad Religion
True North
Epitaph Records
35 minutes

www.badreligion.com/

Snuff – 5 – 4 – 3 – 2 – 1… Perhaps?

GayTeLa formation punk rock britannique originaire de Hendon et qui a vu le jour en 1986, Snuff, renaissait la semaine dernière en lançant un énième album titré 5-4-3-2-1… Perhaps?. Assemblé autour du batteur/chanteur Duncan Redmonds, Snuff donne dans un registre punk assez classique, saupoudrant sa musique de temps à autre de cuivres et d’orgue Hammond; mais n’ayez crainte les guitares sont absolument présentes, de même que les mélodies captivantes et fédératrices qui régissent le genre musical.

Donc, pas de surprises, ni d’incursions saugrenues dans des univers sortant des sentiers battus. Sur cette offrande, Snuff reste lui-même pour le plus grand plaisir des fanatiques de la première heure. Le groupe, qui a connu son heure de gloire dans les nineties, y va de quelques compositions d’une efficacité exemplaire tant les mélodies, combinées aux harmonies vocales, sont d’une efficacité éprouvée.

C’est exécuté avec honnêteté, fougue, authenticité et sans fioritures; et c’est ce qu’on était en droit de s’attendre de la part d’une vieille pointure du punk rock. Est-ce suffisant pour rassasier l’adepte de punk nouvelle vague? Nous sommes loin d’en être convaincus, mais on ne peut reprocher à ces vieux loups d’être racoleurs et opportunistes. Bref, un disque crée par des cols bleus du genre musical, destiné aux purs et durs.

Parmi les ritournelles valables, nous avons grandement apprécié les cinq brûlots qui ouvrent la création : In The Stock, From Underneath The Ice, There Goes The Waltzinblack, la très rapide Mumbo Jumbo et l’opérante Rat Run; un excellent titre! Nous avons également remarqué la « classic rock » intitulé Mary Poppins, l’agressive I Blame The Parents et All Good Things. L’album se conclut avec des versions acoustiques de qualité de In The Stock et ELF.

Probablement, une création à classer dans la catégorie «trois petits tours et puis s’en vont», mais en ce qui concerne Snuff, on ne pouvait exiger rien de plus! Qu’à cela ne tienne, c’est un retour assez réussi et à la hauteur des attentes pour ces fiers porte-étendards du punk rock britannique vieille école… un peu désuet, mais ça demeure un album tout à fait dans les normes!

Ma note : 6/10

Snuff
5-4-3-2-1… Perhaps?
Fat Wreck Chords
35 minutes

www.fatwreck.com/band/index/17

Gallows – Gallows

Gallows est un groupe de punk hardcore formé en 2005 à Watford en Angleterre. Créateurs de trois albums, ils ont vécu un grand changement en juillet 2011 lorsque Frank Carter (voix) a quitté la formation pour des raisons de divergences musicales. En août 2011, c’est Wade MacNeil, anciennement d’Alexisonfire qui a pris la relève, puisque ces derniers avaient annoncé leur séparation. D’ailleurs, le titre éponyme de l’album est en quelque sorte l’affirmation franche d’un nouveau départ.

Gallows arrive avec un album solide comme le roc; du punk enragé et bruyant. D’ailleurs, les parallèles avec l’ancienne formation de MacNeil sont assurément aisés à tisser. Un savant mélange de gros riffs et de mélodies fédératrices; des « sing-along » rapides et tout cela avec un fond d’engagement social très prononcé. Preuve de cela, le groupe, qui était signé sous un major a préféré ne pas accepter l’option pour un deuxième disque, et ainsi fonder sa propre maison. Les coudées sont franches et cela s’entend sur l’offrande.

La galette s’entame sur un Victim Culture, où une femme pose des questions : « Are you often ill?/ Do you think they are out to get you? »… et autres questions du genre pour tout à coup laisser la place à un MacNeil qui explose: « In us we trust! ». Last June nous offre un refrain très Alexisonfire avec les cris de chœur et la voix du chanteur. Outsider Art, quand à elle, nous présente une progression entre les guitares de Laurent Barnard et Steph Carter, la voix de MacNeil et la batterie de Lee Barratt, afin que Stuart Gili-Ross les rejoigne et que le tout explose. Notons aussi les très punks Vapid Adolescent Blues, Odessa et Depravers; celle-ci donne lieu à un riff lourd à souhait à la fin. Que dire de l’ensorceleuse Cult of Mary dans laquelle MacNeil et une voix enfantine répètent en boucle : « Cult of Mary, crucified Christ/Pagan blood for the religious Reich »? Du gros stock!

