Métal / Industriel Archives - Page 2 sur 31 - Le Canal Auditif

Critique : Cormorant – Diaspora

Le groupe Cormorant, de San Francisco, a lancé son nouvel album, Diaspora, le 11 août dernier. Il s’agit de leur quatrième album studio, et ils ont également un EP à leur actif. Formé du bassiste et chanteur Marcus Luscombe, des guitaristes Nick Cohon et Matt Solis, et du batteur Brennan Kunke, ce groupe de métal progressif existe depuis 2007. Depuis ses débuts, le groupe est resté férocement indépendant. Ils mélangent plusieurs styles : black métal, blues (!), rock progressif, death métal et folk.

Avec Diaspora, Cormorant présente quatre pièces massives de plus de 7 minutes chacune (la dernière pièce approche même la demi-heure!). Une substance charnue, dense, qu’il faut mastiquer longtemps pour bien comprendre. De la musique profonde, exigeant temps d’analyse et de réflexion. Devant nos yeux se déroulent des épopées houleuses ou sereines… Loin de suivre un tracé linéaire, Cormorant fait voyager dans de multiples détours, et on apprécie l’inattendu, voulant être pris de court.

Profil détaillé.

La pochette, une œuvre surréaliste/symboliste, inspirée de The Temptation of Saint Anthony, par Dali, est à l’image de l’album. Bien assis sur les chevaux surréalistes de l’artiste Jeff Christensen, on traverse différents paysages sonores, tantôt tempétueux, tantôt lascifs. Les personnages au dos courbé, qui traînent des forteresses sur leur dos, rappellent comment nos propres épaules s’affaissent sous le poids de cet album (c’est positif!). La pâleur du ciel incarne d’ailleurs les éléments plus aériens, plus légers.

Diaspora est un album construit comme une courtepointe, où les transitions entre les riffs sont bien menées. Il y a souvent trois guitares dans les chansons, et chose importante, malgré le nombre de couches, ça ne « beurre » jamais trop épais. Toutefois, les guitares sonnent un peu désaccordées à certains endroits, ce qui rend l’écoute un peu difficile. Par ailleurs, tout au long de l’album, la batterie est incroyablement rapide et technique, avec beaucoup de passes et de petits détails alambiqués… Et la basse est bien présente et intéressante, avec ses nombreuses extrapolations des riffs de guitare. Il y a des changements de tempo fréquents, comme on peut s’y attendre lors d’une telle épopée musicale. D’ailleurs, la signature rythmique n’est pas toujours en 4/4, ce qui mène à des endroits inusités et agréables.

L’ouverture de la première pièce, Preserved in Ash, est angoissante et rapide, et typiquement black métal. On se fait donner toute une « volée », vraiment efficace — surtout au niveau de la batterie, qui est sans merci! Puis, après 1 min 30, on tombe dans un black/folk métal, un peu plus festif. Mais vers quatre minutes, les choses se gâtent. Un lourd nuage gris démoniaque à la Satyricon apparaît. À 7 min 21, il y a un « breakdown » inattendu, où les guitares hurlent une lente agonie. La basse est élaborée à ce moment-là, et on aime ça — la chanson devient encore plus luxuriante. Toutefois, l’intention de vouloir ajouter un solo par-dessus la guitare rythmique donne un résultat plus ou moins bon, car le passage est dissonant. Preserved in Ash finit après 10 minutes de magnifique souffrance, sur des effets de guitare atonaux. On apprécie d’ailleurs les longs passages instrumentaux. Les voix sont aussi toujours placées de façon très appropriée.

Ensuite, nous continuons le voyage, avec Sentinel où on entend des voix « clean » pour la première fois à 2 mins 35. Ils sont vraiment bien placés par rapport aux instruments, et ce, tout au long de l’album. Ils font penser aux excellents chants de Blackcrown Initiate. Sentinel change souvent de « mood »… À écouter lorsqu’il pleut très, très fort. Quelques autres dissonances, bonnes passes de basse, et la chanson continue dans la plus pure tradition black métal. Vers 6 mins 46 (après un riff un peu trop répétitif), la guitare « clean » et le violon créent une ambiance à la fois inquiétante et fascinante, semblable à un Unexpect très épuré.

