Francophone Archives - Page 59 sur 59 - Le Canal Auditif

Les Dales Hawerchuk – Le tour du chapeau

Les Dales Hawerchuk, formation saguenéenne transplantée à Montréal, sont de retour avec leur troisième offrande logiquement intitulée Le Tour Du Chapeau. Les Dales Hawerchuk, c’est du stoner rock qui ne s’enfarge pas dans les fleurs du tapis. Brutal, cru, fuzzé, buzzé, sans fioritures; et c’est comme ça qu’on aime Les Dales Hawerchuk. Les frères Séguin ont encore réussi en nous en mettre plein les oreilles.

Moins festive que les deux précédentes galettes, les Dales ajoutent une couche supplémentaire de fuzz gracieuseté de la réalisation fracassante du guitar-hero en chef Olivier Langevin. Évidemment, le son des Dales Hawerchuk est tout, sauf subtil et raffiné. Le Tour Du Chapeau s’écoute le volume dans le prélart, la Molson dans la main droite, le pétard dans la main gauche, juste avant d’aller «veiller» au bar du coin! Mon propos peut paraître péjoratif mais c’est loin d’être le cas. Qui n’a pas fait ça au moins une fois dans sa vie? Sinon, je vous le souhaite… c’est jouissif!

Le Tour Du Chapeau est un retentissant album destiné aux amateurs de rock de toutes les régions du Québec. Rhum And Coke, Poches Pleines D’or, J’fais Mon Chemin, Facebook, J’fume Trop, Amour Foudre et Poum De Beu constituent de furieux brûlots rock qui agissent comme un exutoire après une dure semaine de travail. Les textes sont francs, directs et en symbiose avec la musique. Ça fesse dans le dash! Ça rentre au poste!

Si vous aimez le rock « made in Québec » à haut indice d’octane, qui déménage, qui ne tombe pas dans le misérabilisme et qui ne se prend pas au sérieux, je vous conseille fortement de quitter Éric Lapointe et de transférer vos oreilles du côté des Dales Hawerchuk et leur Tour Du Chapeau. Ça ne réinvente rien mais c’est un excellent disque de stoner rock qui n’a rien à envier à certaines productions internationales du même genre. Et c’est le buuuuuuuuuuuuut!

Ma note : 3/5

Les Dales Hawerchuk
Le tour du chapeau
C4
30 minutes

lesdaleshawerchuk.com

Éric Goulet – Volume 1

Éric Goulet, vous connaissez? Le nom ne vous dit rien? Pourtant, c’est lui, le leader du groupe rock Les Chiens. C’est lui aussi qui se cache derrière le folk mélancolique proposé par son pseudo personnage, Monsieur Mono. On lui doit aussi de nombreuses réalisations, de Vincent Vallières à Yann Perreau en passant par Alexandre Champigny et Alexandre Belliard. Et pour les plus vieux, on se souviendra de lui comme le chanteur de la défunte formation Possession Simple. Mais ça, on vous pardonne de l’avoir oublié…

Voici qu’il propose cette semaine un premier album signé de son propre nom, Éric Goulet. Avant l’écoute, on imagine donc du rock, du folk, à la limite de la pop… mais certainement pas du country! Et c’est pourtant le cas. Ce Volume 1, titre librement ouvert et qui laisse déjà présager une suite, contient en effet treize chansons à écouter sur un cheval, avec des bottes et un chapeau de cowboy, en route pour le Festival western de St-Tite.

Il faut donc quelques écoutes avant de bien assimiler cette musique si prisée par les amoureux de Willy Lamothe, Paul Brunelle et Renée Martel. Car c’est bien de ce type de country typiquement québécois qu’on a droit ici : de la « lap slide guitar », de la « pedal steel », des ritournelles d’amour perdu, de cœur brisé, de chambre d’hôtel et de coucher de soleil.

Et vous savez quoi? On fini par s’y plaire! Il faut dire qu’Éric Goulet a bien fait le travail. Il s’est entouré de musiciens d’expérience (Rick Haworth et Carl Prévost aux guitares, Ariane Ouellet au violon), et de choristes à la voix bien sentie (Mara Tremblay, Isabeau Valois, membre des Chercheurs d’Or, et Corinne Montpetit, du groupe Camionette).

