Punk/Hardcore Archives - Page 19 sur 20 - Le Canal Auditif

Gallows – Gallows

Gallows est un groupe de punk hardcore formé en 2005 à Watford en Angleterre. Créateurs de trois albums, ils ont vécu un grand changement en juillet 2011 lorsque Frank Carter (voix) a quitté la formation pour des raisons de divergences musicales. En août 2011, c’est Wade MacNeil, anciennement d’Alexisonfire qui a pris la relève, puisque ces derniers avaient annoncé leur séparation. D’ailleurs, le titre éponyme de l’album est en quelque sorte l’affirmation franche d’un nouveau départ.

Gallows arrive avec un album solide comme le roc; du punk enragé et bruyant. D’ailleurs, les parallèles avec l’ancienne formation de MacNeil sont assurément aisés à tisser. Un savant mélange de gros riffs et de mélodies fédératrices; des « sing-along » rapides et tout cela avec un fond d’engagement social très prononcé. Preuve de cela, le groupe, qui était signé sous un major a préféré ne pas accepter l’option pour un deuxième disque, et ainsi fonder sa propre maison. Les coudées sont franches et cela s’entend sur l’offrande.

La galette s’entame sur un Victim Culture, où une femme pose des questions : « Are you often ill?/ Do you think they are out to get you? »… et autres questions du genre pour tout à coup laisser la place à un MacNeil qui explose: « In us we trust! ». Last June nous offre un refrain très Alexisonfire avec les cris de chœur et la voix du chanteur. Outsider Art, quand à elle, nous présente une progression entre les guitares de Laurent Barnard et Steph Carter, la voix de MacNeil et la batterie de Lee Barratt, afin que Stuart Gili-Ross les rejoigne et que le tout explose. Notons aussi les très punks Vapid Adolescent Blues, Odessa et Depravers; celle-ci donne lieu à un riff lourd à souhait à la fin. Que dire de l’ensorceleuse Cult of Mary dans laquelle MacNeil et une voix enfantine répètent en boucle : « Cult of Mary, crucified Christ/Pagan blood for the religious Reich »? Du gros stock!

Bref, Gallows est un groupe méconnu de ce côté-ci de l’Atlantique et mérite hors de tout doute qu’on lui porte attention. La formation propose un disque bien ficelé aux sonorités lourdes et aux propos engagés. Pour les fans d’Alexisonfire, vous ne serez pas déçu du nouvel emploi de Wade MacNeil!

Ma note : 7/10

Gallows
Gallows
Bridge Nine Records
32 minutes

www.gallows.co.uk

Titus Andronicus – Local Business

En 2010, la formation Titus Andronicus, originaire de Glen Rock au New Jersey, avait crée un opus fort prisé par bon nombre de journalistes musicaux, de même que par certains mélomanes férus de punk rock’n’roll sincère, fédérateur et engagé, le bien nommé The Monitor. Une œuvre épique et conceptuelle relatant épisodiquement certains thèmes associés à la guerre civile américaine qui a fait rage entre 1861 et 1865. Les voilà de retour avec leur troisième offrande intitulée Local Business.

Toujours ce rock’n’roll ravageur aux ascendants punk « old school » assez amplifiés; sauf que cette fois-ci la bande du charismatique et dynamique Patrick Stickles (chanteur, parolier et guitariste) délaisse quelque peu l’inclinaison punk celtique fédérateur qui régentait The Monitor afin d’offrir un rock’n’roll plus classique et traditionnel. Exit, les hymnes rassembleurs qui caractérisaient le précédent effort. Sur Local Business, les mélodies de Stickles semblent un tantinet moins mémorables et opérantes, et ce, malgré la grande amélioration de l’exécution vocale offerte par le leader de la formation américaine; une voix à la jonction de la sensibilité d’un Conor Oberst et de l’agressivité d’un Ian McKaye.

Côté texte, Stickles évoque l’isolement de l’individu face aux subtiles manigances d’une société avide de consommation éternelle, et pour le parolier, la méchanceté et l’égoïsme représente le résultat direct d’un certain conformisme face aux incontournables dictats imposés par ce capitalisme devenu résolument hors-la-loi… toujours sur un ton qui se veut plus réconfortant et empathique, que querelleur et confrontant. Bref, c’est du rock’n’roll enthousiaste et revendicateur qui cherche beaucoup plus à rassembler qu’à diviser; il s’agit de les voir en concert pour constater que ces messieurs, malgré les carences musicales et l’exécution parfois brinquebalante, compensent largement par une interprétation sentie de leur répertoire. Cette règle d’or s’applique également sur ce Local Business.