On s’envole, ici, on décolle réellement. Lascivement. On devient superhéros. Les forteresses dorsales qu’on supportait depuis le début sont disparues. On vit une envolée nocturne dans un paysage urbain, moderne, clinquant. La batterie apparaît ensuite, par petites touches. La basse nous fait languir avec son bel agencement avec la guitare, qui fonce droit dans la nuit. Ensuite, le tout devient de plus en plus léger, comme si on avait bel et bien oublié l’existence des châteaux qui nous rendaient bossus. La batterie est aussi saupoudrée de petits sons percussifs, faits par un xylophone. Vers 11 minutes, il y a des dissonances de la part des cordes, et un crescendo dans lequel les archets de violon nous lacèrent la peau. Puis, finalement, les violences reviennent, avec une guitare acoustique vraiment inattendue. Puis, l’incroyable cri final (pensez Devin Townsend ici!) met fin à cette pièce très diversifiée.

La troisième pièce, The devourer, commence avec un riff de picking rapide typique au black métal. On ressent la « grimness » la plus vicieuse, jusqu’au fond de nos os! La chanson comporte beaucoup de riffs de ce type, mais ce n’est pas nécessairement répétitif, car ils sont poignants et bien ficelés. À 1 min 15, le vocal clean, quasi-soyeux, est très bien placé. Il est d’une telle beauté, et on aimerait qu’il se prolonge encore plus…

À 3 mins 43, se trouve un des meilleurs moments de l’album : amalgame de trois couches de guitare (une acoustique, et deux électriques), deux épaisseurs de vocal clean, et motifs de batterie très poussés… On aimerait que ce moment s’éternise encore plus; Cormorant est concis à l’extrême. Il gagnerait parfois à plus s’éterniser! Après la chaleur de ce passage, on retourne ensuite dans les forêts norvégiennes glaciales, avant d’atterrir dans un passage lourd à 6 mins 31, saupoudré d’une couche de guitare aérienne.

Migration, quatrième et dernière pièce, commence dans une ambiance inquiétante et un riff très désespéré, d’une beauté cruelle. Les voix profondes semblent venir du centre de la Terre. On sent le poids de la gravité qui s’abat lourdement sur nos frêles épaules.

Monumentale et immersive, Migration nous emmène à plein d’endroits très différents en 26 minutes. Dans les dix premières minutes, on vogue entre l’espoir mélancolique, où tout est un peu plus léger, avec de magnifiques voix clean, et des passages purement black métal, où les solos de guitare sont un peu superficiels. On aurait pu se passer de certains d’entre eux, sans que les chansons soient dénaturées. On apprécie les solos lorsqu’ils sont plus subtils; ils deviennent alors pleins d’émotion, comme vers les 18 minutes, dans cette même chanson.

Une partie clean et tranquille apparait vers les 12 minutes, comme un courant d’eau au milieu d’une vallée. Ce moment fait d’abord étrangement penser à des groupes de post-hardcore, tels que The Used, AFI ou From Autumn to Ashes (oui, ça ressort de loin!). À noter que le tone du clean est vraiment excellent; il contient la juste quantité de délais. Aussi, le travail est très bien fignolé au niveau des deux guitares, et la basse est bien sentie.

On a l’impression de se coucher dans la crinière d’un gigantesque cheval, enrobé de son velours, sous les étoiles protectrices. Chaque pore de notre peau apprécie le contact soyeux et réconfortant de la crinière diaphane et brillante, qui ondule dans le vent frais. Liberté totale, et acceptation de toutes choses. Évasion compète — retour aux sources. Sentiment paradoxal de tomber en amour… Élévation et racines. Cieux et sols fertiles.

Vers les 22 minutes de Migration, on quitte le courant limpide pour aller rejoindre la rive rocailleuse, où la distorsion réapparait, ainsi que le growl puissant du chanteur. L’effet est très bien mené — les frissons se font insistants! Après un breakdown (le plus pesant de l’album), et un passage rapide, la chanson se termine merveilleusement avec un crescendo.

Quoi? Déjà?! Le voyage est déjà terminé? Non… Pas tout de suite! On ne veut pas quitter nos chevaux métaphoriques… Cormorant, revenez-nous vite, mais avant, apprenez-nous comment vous avez si bien dressé vos animaux purs races!

Ma note: 8,5/10

Cormorant
Disapora
Indépendant
61 minutes

Site Web

Critique : Sannhet – So Numb

Sannhet lance son troisième album intitulé So Numb. Le groupe avait déjà fait sa marque avec Known Flood, mais surtout Revisionist paru en 2015 qui avait confirmé qu’il était l’une des formations métal à surveiller de près. Pour les néophytes, le groupe mélange du métal instrumental et mélodieux avec des influences post-punk et du rock cinématographique. Sannhet n’est pas le champion de l’agressivité. Le groupe a tendance à plutôt s’en remettre à des atmosphères éthérées et bruyantes.