De plus, il reprend à la sauce country quelques chansons « connues» qu’il avait d’abord écrites pour d’autres (Mauvaise Vie, pour WD 40, Chacun dans son Espace, pour Vincent Vallières et Danse avec moi, pour Renée Martel) de même que des succès rendus populaires par, notamment, les Joe Dassin (Salut les amoureux), Pauline Julien (L’âme à la tendresse) et Georges Hamel (Quand nos cœurs seront unis).

Mais surtout, on ressent à l’écoute un véritable plaisir et une volonté de rendre hommage au style country. Les références musicales sont nombreuses, le style et les arrangements se veulent intemporels.

Alors, mettez la selle sur le cheval : on embarque!

**Lancement officiel le 7 novembre au Monument National

Ma note : 3,5/5

Éric Goulet
Volume 1
Disques Nomade

disquesnomade.com

Mara Tremblay – Mara Tremblay

Rupture amoureuse, mort de sa mère, diagnostic de bipolarité rapide, spectacles annulés… Comme dans sa chanson Le bateau, « il n’a pas fait beau souvent » chez Mara Tremblay dans les dernières années. Pour faire « sortir le méchant », un livre; son premier, au titre de Mon amoureux est une maison d’automne, de même qu’un nouveau disque, intitulé tout simplement MaraTremblay.

En terminant le livre (histoire d’une artiste peintre atteinte d’une maladie mentale qui perd sa mère et qui cache un méchant secret de famille) et en écoutant ce disque, qui se veut un retour auditif sur scène de sa dernière tournée, un souhait: que l’artiste ait passé la tempête et que les jours ensoleillés soient bientôt de retour dans sa vie personnelle comme professionnelle.

Mais avant de tourner la page sur cette période noire, jetons nos oreilles dans ledit disque. Donc, un live qui n’en est pas un. En fait, il s’agit de l’enregistrement studio de onze chansons qui ont vécu lors de la tournée Tu m’intimides. Onze chansons connues, donc, du public. Neuf émanant des trois premiers albums, les deux autres du précédent disque de Mara.

Entourée d’Olivier Langevin, Guillaume Chartrain, Pierre Fortin, Jocelyn Tellier et du sonorisateur Pierre Girard, Mara a revisité ses compositions, les arrangements et les structures. Résultat : des compos beaucoup plus sexys, plus assumées. Pensons à Tout nue avec toi, où les guitares électriques glissent le long des courbes textuelles de la chanteuse, de même qu’à Printemps des amants, ou un piano accompagne la voix chaude et les textes forts en images de Mara.

Les guitares y font d’ailleurs pour beaucoup dans cette ambiance chaude et sexy que l’on retrouve sur ce disque, tout comme la voix si particulière de la chanteuse, qui habite ici carrément les textes et leur donne une nouvelle portée. « Fais confiance que je t’aime / C’est pas vrai que j’t’une salope / Chus juste usée d’l’amour / Mais nous autres on est loin », chante-t-elle sur Les aurores.

Peut-être est-ce justement parce qu’elle a vécu de sales moments, peut-être est-ce parce qu’on sait que Mara est une amoureuse sans compromis, mais les textes prennent ici une tournure nouvelle, différente, intrigante. Voilà donc un disque qui, à la fois, résume bien la carrière de Mara et lui donne un nouveau souffle. Enveloppant.

