Pop Archives - Page 2 sur 79 - Le Canal Auditif

Critique : La Bronze – Les corps infinis

La Bronze, c’est le projet musical de Nadia Essadiqi, musicienne, parolière et actrice. Les corps infinis est une ode à la pop, un disque abouti après un premier album homonyme en 2014 et l’EP Rois de nous en 2016.

L’album démarre en force avec Canicule, une pièce mi-dansante mi-trouble. La mélodie s’accroche au corps et la structure classique couplet+refrain colle aux tympans.

C’est l’été dans les veines
L’hiver dans la canicule
Les baisers sur la peine
Il nous serre fort le crépuscule
Canicule

Un tube pop à la Nevsky, avec une finale de « ouhouhohoh ».

Suit On danse par en dedans, le premier extrait paru avec un clip chorégraphié par Dave St-Pierre. Les paroles dissèquent une relation tortueuse.

Tu m’as aimé
Dans un bain de sang puis
Tu voulais me sombrer avec toi
Mais je dansais
Avec Dieu déjà
On danse par en dedans

Dans la pièce titre, Les corps infinis, on a (encore) un refrain accrocheur qui revient en boucle. La force mélodique permet de s’accommoder de la faiblesse générale des textes, de leurs images un peu trop faciles :

Les corps Infinis
Se déposent dans la nuit
Ils éclatent
En bouquets de gâteaux
Ils éclatent
En banquets de faisceaux
Les corps infinis

À certains moments, la voix d’Essadiqi rappelle celle d’Amylie, en plus mature. Il faut avouer que La Bronze ne chante pas toujours tout à fait juste, qu’elle a une portée limitée, mais que l’artiste en semble consciente et joue dans sa zone de confort.

Musicalement, La Bronze cosigne plusieurs arrangements avec Francis Brisebois et Clément Leduc, mais en majorité, la musique, c’est elle. Mathieu Pelgag a composé les arrangements de cor français (décidément, cet instrument a la côte dans la musique québécoise ces dernières années!) sur trois pièces sur l’album (Vertige, Walt Disney et Promis juré), et franchement, c’est réussi. L’instrument ajoute cette touche de grandiose qu’un synthétiseur ne parvient pas — à moins de s’appeler Woodkid — à insuffler.

À mi-parcours de l’album, une pièce en arabe intitulée Khlakit fkelbek (Je suis née dans ton cœur), fait honneur aux origines marocaines des parents de La Bronze. La première partie est un chant de célébration partagé avec sa mère, qui se termine par des traditionnels youyou, puis la deuxième partie semble enregistrer de façon amateur, au bord d’un feu. Si l’on aurait aimé un son plus cohérent avec le reste de la qualité de l’album, l’authenticité du moment se transmet bien et permet de découvrir une La Bronze plus posée. On l’entend d’ailleurs lancer « Hey excusez, j’avais le goût de brailler » à la fin de la pièce. On avoue qu’on l’avait un peu aussi.

« Nous sommes si beaux/nous sommes plus beaux/bien plus beaux/que ce que tu crois », chante en La Bronze, appuyée par la voix chaude de Jean-Sébastien Houle dans une chanson baume. Et la pièce se termine en chœur rassembleur chanté par Les Petits Chanteurs de Granby : « Mes yeux ne voient plus le noir/depuis qu’ils ont vu/qu’il n’existe pas ». Un peu de feel good.

Somme toute, La Bronze n’est ni une chanteuse à voix ni une parolière extraordinaire : elle est une excellente mélodiste. Les refrains parasitent le cerveau et donnent envie de danser, de cracher, de jubiler. Les corps infinis passent le test et nous fera certainement écouter les prochains albums de l’artiste.

Ma note: 7,5/10

La Bronze
Les corps infinis
Kartel Musik
43 minutes

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Critique: Taylor Swift – Reputation

Trois ans ont passé depuis l’énorme succès de 1989, la princesse de la pop Taylor Swift fracasse les bacs à coup de serpents en proposant son tout nouvel opus titré Reputation. La blondinette de You Belong With Me n’est plus. Fini les chansons sirupeuses où Swift te dira que tout finira par bien aller. Place à la noirceur et à la vengeance.