So Numb s’inscrit dans la suite logique de composition du groupe. Sannhet ne nous surprend pas, mais fait très bien ce qu’il fait depuis deux albums. Les compositions sont de qualités et possèdent un côté épique tout à fait satisfaisant. Le groupe continue à se perdre dans les nuages bruyants tout en gardant une mélodie bien incarnée et qui nous retient comme un fil conducteur.

Un changement est à noter cette fois-ci : la relative lourdeur de la basse d’AJ Annunziata qui se fait un peu plus présente. C’est particulièrement éloquent sur Sapphire et Way Out. Cette dernière avec les fûts de batterie qui sont martelés avec une rythmique légèrement anormale fait aussi partie des beaux moments de So Numb.

Même si le groupe ne surprend pas outre mesure sur l’album, ils sont loin de faire du surplace. Fernbeds est l’une des pièces qui proposent des sonorités nouvelles pour Sannhet. C’est plus lourd et ça rappelle certaines pièces de Known Flood. La basse lente s’installe avant que les atmosphères jouées au clavier ne viennent alléger l’ensemble. C’est là que se trouve le génie du groupe. Il crée des oppositions sonores qui jamais ne jurent. La noirceur qui habite Fernbeds est tout à fait appropriée et laisse un beau souvenir derrière elle. Le groupe en fait de même avec Salts, mais dans un tout autre registre. Si la précédente donnait une certaine lourdeur nouvelle, celle-ci joue plutôt dans des sonorités plus dynamiques et quasiment électroniques. Ça fonctionne à merveille.

C’est un autre album réussi pour Sannhet qui continue de nous offrir des compositions de qualités avec des univers sonores riches. Le groupe réussi à éviter le surplace créant des paysages sonores variés qui appellent à la transcendance et le plus grand que soi.

Ma note: 7,5/10

Sannhett
So Numb
Profound Lore Records
43 minutes

Site web

Critique : Igorrr – Savage Sinusoïd

La formation de… breakcore baroque? L’art de l’étiquette est désuet ici, disons donc simplement : « le multi-instrumentiste et producteur français Igorrr nous présentaient, il y a quelques semaines, son quatrième opus, Savage Sinusoïd, qui fait suite au très bon Hallelujah. » Les ingrédients de base sont les mêmes qu’auparavant : du drill’n’bass, des références très assumées au baroque, du gros métal sale et une bonne touche d’humour. Parce que veux, veux pas, passer d’une cantate à un blast beat méga violent, ça provoque ça au début, le rire. Bref, c’est assez unique merci! Et ce, autant en studio qu’en live, où la scène est occupée par Igorrr aux électroniques, un batteur, une chanteuse baroque et un chanteur métal selon les règles de l’art soient maquillés comme s’il venait de quitter Behemoth.

La postproduction s’améliore beaucoup d’album en album depuis Moisissure. Alors qu’Hallelujah atteignait déjà des sommets en ce sens pour Igorrr, surtout au niveau des sons de batteries et de la fluidité du mix au cours des changements drastiques de sections, Savage Sinusoïd va encore un peu plus loin avec une production qui sonne foncièrement énorme.

La composition (qui, dans ce style, va de pair avec la postproduction) est très bien maîtrisée à quelques petits égards près, digne de ce à quoi le producteur nous a habitués. Il continue de nous montrer à quel point il est polyvalent, capable de pondre autant une pièce aux apparences très romantiques — Problème d’émotion — que du drum and bass selon les règles du style, et ce en gardant toujours sa touche personnelle très près de lui. Vraiment, analysé plus en profondeur, cet album comprend des petits bijoux de progressions harmoniques et de mélodies. Sa grande culture musicale transparaît partout où il s’aventure. Au point de vue sonore, l’album, comme ses prédécesseurs, est coloré d’une variété inhabituelle d’instruments : en plus des instruments « normaux » qu’il utilise régulièrement — comme la batterie, la guitare, l’accordéon et le clavecin —, Igorrr a abordé dans sa carrière la sitar, la harpe et la flûte à bec ainsi que l’oiseau, la chèvre, la poule et même l’aspirateur. Houmous est même basée sur un riff en 7/4+9/4 à l’accordéon qui est repris plus tard en chiptune par une NES… Et tout ça, c’est sans parler des innombrables transformations qu’il opère sur ses instruments habituels!