Ma note : 3/5

Mara Tremblay
Mara Tremblay
Audiogram
40 minutes

maratremblay.com

Orange Orange – Tropical Passion

La semaine dernière, la formation « dance électro pop » Orange Orange lançait sur le marché son deuxième effort intitulé Tropical Passion. Le couple formé de Sabrina Sabotage et Dom Hamel revient à la charge avec un disque au potentiel commercial radiophonique décuplé. Après plusieurs écoutes, je me suis posé cette question : à quel public s’adresse Orange Orange? Tropical Passion étant un opus qui oscille constamment entre le côté sucré et le côté nutritif; le sucré prenant trop souvent le dessus…

L’album débute avec Virtuose; une excellente chanson pop dansante aux émanations rock. Arrive le simple Wannabe D.J. qui évoque une association sonore entre Mitsou et Marie-Mai. Par la suite, on assiste à un défilé de chansons vacillant entre le « dance » destiné aux « clubbers » et l’électro pop rock radiophonique de qualité. C’est cette valse-hésitation dans la direction musicale qui constitue la principale faiblesse de ce disque.

Le duo Hamel/Sabotage sait composer de bonnes ritournelles mais devra choisir son camp. Soit, Orange Orange tente de séduire un public s’identifiant à Marie-Mai, soit il se range du côté de Teddybears ou encore mieux, Ladytron. Curieusement, Tropical Passion est un disque qui réunit le meilleur et le pire de ce genre musical. Par contre, la réalisation est impeccable malgré l’omniprésence des voix. Les arrangements sont intéressants et l’exécution est parfaite.

Tropical Passion n’est pas un mauvais disque. C’est simplement une création qui manque d’identité spécifique. J’aurais apprécié une prise de risque plus accrue, ce qui aurait permis à Orange Orange de se démarquer de son principal compétiteur… Ici, je fais référence à Alfa Rococo. Les auditeurs de CKOI et NRJ pourraient apprécier mais les autres passeront sûrement leur tour.

Ma note : 2/5

Orange Orange
Tropical Passion
Kartel Musik
49 minutes

myspace.com/orangeorangeduo

Salomé Leclerc – Sous les arbres

Elle a marqué les dernières éditions des concours Cégep en spectacle, Ma Première Place des Arts et du Festival international de la chanson de Granby. Salomé Leclerc risque maintenant de marquer le paysage musical québécois pour quelques années avec la sortie de son premier disque Sous les arbres. À l’écoute, on remarque d’abord le professionnalisme des compositions de la jeune chanteuse. Alors que certains nouveaux venus sur la scène québécoise jouent à fond la carte du « beat » pour se démarquer et faire parler d’eux, c’est plutôt sur les textes et les arrangements que mise Salomé pour faire sa place au soleil.

Sous les arbres est un album folk, avec quelques touches électriques, où la voix douce légèrement cassée de la chanteuse trace la ligne directrice du disque réalisé par la chanteuse Émily Loizeau. À l’écoute, on pense à Ariane Moffatt, Marie-Pier Arthur, Cat Power et Feist. Oui, les arrangements sont « karkwaiens » et font souvent penser aux chansons du groupe de l’heure au Québec; mais d’une chanson à l’autre, notre oreille accroche d’abord et avant tout sur les textes de miss Leclerc. Des compositions fortes, imagées et pertinentes.

De l’ouverture avec Partir ensemble où elle chante, sous les coups clairs des baguettes et le son sec et lourd d’une batterie: « Si on nageait ensemble quand se glaceront les eaux / Quand on portera l’hiver sur le dos / Tu me diras que l’on tremble / Moi, je soufflerai les mots / Qui réchaufferont la plage de ta peau », jusqu’à la douzième et dernière chanson Volcan, où elle conclut le disque, accompagnée d’une simple et lugubre guitare en arrière-plan, par les paroles: « D’un coup je dérape sur un volcan / Et le vertige me prend / Et si je restais dans mon lit / À espérer que tout autour de moi devienne plus petit / Et que s’éternise la nuit / Je resterai ici, je resterai ici, je resterai ici », on perçoit chez l’auteure-compositrice-interprète, une forte attention portée à la composition de ses textes.

Ce premier disque marque donc l’arrivée de Salomé Leclerc dans nos écouteurs. Reste maintenant à voir comment elle réussira à recréer son univers musical, si refermé sur lui-même, une fois sur scène. Pour le savoir, la voici qu’elle s’amène à L’astral le 9 novembre prochain.

Ma note : 3/5

Salomé Leclerc
Sous les arbres
Audiogram
47 minutes

salomeleclerc.com