Parlons un peu de contexte. Sous les projecteurs depuis l’âge de quinze ans, la vie de l’Américaine a été constamment sous les radars. Il faut dire les vraies choses. Les médias ont porté une attention particulière à ses relations amoureuses houleuses, à ses ruptures surexposées et à ses prises de becs qui ne finissent plus avec des artistes de renom (Kanye West, Katy Perry et Nicki Minaj). En plus d’avoir un ras-le-bol généralisé de la machine à rumeurs alimentée par sa vie privée, Swift croit que ses erreurs commises du passé ont été retournées contre elle. Ce qui lui a valu une descente aux enfers se disant beaucoup trop jugée par tout ce qui bouge. Produit conjointement avec les réalisateurs Max Martin, Shellback et l’innarêtable Jack Antonoff, Reputation est le produit final de toutes ces mésaventures. Taytay en a visiblement assez. Elle laisse ses cheveux en bataille et se vêtit de vêtements noirs serrés. Elle porte des talons hauts. Se déhanche sur des chansons évoquant le sexe et l’utilisation de drogues. Du jamais vu. Une nouvelle personne est entrain de naître. Vous êtes d’accord avec moi que c’est un énorme changement.

Bon. Là, on va parler musique. Je ne suis pas ici pour prendre la défense de qui que se soit. Je ne suis pas ici non plus pour commenter la vie privée et les faux pas de l’artiste. Ce qui se passe chez Swift, RESTE chez Swift. Non? Voilà. Penchons nous, si vous le voulez bien, sur ce sixième disque très attendu.

La proposition s’ouvre sur la glaçante …Ready For It?. Une ligne de basse profonde suit la voix de l’artiste. C’est ambitieux. Oui. Surprenant et original. Je dirais même dynamique donnant un bon coup d’envoi. On se dit que les éléments électroniques cadrent bien la pièce, de manière générale. Ceci dit, ça se gâche après. Swift se lance dans un rap très engagé où elle fait défiler les mots à la vitesse de l’éclair. Rendu à l’apogée de la pièce, soit au refrain, elle nous fait part de sa libido dans un nuage rêveur de paroles:

In the middle of the night, in my dreams
You should see the things we do, baby
In the middle of the night, in my dreams
I know I’m gonna be with you
So I take my time
Are you ready for it?
Reday For It?

Vraiment Taytay? Était-il nécessaire de nous avouer toutes ces vérités? Paroles peu fameuses, communes et premier degré.

On continue avec End Game mettant en vedette des collaborations du rappeur Future et du rouquin Ed Sheeran. Le trio joue sur de multiples contrastes. Ils s’écoutent, se répondent. La chimie fait quand même effet. Malheureusement, la pièce fait mouche assez rapidement. On a l’impression que c’est un carré de tissus « hors-champ » raccommodée sur une courte-pointe. Pardon. Raccommodé? Complètement décousu, plutôt. Rappelons que Taylor Swift a eu toujours un intérêt marquant pour le hip-hop et le R&B. C’est vrai et ça s’entend très bien. Cependant sur End Game, c’est tellement superficiel que c’en est absurde. Est-ce du remplissage? À voir. Le titre I Did Something Bad, qui est visiblement une réponse aux détracteurs de la jeune femme, éclaire sensiblement la même problématique. Lorsque le refrain dubstep prend place, la chanson détonne rapidement de sa montée musicale proposée en début de piste en essayant de donner un coup de poing lyrique, qui, au final, ne vaut pas grand chose. Par ailleurs, en insistant sur les vers, encombrés par un Autotune larmoyant:

They’re burning all the witches, even if you aren’t one
They got the pitchforks and proof, their receipts and reasons
They’re burning all the witches, even if you aren’t one
So light me up (light me up)
Light me up (light me up)
I Did Something Bad

Swift ne convainc pas. Elle rend mal à l’aise.