Bref, Gallows est un groupe méconnu de ce côté-ci de l’Atlantique et mérite hors de tout doute qu’on lui porte attention. La formation propose un disque bien ficelé aux sonorités lourdes et aux propos engagés. Pour les fans d’Alexisonfire, vous ne serez pas déçu du nouvel emploi de Wade MacNeil!

Ma note : 7/10

Gallows
Gallows
Bridge Nine Records
32 minutes

www.gallows.co.uk

Titus Andronicus – Local Business

En 2010, la formation Titus Andronicus, originaire de Glen Rock au New Jersey, avait crée un opus fort prisé par bon nombre de journalistes musicaux, de même que par certains mélomanes férus de punk rock’n’roll sincère, fédérateur et engagé, le bien nommé The Monitor. Une œuvre épique et conceptuelle relatant épisodiquement certains thèmes associés à la guerre civile américaine qui a fait rage entre 1861 et 1865. Les voilà de retour avec leur troisième offrande intitulée Local Business.

Toujours ce rock’n’roll ravageur aux ascendants punk « old school » assez amplifiés; sauf que cette fois-ci la bande du charismatique et dynamique Patrick Stickles (chanteur, parolier et guitariste) délaisse quelque peu l’inclinaison punk celtique fédérateur qui régentait The Monitor afin d’offrir un rock’n’roll plus classique et traditionnel. Exit, les hymnes rassembleurs qui caractérisaient le précédent effort. Sur Local Business, les mélodies de Stickles semblent un tantinet moins mémorables et opérantes, et ce, malgré la grande amélioration de l’exécution vocale offerte par le leader de la formation américaine; une voix à la jonction de la sensibilité d’un Conor Oberst et de l’agressivité d’un Ian McKaye.

Côté texte, Stickles évoque l’isolement de l’individu face aux subtiles manigances d’une société avide de consommation éternelle, et pour le parolier, la méchanceté et l’égoïsme représente le résultat direct d’un certain conformisme face aux incontournables dictats imposés par ce capitalisme devenu résolument hors-la-loi… toujours sur un ton qui se veut plus réconfortant et empathique, que querelleur et confrontant. Bref, c’est du rock’n’roll enthousiaste et revendicateur qui cherche beaucoup plus à rassembler qu’à diviser; il s’agit de les voir en concert pour constater que ces messieurs, malgré les carences musicales et l’exécution parfois brinquebalante, compensent largement par une interprétation sentie de leur répertoire. Cette règle d’or s’applique également sur ce Local Business.

Quelques ritournelles bien tournées viennent agrémenter avantageusement cette création. Entre autres, je pense à la très Bruce Springsteen punk et vitaminée titrée Ecce Homo, à la très Replacements intitulée Still Life With Hot Deuce On Silver Platter, la très juvénile et ardente Upon Viewing Oregon’s Lanscape With The Flood Of Detritus et le calque parfait de la chanson Personality Crisis des New York Dolls nommée Food Fight!. J’ai noté également la solide My Eating Disorder, la quasi hardcore Titus Andronicus vs The Absurd Universe (3rd Round Ko) et la très valsée qui se transmute en un blues rock incandescent Tried To Quit Smoking.

Suite à l’écoute attentive de ce Local Business, je me suis dit, voilà une création conçue spécifiquement pour la tournée, mais qui n’atteint pas les sommets de The Monitor. Le groupe semble beaucoup plus en contrôle, moins éparpillé, plus mature et moins dévastateur qu’auparavant, et forcément, les chansons deviennent moins explosives et demandent un effort auditif majoré afin d’en comprendre réellement la portée fédératrice… mais ce n’est pas nécessairement inefficace. Ça demeure du bon punk rock’n’roll juvénile et électrisant!

Ma note : 6,5/10

Titus Andronicus
Local Business
XL Recordings
50 minutes

www.titusandronicus.net/