Mais justement, c’est dur de mettre de l’ordre dans tout ça. Souvent, Igorrr s’en remet à l’humour pour justifier certains choix, et c’est probablement la plus grande lacune du projet à mon avis. Tous ses albums sont un mélange de pièces sérieuses et humoristiques — certaines pièces sont même les deux à la fois — et ça enlève beaucoup à la cohérence ainsi qu’à la pertinence de ses œuvres. L’humour est un bon prétexte pour faire quelque chose d’aussi singulier; de cette manière, le producteur peut aisément justifier certains de ses choix esthétiques aux auditeurs non initiés, rendant plus accessible sa musique. Par contre, une fois habitué à l’hétérogénéité de sa musique, on commence à vouloir plus de sérieux et moins de niaiseries. Igorrr nous montre dans ses pièces les plus sérieuses de quoi il est capable, de quelle cohérence il sait faire preuve. Rendu là, l’humour n’est plus une justification, mais bien une béquille qui, dans certains cas, peut handicaper une pièce au complet. Un bon exemple de ce phénomène est la pièce leud, majoritairement sérieuse et grandiose, qui se termine avec un arpège mineur joué à la flûte à bec comme un enfant le ferait. Le seul effet de ce choix esthétique, c’est de briser l’inertie de la pièce — et donc trois secondes de flûte détruisent ce que les trois dernières minutes ont construit.

Autre petit bémol à l’œuvre : l’album n’est pas de la même consistance du début à la fin. Apopathodiaphulatophobie et Va Te Foutre sont toutes deux mal (ou plutôt pas) développées alors que Robert est une sorte d’expérimentation décousue qui explore de façon discutable le dubstep. Certains passages sont très intéressants, d’autres pas du tout… Ça a au moins le mérite d’être un essai intriguant qui pourrait avoir de très intéressantes répercussions dans le futur. Au Revoir aurait pu paraître bien meilleure si elle n’avait pas été suivie de ces trois pièces décevantes, et surtout si la transition entre Robert et celle-ci avait été mieux exécutée. Bref, l’album finit sur une note décevante.

C’est bien fâcheux tout ça, mais ça n’en fait pas un mauvais album en soi. Il n’est plus nécessaire de le préciser après HUIT ANS d’activité, mais Igorrr est dans les producteurs les plus originaux actifs présentement, et son style déstabilisant le rend plus intéressant que bien d’autres choses. Oui, de toujours prendre les choses avec légèreté est pour moi une lacune considérable dans le travail du Stratsbourgeois, mais cette lacune n’est pas propre à l’album, mais bien à l’artiste. Quand on écoute l’œuvre comme Igorrr voudrait qu’on l’écoute, c’est-à-dire avec humour, Savage Sinusoïd est un assez bon album, avec comme unique problème considérable la cohérence de la fin. L’album est réussi : il est très bien produit, bien composé et n’est pas redondant par rapport à ses albums précédents, adoptant une optique plus métal cette fois. Vraiment, la seule façon de rendre Igorrr meilleur pour moi, c’est de le rendre sérrrieux.

Ma note: 8/10

Igorrr
Savage Sinusoïd
Metal Blade Records
40 minutes

http://www.igorrr.com/

Critique : The Melvins – A Walk With Love & Death

Les Melvins sont infatigables. Une fois de plus, la bande à Buzzo garde le rythme en faisant paraître un nouvel album intitulé A Walk With Love & Death. Le groupe américain avait fait paraître Basses Loaded en 2016 et de cette initiative aux basses fréquences lourdes et groovy, ils ont gardé Steven McDonald. Cet impressionnant album double est en partie album en bonne et due forme (les 9 premières chansons) et en partie une bande originale d’un court métrage portant le même nom (les 14 suivantes).

Quoi faire de tout ça? Eh bien, c’est une question qu’après plusieurs écoutes, on se pose toujours. La moitié intitulée Death nous offre du Melvins correct. C’est efficace, bien écrit et intéressant, mais pour le fan qui connaît un tant soit peu la discographie du duo Crover/Buzzo, il n’y a pas de titres qui surprendront. On est dans les mêmes eaux où baigne le groupe depuis Nude With Boots avec quelques variantes. Malgré le manque de réinvention pour un album de Melvins, ça reste des compositions solides aux atmosphères riches.