Quelques ritournelles bien tournées viennent agrémenter avantageusement cette création. Entre autres, je pense à la très Bruce Springsteen punk et vitaminée titrée Ecce Homo, à la très Replacements intitulée Still Life With Hot Deuce On Silver Platter, la très juvénile et ardente Upon Viewing Oregon’s Lanscape With The Flood Of Detritus et le calque parfait de la chanson Personality Crisis des New York Dolls nommée Food Fight!. J’ai noté également la solide My Eating Disorder, la quasi hardcore Titus Andronicus vs The Absurd Universe (3rd Round Ko) et la très valsée qui se transmute en un blues rock incandescent Tried To Quit Smoking.

Suite à l’écoute attentive de ce Local Business, je me suis dit, voilà une création conçue spécifiquement pour la tournée, mais qui n’atteint pas les sommets de The Monitor. Le groupe semble beaucoup plus en contrôle, moins éparpillé, plus mature et moins dévastateur qu’auparavant, et forcément, les chansons deviennent moins explosives et demandent un effort auditif majoré afin d’en comprendre réellement la portée fédératrice… mais ce n’est pas nécessairement inefficace. Ça demeure du bon punk rock’n’roll juvénile et électrisant!

Ma note : 6,5/10

Titus Andronicus
Local Business
XL Recordings
50 minutes

www.titusandronicus.net/

Trash Talk – 119

Parmi les nouvelles surprenantes de l’année, une qui a scié les jambes à plusieurs est la signature de Trash Talk par le label Odd Future. Pour vous mettre en perspective, Odd Future est un collectif de rap très en vogue en Californie. Trash Talk est un groupe de punk ultra-hardcore du même état. Les deux partis ont évoqué leur amour mutuel du skateboard, de la marijuana et de leur agressivité comme autant de raisons de s’associer. De plus, Tyler, The Creator serait un ami personnel de la bande. Bref, le groupe nous arrive avec son premier album sous la bannière Odd Future titré 119; l’adresse de leur local de répétition.

Voilà un album typiquement punk; les chansons durent en moyenne une minute trente, la plus longue atteignant tout juste les deux minutes et demie. On se retrouve face à un feu roulant de vingt-deux minutes qui nous bombardent de rythmes agressifs et de paroles abrasives. Avec des titres tels qu’Apathy, Fuck Nostalgia et Uncivil Disobedience, vous comprendrez que Trash Talk penche plutôt du côté de l’anarchie. À côté d’eux, les éléments les plus radicaux des méchants carrés rouges ressemblent à une bande de chatons dociles. Bref, de quoi donner de l’urticaire au SPVM en prévision de leur visite à Montréal le 14 novembre prochain.

Et 119? Un bon album de punk avec toute la force nécessaire à ce genre musical. Eat The Cycle part le bal en force, donnant le ton à la galette. Apathy, Reasons et Exile On Broadway vous plongeront dans un univers punk plus classique. Thanks, But No Thanks laissera cours à un semblant d’anarchie musicale qui est non sans rappeler des groupes comme Converge et Dillinger Escape Plan, quoi que Trash Talk ne possède pas la même dextérité musicale que les deux autres formations. F.E.B.N est de loin la pièce plus développée musicalement parlant, avec sa progression intéressante, la voix de Lee Spielman prêt à tout détruire, la voix gutturale du bassiste Spencer Pollard qui appuie et la batterie de Sam Bosson en feu. De plus, notons la participation de Tyler, The Creator et Hodgy Beats sur Blossom & Burn, où le rap et le hardcore se mélange avec une homogénéité impressionnante. Finalement, Dogman ferme le tout avec la ritournelle la plus lourde de l’album.

Bref, un très bon album de punk hardcore, qui ne révolutionne pas le genre mais qui le fait certainement briller d’une lumière différente. Si jamais 119 vous séduit, sachez qu’ils seront au Il Motore en compagnie de Mellowhype le 14 novembre prochain!

Ma note : 7/10

Trash Talk
119
Odd Future
22 minutes

www.trashtalkhc.com/

Metz – Metz

À la dernière édition de Pop Montréal, j’ai assisté avec quelques chanceux à un spectacle gratuit dans le sous-sol de l’église Mission Santa-Cruz. Le gros nom ce soir là : Hot Snakes. Mais c’est le groupe qui ouvrait pour eux qui a fait décrocher ma mâchoire, et ce, après seulement quatre mesures : Metz. Ce trio de Toronto composé d’Alex Edkins, Hayden Menzies et Chris Slorach, arrive avec son premier album après avoir assumé la première partie pour des groupes tels que Death From Above 1979 et Mudhoney.