Continuons avec la très acide Look What you Made Me Do. Premier simple paru il y a de ça, quelques mois déjà. Une entrée en la matière avec la nouvelle Swift où celle-ci apparaît comme étant une femme sophistiquée aux grandes échasses buvant whisky sur glace. C’est terminé les airs de gentillesse et les petits Poppers de Vodka Smirnoff Ice. La chanteuse est choquée, coupe les ponts avec son passé et grafigne les mots de son texte en les rendant percutant par un rap mi-chanté, mi-scandé.

I don’t like your little games
Don’t like your titled stage
The role you made me play
Of The Fool, no I don’t like you
I don’t like your perfect crime
How do you laugh when you lie
You said the gun was mine
Isn’t so cool, no, I don’t like you
Look What You Made Me Do

Taytay…svp. Si tu veux lancer des flèches comme du monde, construits des paroles qui ne font pas penser à des chicanes de cour d’école. Sinon, c’est beaucoup trop banal et pas du tout pris au sérieux.

Malgré tout, Taylor Swift a quand même des bonnes idées. Sur New Year Eve, titre qui clôt Reputation, l’auditeur a droit à une pièce essentiellement acoustique à fleur de peau. Le piano fait résonner beaucoup d’émotions et de vulnérabilité chez la chanteuse. On prend plaisir à l’écouter. Ce n’est pas mauvais. Elle réconforte, elle nous couvre de la tête aux pieds en nous rendant bien introspectif. C’est non seulement jolie, mais aussi bien touchant.

Quoi qu’il en soit, avec Reputation, Swift peut être fière de ce qu’elle est en marchant la tête haute. Seulement, on ne peut pas affirmer que cette artiste fait de la musique transcendante. La jeune femme a tout simplement trouvé un bon moyen de répondre à ses agresseurs des dernières années en misant sur une énergie et une synth-pop négative qui peuvent être déplacées ailleurs. Dommage.

Ma note : 5/10

Taylor Swift
Reputation
Big Machine Records
56 minutes

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Critique : Gord Downie – Introduce Yerself

En entrant dans le chalet, au-dessus du coffre de cèdre, plaqué contre les cannes à pêche et le râteau à feuilles mortes, un appareil radio est sûrement présent.

Du moins, je l’imagine ainsi.

Un radio qui joue, pour une énième fois, les nouvelles compositions en devenir de Gord Downie. Et tout en regardant Lake Ontario, « son » lac, où des pics de diamant scintillent et se reflètent dans ses yeux, le chanteur, malade, se sachant condamné par un cancer du cerveau, écoute sa voix, qu’il trouve de plus en plus fatiguée. Un crayon de plomb à la main, il note dans un calepin des changements à apporter au texte.

Sa dernière œuvre… Son testament musical, il le veut parfait. Il a encore des choses à dire. À adresser. Et à conclure. Gord Downie ne partira pas sans avoir laissé quelques mots à ceux qu’ils aiment, à ceux qui ont partagé sa vie, à ceux qui l’ont marqué.

Il prend des notes puis éteint le radio. Place son calepin dans la poche arrière de son jean et retourne dans le petit studio aménagé dans l’une des chambres du chalet. Il y entre et ferme la porte capitonnée. Et fait signe au réalisateur Kevin Drew (Broking Social Scene), placé devant la console, qu’il est prêt. Il attend le signal, s’approche du micro, et chante :

One step at a time
The floors were full of sounds
All the creaks for time
Then I’d get to the door
Open it carefully
Trying back out of the room so quietly
Bedtime, avec un simple piano en arrière-plan et une batterie, lointaine et discrète

Voilà comment j’imagine l’enregistrement du dernier album de Gord Downie.

Introduce Yerself compte 23 chansons conçues dans un chalet en deux sessions de quatre jours – une première en janvier 2016 et une autre en février 2017. Ces 23 compositions se veulent des lettres adressées à des personnes qui ont partagé la vie du chanteur de Tragically Hip : sa femme, son premier amour, ses enfants, les gars de son groupe, ses fans… Mais aussi des membres des premières nations, qu’il a toujours défendues, et, de façon plus abstraite et poétique, certaines missives tournent autour de thèmes chers à Downie, tels que l’amour et l’amitié, bien sûr, mais aussi la préservation de la nature, de l’eau principalement.