Sober-dellic est un bon exemple de la lourdeur toujours de circonstance du groupe. Un lent riff qui s’énerve à certains moments, de longs solos et une cadence qui donne envie de se faire aller le porte-chapeau. Flaming Creatures est sans doute la chanson la plus typique du groupe et en même temps, il est difficile de ne pas tomber sous le charme de la voix théâtrale de Buzz Osborne. On y trouve aussi What’s Wrong with You, une chanson qui laisse le micro à Steven McDonald. Son rythme vocal nous entraîne dans un univers punk qui laisse un peu sur sa faim.

Passons à la deuxième partie, la fameuse bande originale du court métrage A Walk With Love and Death. Soyons honnêtes, ce n’est d’aucun intérêt pour le mélomane. C’est une suite de discussion en bruit de fond sur lesquelles le groupe ajoute parfois un peu de piano et parfois un peu d’effets électroniques. Ça reste entièrement inintéressant à l’écoute sans avoir accès au dit film. Street Level St Paul est l’exception à la règle avec sa guitare bruyante, mais on est très loin d’une expérimentation longuement réfléchie. On a plutôt l’impression d’écouter un trip de pédale à effet en studio. Ça laisse froid. La vraie question est : mais pourquoi coucher ça sur album?

Enfin, ce Walk With Love & Death manque un peu de panache pour un album de Melvins. Surtout, pourquoi avoir publié la bande originale du film alors que prise hors contexte, elle est d’une platitude totale? Au moins, on peut se consoler avec les 9 chansons qui la précède qui sans nous offrir les œuvres les plus inspirées de Melvins dans les dernières années, comporte quelques bons tubes lourds et plaisants pour les tympans. Mais il est tout de même difficile de ne pas sourire à l’audace des Melvins de publier une telle œuvre.

Ma note: 5,5/10

The Melvins
A Walk With Love & Death
Ipecac Recordings
82 minutes

https://www.facebook.com/melvinsarmy/

Critique : Anathema – The Optimist

Avec The Optimist, Anathema reprend le concept de son album phare de 2001, A Fine Day To Exit, et retravaille le narratif dans la perspective du protagoniste principal, l’optimiste. Ça, c’est la trame de fond. Pour les néophytes, Anathema est un groupe polyforme, fondé à Liverpool au début des années 90. Dédié d’abord à l’exploration du doom métal et à ses confluents poético-black, le groupe fait dorénavant dans le prog-mélodique ascendant post-rock. C’est avec Eternity, en 1996, le groupe a baigné une première fois dans ces sonorités, tout en accordant une importance certaine à la construction des atmosphères.

Ce qui nous amène à The Optimist, un album d’une grande beauté sur lequel Anathema varie les styles, les montées mélodiques et la narration (merci aux trois chanteurs qui participent à l’effort ici.)

Les pièces Endless Ways, Leaving It Behind et The Optimist sont de bonnes entrées en matière : très vocales et mélodiques, ces pièces affichent aussi un bon tempo et quelques riffs accrocheurs (Leaving It Behind principalement).

Après, c’est plus diffus, voire orchestré avec San Francisco, Ghosts et Springfield. D’ailleurs ce dernier titre, qui est aussi le premier extrait, surprendra les fans de Mogwai pour sa ressemblance avec la manière du groupe à Stuart Braithwaite. Coïncidence? Du tout. Tony Doogan a participé à l’enregistrement et à la production de The Optimist, lui qui a travaillé notamment avec Belle and Sebastian et Mogwai justement. Tient tient… Mais outre la prise de son des pianos et un certain sens du crescendo, les comparaisons s’arrêtent là. Anathema a assez d’expérience derrière la cravate pour ne pas émuler le son d’un autre groupe.

Après avoir traversé le cœur de l’album, plus ambiant, Anathema renoue avec de grosses rythmiques et les pédales de distorsion au moment de l’épique conclusion de Wildfires, avant-dernier titre. Voilà une bonne mise en place pour Back to the start, grandiose et orchestrale conclusion à The Optimist. Ce morceau agit comme une belle synthèse de tout ce qu’on a pu entendre dans la dernière heure de lecture.

The Optimist est un album lumineux malgré un narratif éminemment sombre. Peut-être est-ce la pochette qui me rappelle les scènes d’assassinat du Zodiac dans le film du même nom du grand David Fincher. Peut-être. Mais il va sans dire que malgré son nom, l’optimiste, le protagoniste de l’album marche vers un destin sombre.

Ma note: 7,5/10

Anathema
The Optimist
Kscope
59 minutes

http://www.kscopemusic.com/artists/anathema/