Il est facile de distinguer l’influence des Pixies, Jesus Lizard et Shellac dans leur musique. C’est bruyant, c’est grinçant, la batterie est coupée au couteau et la voix est juste assez désespérée, ce qui donne un mélange sauvage et dynamique. D’ailleurs, la prestation offerte par Metz, ce soir-là, fût un véritable feu roulant d’une durée maximale de trente minutes… Décoiffant! Je ne le recommande pas aux gens qui portent des moumoutes; elles risquent de sauter et ainsi dévoiler le subterfuge au monde entier, vous serez avertis. Blague à part, après avoir roulé leur bosse plus de quatre ans, ils nous arrivent enfin avec un premier album éponyme.

La galette s’amorce sur une Headache qui joue franc jeu. Le groupe dévoile ses couleurs sans détours. Get Off et Sad Pricks abondent dans le même sens avec des rythmes à tout casser et un son gargantuesque pour un trio. Il faut s’attendre à des riffs répétitifs qui s’étendent sur deux minutes où sont parsemés de petites variations qui titilleront l’amateur de rock. La pièce Wet Blanket nous offre des guitares stridentes et surtout un passage de batterie où la grosse cymbale prend toute la place. Un mur de son qui vous hantera pendant quelques jours assurément. Les amateurs de punk sauront apprécier The Mule, très efficace en son genre.

Bref, l’album du trio torontois est décapant, excessif et absolument succulent. Leur énergie sur scène se retrouve sur la galette et ce n’est pas étranger au duo qui a enregistré l’album : Graham Walsh de Holy Fuck et Alexandre Bonenfant, qui se sont enfermés avec la formation pendant une semaine dans une vieille grange. Le résultat, un opus texturé, énergique et électrisant au plus haut point. Est-ce que je vous ai dit que j’aimais ça?

Ma note : 8,5/10

Metz
Metz
Sub Pop
30 minutes

www.subpop.com/artists/metz

NOFX – Self-Entitled

L’année prochaine la formation punk originaire de Californie NOFX fêtera ses trente ans de carrière. Un exploit que bien peu de groupes peuvent revendiquer. Et malgré l’âge, les enfants et les abus, le quatuor est toujours aussi vivant, acide dans son propos et capable de jouer de leur instrument respectif à une vitesse effrénée. Self-Entitled est le douzième album studio de la clique à Fat Mike.

Que dire du nouvel opus? Plus punk que jamais. Alors que dans les dernières années, ils avaient frayé quelque fois avec le jazz, le métal et même le folk, cette fois-ci, on retrouve du punk mélodique d’un bout à l’autre. Les textes sont toujours aussi piquants et décapants. Fat Mike écorche à la fois les kamikazes jihadistes et la promiscuité de la jeunesse occidentale dans 72 Hookers. Sa conclusion: “72 virgins can never stop a war /But 100,000 hookers can beat the Marine Corp /And stopping hatred, fighting will cease /When everyone is getting blowjobs / That’s when we’ll finally have world peace.” Les guitares sont rapides et acérées pour I Believe In Goddess et She Didn’t Lose Her Baby. Le combo récidive côté politique en attaquant leur cible préférée, Ronald Reagan, sur Ronnie & Mags, tout ça sur fond de relation sado-masochiste entre l’ancien président américain et la Dame de Fer.

La formation, et particulièrement Fat Mike, n’a rien perdu de l’autodérision qui a toujours caractérisé NOFX. Ils se permettent de rire de tout, eux inclus. I, Fatty et Cell Out sont de dignes exemples. Autre pièce notable: I’ve Got One Jealous Again, Again qui fait référence à la pièce We Got Two Jealous Again sur l’album War On Errorism, mais surtout à son divorce en 2010.

Bref, les vieux routiers ne ramollissent pas avec le temps, ce qu’on ne peut pas dire de l’ensemble des formations à la durée de vie si longue. Bien que l’album n’apporte rien de révolutionnaire, c’est tout de même un bon album punk mélodique qui réjouira certainement les fans du groupe.

Ma note : 7/10

NOFX
Self-Entitled
Fat Wreck Chords
30 minutes

www.nofxofficialwebsite.com/

http://www.youtube.com/watch?v=FcSnKeelLWg