L’enrobage musical proposé par Kevin Drew se veut minimaliste. Le piano et la guitare classique accompagnent la plupart du temps le dernier tour de chant de Gord Downie. Ici et là, quelques touches d’électro ajoutent un aspect contemporain à l’offre (Safe Is Dead, A Better End, Thinking About Us), une offre où quelques pièces au tempo rock bien « tragicallyien » sont également présentes (notamment Love Over Money et A Natural qui auraient pu se retrouver sans problème sur l’un ou l’autre des 14 albums conçus par le groupe au fil de sa carrière).

Au final, nous voici devant une œuvre dense, généreuse, sans prétention, où la résignation de Downie chavire les pensées de l’auditeur et, le temps de l’écoute, éloigne un peu la mort elle-même.

***
Gord Downie est décédé le 17 octobre dernier, seulement dix jours avant la naissance de son sixième album solo. Il avait 53 ans.

Holding hands
Squeezing tight
There’s no fighting anymore
We’re ashore, we’re ashore, we’re ashore, we’re ashore
— Yer Ashore

Mais malgré ce départ précipité, Gord Downie sera encore présent parmi nous pour de nombreuses années, l’écho de sa voix se faisant entendre dans les radios, notamment dans celles des chalets situés près des lacs, ici, tout comme dans le reste du pays.

Ma note: 8,5/10

Gord Downie
Introduce Yerself
Gordiland, Secret Path to life
73 minutes

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Critique : La Famille Ouellette – Deluxe

La Famille Ouellette est un groupe atypique dans le paysage musical québécois. Les six « frères » ont formé le groupe à la hâte pour participer aux Francouvertes en 2016. Ce qui a été la surprise, c’est qu’ils se rendent aussi loin pour finir par l’emporter en finale. Disons que le coup de tête aura porté ses fruits. Il faut dire que ce ne sont pas non plus des inconnus qui forment le groupe. Jean-Sébatien Houle est l’architecte derrière l’imposant projet Une toune par jour et rythmait avec Christian David les joutes de la LIM. Ce dernier est aussi connu pour ses collaborations avec David Giguère et Gabriella Hook. On y retrouve aussi David Lagacé, l’une des moitiés de Fire/Works. Bref, ce ne sont pas des inconnus de la scène.

Sur Deluxe, La Famille Ouellette nous livre exactement ce à quoi on s’attendait d’eux. C’est à coup d’indie-pop contagieuse, de textes avec des touches d’humour et de mélodies vocales qui rajoutent un effet grandissant qu’ils pourfendent le silence. Si vous avez suivi leur parcours lors des Francouvertes, alors vous serez en plein terrain connu pour Deluxe.

Avec ses chansons qui se rapprochent parfois d’Half Moon Run, les Ouellette ne nous laissent pas s’ennuyer sur Deluxe. On retrouve avec plaisir l’intoxicante Tout ce vacarme réalisée avec goût. Ça rend justice à cette chanson fort réussie. Jogging est une autre chanson qui était dans le corpus du groupe. On y retrouve leur penchant pour le charme qui se fait ressentir à quelques moments sur Deluxe.

J’ai brisé la glace
Le froid dans les yeux
Regardé en face
Ton sourire me réveille
Tes jambes éternelles m’appellent
Le soleil sur ta peau
Tu me donnes chaud
Tellement chaud
Jogging

Ce petit côté charmeur se retrouve aussi Hey, ça va?, avec sa trame aux synthétiseurs et la voix de JS Houle qui est beaucoup trop douteuse. Il met en scène une rencontre et une drague dans le métro. Rien de moins. Le tout est aidé par la présence d’Hologramme pour la chanson et la chanteuse Eli Rose. Ce n’est pas la seule collaboration de Deluxe. La Famille Ouellette a fait appel à Judith Little et Greg Beaudin, mieux connus sous le pseudonyme Snail Kid (Dead Obies, Brown).

Le groupe n’est pas toujours non plus dans un rythme qui brise tout. On les retrouve plus calmes sur la réussie Kaatunga qui ouvre Deluxe. C’est en grande raison de ses chœurs harmonieux et doux aux tympans que le groupe s’en sort. Même chose sur l’atmosphérique et fantomatique Ce ne sont que des mots. Par contre, c’est moins réussi sur M’empêcher qui passe un peu dans le beurre. Sur Sortir dehors on créerait entendre Pierre Bertrand chanter. Ça surprend de prime abord, mais on s’y fait.

Deluxe est un album réussi pour La Famille Ouellette et jète les bases de ce qu’ils sont capables de faire. Peut-être est-ce parce qu’on les a suivis tout au long des Francouvertes, mais ça manque un tantinet de surprise. Surtout au niveau musical. Tout ce qui fait leur charme y est, mais ça manque un brin de folie. Est-ce que ce serait dû au fait que le groupe a assuré lui-même la réalisation de l’album? Possible. N’empêche, ce n’est pas raté pour autant! Et ça vaut le détour.

Ma note: 7/10

La Famille Ouellette
Deluxe
St-Laurent Records
40 minutes

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Critique : Weezer – Pacific Daydream

Depuis quelques années, la bande menée par Rivers Cuomo déçoit beaucoup plus qu’elle n’épate. L’an dernier, Weezer avait fait paraître un White Album correct, sans être vraiment intéressant, sur lequel la formation plongeait dans une esthétique pop californienne très Beach Boys. Deux ans auparavant, le groupe y allait d’un Everything Will Be Alright In The End somme toute assez ordinaire. Voilà que le quatuor récidivait récemment avec son 11e album en carrière intitulé Pacific Daydream.

La prémisse de départ ? Cuomo souhaitait présenter à ses admirateurs un album où le son léché et ensoleillé des Beach Boys (que voulez-vous, on ne s’en sort pas ?) irait à la rencontre d’un rock prolétaire à la The Clash. Ceux qui ont lu ma critique du dernier Foo Fighters savent à quelle enseigne je loge quant à ce genre de démarche ampoulée qui camoufle trop souvent une déficience majeure au niveau « songwriting »…

Pour réaliser ce nouvel album, Cuomo a fait appel à un réalisateur parfaitement « post-moderne » ( et ce n’est pas un compliment) en la personne de Brian Walker et, encore une fois, l’acolyte Jack Sinclair apporte une aide que je qualifierais de « quelconque » au travail chansonnier du meneur.

Comme vous pouvez vous en douter – si vous tenez compte du postulat de départ émis par Cuomo – les textes font référence à certaines « joies nostalgiques » qu’a vécues notre homme, le confinant ainsi dans une solitude quelque peu éprouvante, du moins pour lui. Musicalement, malgré cette réalisation parfaitement pop, parfaitement lustrée ainsi que les magnifiques harmonies vocales fortement inspirées par vous savez qui, c’est probablement la pire production de la carrière de Weezer.

Weezer est à son mieux lorsqu’il brasse la cage, tout en étant mélodiquement accrocheur, frayant ainsi avec la power pop des années 70. J’accepte la nouvelle idylle que le groupe entretient avec la pop californienne des années 60, mais sans la charge rock, j’ai l’impression de me retrouver dans un condo de pacotille de Fort Lauderdale plutôt que sur une magnifique plage de Venice. Sur Pacific Daydream, le groupe s’enfonce dans la pop grand public, paresseuse et sans substance.

Si je mets mes lunettes roses, je dois avouer que l’extrait Feels Like Summer est totalement vendeur, mais, chers lecteurs, expliquez-moi ce qu’il y a d’authentiquement « Weezer » dans ce disque. Je peux aisément accepter qu’un groupe emprunte un virage accessible, mais de là à y perdre son identité – dans ce cas-ci, le côté pop punk qui déménage – il y a une frontière que je ne franchirai pas. Weezer possède la liberté de faire ses propres choix, mercantilistes ou non. Pour ma part, je refuse de les suivre tout simplement.

Voilà un autre groupe rock qui souffre d’un irrémédiable déclin créatif. Aussi simple que ça.

Ma note: 3/10

Weezer
Pacific Daydream
Warner Music
34 minutes

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